L'Opinion Maroc - Actuali
Consulter
GRATUITEMENT
notre journal
facebook
twitter
youtube
linkedin
instagram
search


   
Agora

Il faut sauver le soldat "Entreprise" : Après les délais de paiement, le tour aux moyens de paiement


Rédigé par Najib Mikou le Lundi 30 Mai 2022



Il faut sauver le soldat "Entreprise" : Après les délais de paiement, le tour aux moyens de paiement
Pour ceux qui ne le savent pas déjà, au Maroc la 1ère banque est l'entreprise privée, le 1er employeur est l'entreprise privée, le 1er contributeur aux impôts est l'entreprise privée, le 1er contributeur aux charges sociales est l'entreprise privée, le défi majeur de la nouvelle Charte d'Investissement, est de faire de l'entreprise privée, le 1er investisseur au Maroc.

Quoi de plus normal dans un pays qui a fait le choix délibéré d'une Economie libérale où l'entreprise privée doit être l'acteur principal ?!

Sauf que les rapports entre nos entreprises, ont fait surgir deux aléas qui prennent des dimensions de plus en plus inquiétantes, jusqu'à les menacer dans leurs "organes vitaux" à savoir, leur trésorerie et leur viabilité même. 

Il s'agit : 

1- des délais de paiement entre elles, qui ont frôlé les 12 mois,

2- et des moyens de paiement entre elles, qui ne couvrent pas suffisamment les créanciers face à leurs débiteurs. 

Les effets qui en découlent, s'expriment à travers au moins trois indicateurs, à savoir un taux de mortalité élevé de nos entreprises pourtant créancières, des contentieux en dizaines de milliers dans les tribunaux et des créances douteuses en plusieurs milliards de Dhs au niveau des banques. 

Si l'Etat s'est fortement investi pendant ces toutes dernières années pour améliorer structurellement les délais de paiement entre entreprises, en commençant par donner l'exemple en réduisant la moyenne de son propre délai de paiement à moins de 40 jours, il n'en demeure pas moins que l'aléa "moyens de paiement" entre entreprises, reste entier et fait grincer la machine économique.

Les chèques en bois sont pléthore, malgré tout le dispositif dissuasif qui les encadre. Certes, une récente note de BAM a apporté plus de sécurité au paiement par chèque, mais d'autres mesures complementaires devraient suivre pour crédibiliser davantage le moyen de paiement immédiat. 

Quant au paiement différé par traite, force est de constater qu'il relève encore, d'un véritable jeu de hasard et appelle de toute urgence, beaucoup plus d'imagination, de benchmark et d'intervention publique draconienne et efficace aux côtés des entreprises créancières. 

L'objectif majeur des Pouvoirs publics dans ce cadre, doit consister à séréniser le climat des affaires, en forçant des rapports entre entreprises, emprunts de sérieux et de crédibilité, de façon à ce que le recouvrement y soit une formalité fluide, verrouillée et sécurisée, et non plus un parcours jonché de stress et de risques.

S'il fallait exprimer cela en termes de stratégie de guerre, il faudrait imaginer les entreprises en marches forcées, en bons combattants, assurant leur rôle d'investisseurs, de créateurs massifs d'emplois et de valeur ajoutée, et imaginer les Pouvoirs publics au dessus de leurs têtes dans un rôle de pilotage, de balisage, de couverture, de ratissage et de facilitation.


Najib Mikou 



Dans la même rubrique :
< >

Dimanche 4 Décembre 2022 - 09:01 L’Humeur : Mahi, présumé déserteur

Vendredi 2 Décembre 2022 - 10:54 Maroc – Mauritanie : au-delà des préjugés






🔴 Top News