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Gestion migratoire : Rabat attaché aux 23 objectifs du Pacte de Marrakech


Rédigé par Kawtar CHAAT Mardi 8 Février 2022

Le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, a exposé devant le 35ème Sommet ordinaire de l’Union Africaine (UA) le Rapport de SM le Roi Mohammed VI, chef de file désigné de l’UA sur les questions migratoires. Rapport relatif au suivi de l’activation de l’Observatoire Africain des Migrations au Maroc.



Gestion migratoire : Rabat attaché aux 23 objectifs du Pacte de Marrakech
Le 35ème Sommet annuel de l’UA coïncide avec un certain nombre de développements positifs sur le continent, en particulier en ce qui concerne la zone de libre-échange africaine. L’Afrique exprime désormais une position unifiée sur de multiples questions grâce à la coopération intercontinentale.

Toutefois, le continent est confronté à de nombreux défis sécuritaires, notamment le retour des coups d’Etat militaires dans certaines régions et les menaces terroristes qui entravent son développement. S’exprimant lors du Sommet, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger a affirmé qu’il est honoré de présenter le Rapport de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Leader de l’Union Africaine sur les Questions Migratoires, à la 35ème session de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine. Le rapport de Sa Majesté s’articule autour de trois messages principaux, a souligné Bourita.

Crise sanitaire et immigration : duel ou duo ?

Le premier message du ministre est que l’Afrique continue de subir de graves dommages, à la fois de l’épidémie et de la migration. En fait, la pandémie a eu un impact majeur sur la migration. Elle n’a pas ralenti les flux, mais les a plutôt altérés.

Malgré ses confinements et ses restrictions, la crise sanitaire n’a pas empêché la population déplacée d’augmenter en 2020 sur le globe, un constat souligné par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) dans son onzième rapport annuel sur les flux migratoires, publié fin 2021.

Le ministre a noté que la pandémie a exacerbé la vulnérabilité des migrants à la traite des êtres humains et a augmenté l’instabilité et la précarité des travailleurs migrants. Ces circonstances laissent penser que si la pandémie de Covid- 19 n’avait pas bouleversé les liaisons internationales et le fonctionnement des pays d’accueil, les flux migratoires auraient été beaucoup plus élevés.

Toutefois, la pandémie s’avère une preuve supplémentaire de l’impact positif des migrants, tant pour les pays d’accueil que pour les pays d’origine. Cette diaspora joue, selon Bourita, un rôle de plus en plus important dans la promotion du développement social et économique, notamment à travers les transferts de fonds. Comme le souligne le rapport de Sa Majesté, l’importance de la diaspora lui vaut vraiment l’appellation de la «sixième région d’Afrique».

En effet, les transferts de fonds des migrants jouent un rôle social et constituent une bouée de sauvetage financier pour les ménages qui les reçoivent. Ces flux représentent aussi l’un des facteurs de sécurité financière des pays en développement face à la crise actuelle. Un point clé dudit rapport est que les idées fausses sous-jacentes à l’immigration sont le véritable problème auquel sont confrontés les gouvernements et les sociétés en Afrique et au-delà.

L’immigration africaine représente 14% du flux d’immigration mondial, 75% du flux d’immigration ayant lieu à l’intérieur du continent, seul un immigrant africain sur quatre atteint réellement l’Europe, et la majorité des migrants se déplacent à l’intérieur du continent et au sein de leur région d’appartenance. Pourtant, l’Afrique est accusée d’envahir d’autres pays et d’autres continents, explique Bourita.

Par ailleurs, le Maroc, à son tour, s’est transformé, au cours des dernières années, en un pays d’immigration pour un nombre croissant de migrants subsahariens et pour des réfugiés de toutes origines, avec une dominance syrienne, selon le Haut- Commissariat au Plan (HCP).

Gouvernance migratoire : le Maroc s’érige en modèle

Le deuxième message du rapport de Sa Majesté est que l’activation de l’Observatoire africain a trois dimensions : pour le Maroc et l’Afrique et pour la coopération entre le Maroc et l’Afrique. L’Observatoire Africain des Migrations est né de la vision royale des migrations en Afrique. Cette proposition a fait son cheminement institutionnel au sein de l’Union Africaine et a été soutenue par les efforts continus du Royaume pour créer les conditions nécessaires afin d’actionner ses principes. Ce processus a abouti à l’inauguration officielle de l’Observatoire Africain des Migrations à Rabat le 18 décembre 2020, coïncidant avec la Journée internationale des migrants.

Selon le Souverain, dès que le Maroc retrouvera sa position au sein de l’Union et participera aux efforts de mise en oeuvre de son programme fondateur, le continent verra des résultats tangibles car le Maroc travaillera avec diligence et contribuera aux efforts visant à unifier l’Afrique et à réaliser des progrès. Des objectifs dont les résultats clés pourraient avoir lieu prochainement, vu que le Maroc abrite déjà, quelques années seulement après son retour à l’Union Africaine, une institution de l’Union Africaine.

En tant qu’institution de l’Union Africaine qui s’articule autour d’une triple fonction de compréhension, d’anticipation et d’action, l’Observatoire constitue un moyen de connaissance du phénomène migratoire, d’aide à la conception des politiques migratoires informées, et d’être un outil de coordination et de communication, précise Bourita.

Cela dit, l’expertise et le savoir-faire du Royaume en termes de gestion des politiques migratoires, qui ne sont plus à démontrer, promettent un réel changement dans la région. Le Maroc a été le premier pays de la région MENA à lancer la Stratégie nationale de l’immigration et de l’asile, définissant les mécanismes de réponse aux besoins des réfugiés et demandeurs d’asile sur son territoire.

Le troisième message du rapport est que l’Afrique est un prélude à la nouvelle gouvernance migratoire, dont les lignes directrices ont été posées par le Pacte de Marrakech. In fine, comme l’a conclu Sa Majesté, il faut veiller à ce que «les migrants ne soient pas les oubliés du développement et des pandémies, mais au contraire le centre de gravité de politiques migratoires responsables, solidaires et conformes aux 23 objectifs du Pacte de Marrakech», a conclu le ministre représentant Sa Majesté le Roi Mohammed VI à l’occasion de ce 35ème Sommet ordinaire de l’Union Africaine.

Conformément à sa vision, le Maroc n’a pas exclu les migrants des vaccins Covid-19 et a permis aux immigrants d’accéder aux services de santé et administratifs, tout en offrant à leurs enfants l’éducation et la formation nécessaires, sans exclusion.

Une fois de plus, les actions du Royaume pour améliorer sa politique migratoire témoignent de son engagement à créer un environnement sûr, sécurisé et stable sur le continent africain.


Kawtar CHAAT