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Sport

Football : Une finale dans le silence puis dans la joie


le Jeudi 18 Juin 2020

Naples arrache la Coupe d’Italie au bout du suspense



Une finale à huis clos, dans le silence du Stade Olympique vidé par les obligations sanitaires de l’après-coronavirus: Naples a remporté mercredi la plus étrange des Coupes d’Italie (0-0, 4-2 t.a.b.), mais les cris de joie des joueurs de Gennaro Gattuso ont fini par redonner vie à l’enceinte romaine. Normalement, c’est Italie-Suisse, 2e journée de la poule A de l’Euro-2020, qui était au programme ce 17 juin à Rome.

La plus étrange des Coupes

Le Stade Olympique aurait dû être rempli par plus de 60.000 spectateurs en fête et Cristiano Ronaldo aurait dû être à Budapest avec la Seleçao, à préparer lui aussi un match du championnat d’Europe.

Mais le coronavirus a balayé la normalité et on était loin mercredi d’une ambiance d’Euro ou même d’une atmosphère habituelle de finale de Coupe, quand les tifosi des deux équipes viennent profiter d’une belle journée de printemps à Rome avant de se partager les tribunes de l’Olimpico.

Le football européen a encore des dizaines de matches à jouer dans ces conditions de huis clos et on comprend que beaucoup demandent déjà le retour de quelques milliers de supporters dans les enceintes.

Mercredi, il n’y avait personne, nulle part. Au passage des bus à l’entrée du stade, seuls une trentaine de curieux étaient réunis.

Et à l’intérieur de l’immense enceinte romaine, souvent déjà démesurée pour les affiches de Serie A de la Roma ou de la Lazio, le vide laissé par les tifosi absents a été impossible à combler avec un maximum de 300 personnes autorisées.


Le vide qui tue

Sans spectateurs, les tribunes semblaient encore moins raides que d’habitude, la piste d’athlétisme encore plus large et encombrante. La normalité n’était pas non plus en tribune de presse, où une trentaine de journalistes seulement étaient installés après avoir suivi le parcours habituel, masqués et une fois leur température contrôlée.

Une fois le match débuté, il y a la quête des repères. L’oeil cherche l’animation des virages, les banderoles et le tifo. Mais celui-ci n’était qu’à la télévision, reproduit en images de synthèse.

Auparavant, ce sont les conseils et indications que se donnent les joueurs entre eux qu’on a découverts. «Portala ! Fallo ! Uomo ! Solo ! (Avance, faute, ça vient, seul, ndlr)». Les footballeurs parlent sans cesse.

De sa voix grave, Buffon guide Bonucci et De Ligt et encourage Ronaldo, pas très inspiré et vite agacé: «Dai Cris, bravo, bravo ! (Allez Cris, bien joué, bien joué)». Ce 17 juin, l’Italie fêtait le 50e anniversaire de sa victoire 4-3 contre l’Allemagne en demi-finale du Mondial-70. Les Italiens en parlent comme du «match du siècle», titre non-menacé par la rencontre de mercredi.

 Est-ce ainsi qu’on joue les finales ? Naples a en tous cas remporté celle-ci et l’a mérité. De cette soirée, on retiendra surtout la joie sincère de Gattuso, marqué par le récent décès de sa soeur et porté en triomphe par ses joueurs.

  


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