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Export : La saga des fruits rouges marocains à l’international [INTÉGRAL]


Rédigé par Abdellah MOUTAWAKIL Lundi 15 Mai 2023

Les fruits rouges du Maroc cartonnent à l’export. Le Royaume dépasse désormais les Etats-Unis dans les exportations de certains fruits rouges comme la framboise et la myrtille, et en devient respectivement numéro 3 et 4 au niveau mondial. Zoom sur le succès de cette filière à l’export.



Export : La saga des fruits rouges marocains à l’international [INTÉGRAL]
Une production presque entièrement destinée à l’export, une filière qui s’est adaptée aux exigences de qualité des pays étrangers, et une présence sur presque tous les marchés porteurs à travers le monde. Telles sont les principales raisons qui expliquent le succès des fruits rouges marocains à l’international. De quoi susciter un sentiment de fierté chez Mohamed Alamouri, président de la Fédération interprofessionnelle marocaine des fruits rouges Interproberries Maroc (IPBM). « Nous avons envahi tous les marchés du monde. Nous avons réalisé des avancées considérables. La filière s’est adaptée aux normes et exigences de qualité de nos marchés d’exportation et de nos clients », explique-t-il. Quand on évoque la filière des fruits rouges au Maroc, il faut penser à la fraise, la myrtille, le groseillier, le mûrier, et, bien évidemment, la framboise.
 
Devant les Etats-Unis
 
D’ailleurs, en parlant de la framboise, selon les calculs du site spécialisé dans les fruits East Fruit, le Maroc aurait fait son entrée dans le top 3 mondial des exportateurs de framboise, avec environ 56.000 tonnes exportées à fin 2022, reléguant les Etats-Unis à la 4ème place. Depuis début 2023, la forte présence des framboises marocaines sur les marchés d’exportation se confirme. Et les framboises ne sont pas les seules à colorier les étals des pays gourmands des couleurs rouges marocaines. Les myrtilles en font également partie avec force, puisque, selon toujours les statistiques d’East Fruit, le Maroc a également ravi la vedette aux Etats-Unis, avec 53.000 tonnes du fruit exportées en 2022, devenant ainsi le 4ème exportateur mondial.

Hausse de la production
 
 Ce succès est le résultat d’une très forte production qui est montée en flèche ces dernières années. « Globalement, au terme de la campagne écoulée, nous avons pu produire 183.000 tonnes », fait-on savoir à la Fédération interprofessionnelle marocaine des fruits rouges Interproberries Maroc. L’export en représente 171.300 tonnes, dont 89.700 à l’état frais et 81.600 à l’état surgelé. Pour la campagne en cours, la sécheresse et le manque d’eau risquent d’impacter le rendement, mais, pour l’heure, les producteurs continuent de garder espoir. Malgré tout, une chose est sûre : cette filière connaît un envol certain, et demeure l’une des plus grandes bénéficiaires du Plan Maroc Vert, depuis la signature de son contrat-programme avec l’Etat en 2009.

Contrat-programme
 
En plus d’une superficie plantée qui a quadruplé, passant de 2.680 hectares à 9.650 hectares, la filière a su gagner en valeur ajoutée, portant son chiffre d’affaires à 4,5 MMDH, et plus de 6 millions de journées de travail. D’ailleurs, dans le monde agricole, il est admis que cette filière fait partie des plus rentables en termes d’investissements. Lors de l’édition 2023 du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM), qui vient de se tenir à Meknès, la filière des fruits rouges a bénéficié d’un nouveau contrat-programme avec l’Etat, dans le but d’améliorer la rentabilité de la production, de la valoriser et de moderniser les méthodes de commercialisation et de distribution, à l’instar des 18 autres conventions signées avec les différentes filières agricoles.

Marché national
 
L’un des principaux défis des producteurs de fruits rouges au Maroc consiste à intéresser le marché national. Si, aujourd’hui, il est établi que pour eux, l’export représente le principal débouché, et le plus rentable d’ailleurs, le marché national peine à bénéficier pleinement d’un retour d’investissements (hormis les emplois) de cette filière. « Le marché local n’a pas l’habitude ni les moyens de consommer en quantité des fruits rouges comme la framboise par exemple », déclare le président de l’IPBM, mais il serait opportun de sécuriser le marché local pour parer à d’éventuelles perturbations des chaînes logistiques, comme ce fut le cas pendant et au lendemain de la pandémie du Covid-19.
 
