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Actu Maroc

Huile de table : un marché oligopolistique aux yeux du Conseil de la Concurrence


Rédigé par Anass Machloukh le Mercredi 29 Décembre 2021

Trop concentré et peu accessible, le marché de l'huile de table reste oligopolistique et peu attractif aux yeux du Conseil de la Concurrence qui vient de rendre un avis sur ce marché si sensible. Détails.



L'un des produits les plus consommés par les Marocains, l'huile de table est un produit de première nécessité dont le prix est un enjeu social sachant que la hausse des prix constatée ces derniers mois a fait couler beaucoup d'encre. Saisi par la Commission des secteurs productifs de la Chambre des représentants, le Conseil de la Concurrence a  rendu un nouvel avis sur le marché de l'huile de table au Maroc à travers l'examen du degré de respect des règles de concurrence libre et loyale par les producteurs et importateurs des huiles de table suite aux augmentations des prix de vente constatées sur le marché national de ces produits.

Le constat est sans appel : le marché, estimé à environ 6 MMDH, demeure "fortement concentré et hautement oligopolistique" selon le Conseil de la Concurrence, qui fait état de la domination "Lesieur Cristal". D'après le rapport, l’opérateur historique détient près de [45-50]% des parts de marché, sachant que les deux premières sociétés, Lesieur Cristal et HSB détiennent à elles seules plus de 80% du marché et les trois sociétés à savoir Lesieur Cristal, HSB et Savola réalisent plus de 95% du chiffre d’affaires du marché. Ce phénomène n'est pas récent et semble être structurel puisque le Conseil d'Ahmed Rahou note que "la configuration du marché en termes de répartition des parts de marché n’a pas changé et a connu une quasi-stabilité. "Cette évolution des parts de marché peut être interprétée par le fait que les opérateurs ont évolué de manière identique", explique le document.

Concernant l’accessibilité du marché, durant les cinq dernières années, quatre marques ont fait leur entrée, soit moins d’une marque par an, note le Conseil qui explique cela par "une faible dynamique de concurrence et d’innovation". Le plus important encore est que le marché demeure difficile d'accès pour les nouveaux concurrents qui font face à "des barrières d’accès structurelles et stratégiques".

Par ailleurs, le Maroc reste trop dépendant du marché international, le Royaume connaît un déficit structurel en termes de matière première utilisée pour la fabrication des huiles de table. "Près de 98,7% des besoins domestiques du pays sont importés, essentiellement sous forme d’huiles brutes et seules 1,3% sont couverts par les graines produites localement", explique le rapport. Cette dépendance du marché extérieur pèse lourdement sur la balance commerciale du pays avec une facture de près de 4 MMDH par an.

Bien que l'Etat ait tenté de soutenir la production nationale, en concluant un contrat-programme avec les Oléagineux, ceci n'a pas donné les effets escomptés, bien que le Maroc dispose d'un potentiel de 600. 000 hectares de terres agricoles.

Fruit de vingt-quatre séances d’audition avec de différents intervenants de la filière oléagineuse, le rapport du Conseil d'Ahmed Rahou concerne cinq opérateurs du marché à savoir la société Industrielle Oléicole de Fès « Siof », les Huileries du Souss Belhassan « HSB », les conserves de Meknès « Aicha », Savola Maroc, Lesieur Cristal. Les opérateurs de la Grande distribution ont également été inclus. Il s'agit de Marjane, Label’Vie, Aswak Assalam et BIM Maroc.

En effet, ce marché, qui a été libéralisé dans les années 2000, a vu les prix dépendre du marché international, toutefois, un accord de modération des prix a été conclu entre le gouvernement et les opérateurs du marché en 2002, rappelle le Conseil qui reconnaît que la libéralisation a réduit l’intervention de l’Etat dans ce secteur.