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Formation médicale : Entre satisfaction ministérielle et préoccupations étudiantes


Rédigé par L'Opinion Mardi 30 Janvier 2024

La plupart des revendications des étudiants en médecine ont été satisfaites, annonce le ministre de l'Enseignement supérieur, mais les inquiétudes persistent.



La réforme de la formation médicale au Maroc est au cœur d'une série de discussions et de décisions récentes, suscitant des réactions passionnées tant du côté des étudiants en médecine que de la tutelle. Lundi à Rabat, le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l'Innovation, Abdellatif Miraoui, a annoncé la satisfaction de la plupart des revendications des étudiants, mais les inquiétudes persistent quant à la qualité de la formation avec la réduction de la durée académique.

Lors de la séance des questions orales à la Chambre des Représentants, Miraoui a déclaré que sur les 50 revendications portées par les étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie, 45 ont été satisfaites. Ces revendications ont été portées par la Coordination des étudiants des Facultés de médecine, et un dialogue est toujours en cours sur les cinq points restants. Des rencontres ont été organisées avec des représentants étudiants, des enseignants-chercheurs, des doyens et des présidents d'universités, aboutissant à la satisfaction de la plupart des demandes, dont certaines datent de 2019.

Ces rencontres visent, selon le responsable gouvernemental, à consolider la communication sur la situation des Facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire. Le ministre a précisé que la question du troisième cycle est encore en discussion, avec l'objectif de parvenir à un terrain d’entente avec toutes les parties prenantes. Ces négociations ont été tenues en collaboration avec les ministères de la Santé et de la Protection sociale, ainsi que la Présidence du gouvernement.

La réforme au cœur des préoccupations

« La réforme engagée vise à améliorer les formations dans les domaines médicaux, avec la révision des normes pédagogiques nationales », insiste le ministre. Une des mesures phares de cette réforme est la réduction du nombre d’années de formation de sept à six années pour le doctorat en médecine. Selon Miraoui, cette démarche s'inscrit dans l'opérationnalisation du Chantier Royal de la généralisation de la protection sociale.
 
Comparaisons internationales et mesures prises

En outre, Miraoui a souligné que plusieurs pays limitent la durée de la formation à six ans, citant l'exemple de l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et l’Irlande. Il a également mis en avant des mesures telles que l’élargissement du champ des formations, incluant les centres hospitaliers régionaux et provinciaux, l'ouverture aux établissements de santé privés, et le renforcement du taux d'encadrement pédagogique et administratif avec l'attribution de 536 postes budgétaires.
 
« Nous voulons exploiter la septième année et résoudre les problèmes de notre pays. Nous avons fait de gros efforts, cette année nous avons augmenté de 38% le nombre de places à la Faculté de médecine, et nous avons créé des Facultés à Béni Mellal, Laâyoune et Errachidia », a déclaré Miraoui.

La réponse des étudiants en médecine

Cependant, malgré les annonces encourageantes, des voix inquiètes se font entendre parmi les étudiants en médecine, pharmacie et médecine dentaire, exprimant leurs préoccupations quant à une éventuelle diminution de la qualité de la formation.

Lors d'une conférence de presse organisée le jour même à Rabat, le Comité national des étudiants a vigoureusement déclaré qu’ « aucun pays n'autorise les diplômés des Facultés de médecine à exercer la profession après seulement six ans de formation », contredisant ainsi les déclarations officielles. Les étudiants lancent un appel en faveur « d'un système de santé solide afin de garantir aux citoyens un accès à des médecins compétents dans les hôpitaux publics ».


La réforme de la formation médicale au Maroc reste un sujet de débat animé entre les étudiants et les autorités. Bien que des progrès aient été annoncés du côté gouvernemental, la tension demeure, soulignant la nécessité d'une communication ouverte et d'un dialogue continu pour parvenir à un consensus bénéfique pour toutes les parties prenantes.








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