Abdellah MOUTAWAKIL
 

3 questions à Mohamed Alamouri « La filière s’est adaptée aux normes et exigences de qualité à l’export »

L’actuelle campagne agricole est pleine d’incertitudes pour la filière des fruits rouges, en raison de la sécheresse. Dans cette interview, le président de la Fédération interprofessionnelle marocaine des fruits rouges Interproberries Maroc (IPBM) explique les raisons du succès à l’export des produits marocains.
 

Comment se porte la filière des fruits rouges au Maroc ?

La filière se porte bien malgré une année spéciale, marquée par la succession de deux sécheresses et de manque d’eau. Cela est particulièrement le cas dans le bassin Sud-Ouest des cultures de fruits rouges dans notre pays, à savoir la région du Souss. Le manque d’eau commence à affoler les producteurs. Dans le Nord-Ouest par contre, à savoir le Gharb et les environs du Loukkos, nous pouvons dire que ça marche plutôt bien. Globalement, au terme de la campagne écoulée, nous avons pu produire 183.000 tonnes, malgré une baisse de 30% de la production dans le bassin Sud-Ouest et de 20% dans le Sud-Est. S’agissant de cette année, je ne peux vraiment pas encore me prononcer sur la production de la campagne, car elle est toujours en cours et nous attendons de voir comment elle va évoluer.

Qu’est-ce qui explique le succès de votre filière à l’export sur les marchés internationaux ?

Nous avons envahi tous les marchés du monde. Nous avons réalisé des avancées considérables. La filière s’est adaptée aux normes et exigences de qualité de nos marchés d’exportation et de nos clients. Il s’agit principalement des marchés anglais et allemand, qui mettent en place une série de normes qui ne sont pas uniquement liées à la qualité de la production et des conditions phytosanitaires, mais aussi au respect de certaines exigences sur le plan des droits de l’Homme et de respect de l’environnement. Nous avons réussi à satisfaire l’ensemble de ces obligations et avons gagné la confiance de nos partenaires.
 

On a l’impression que votre filière s’intéresse davantage à l’export qu’au marché national. Pourquoi ?
 
Nous travaillons toujours pour l’export. Le marché local n’a pas l’habitude ni les moyens de consommer en quantité des fruits rouges comme la framboise par exemple. Le marché national n’est pas encore prêt à prendre le relais face aux autres marchés étrangers. C’est ce qui explique que notre production est tournée vers l’export.

Sur le plan international : Concurrence et rentabilité

C’est une filière qui connaît une forte concurrence sur le plan international, avec des pays qui disposent d’une très forte agriculture à l’image des Etats-Unis et de l’Espagne, en plus du Mexique. Mais elle est aussi une filière très rentable pour les opérateurs qui s’y activent. « C’est une filière qui présente des perspectives de développement très prometteuses, particulièrement à l’investissement et à l’export », indique d’ailleurs le ministère de l’Agriculture.

En effet, on estime que le rendement moyen de la myrtille est de 10 tonnes à l’hectare, avec un prix moyen de vente de 71 DH/kg. Bien que le coût d’installation de la culture soit relativement élevé (environ 800.000 DH/ha), cette activité reste économiquement très rentable. Pour leur part, les charges annuelles moyennes s’élèvent à 200.000 DH/ha et la valeur moyenne de la production est de 710.000 DH/ha, ce qui génère un bénéfice net d’environ 510.000 DH/ha. Toutefois, ces derniers mois, certains producteurs se plaignent de la baisse du prix de vente auprès des grands acheteurs au niveau international.

L’info...Graphie


Fruits rouges : Le Maroc exporte vers plus de 54 pays

Malgré le contexte actuel qui fait craindre une perte de vitesse de la production nationale en fruits rouges, il faut noter que le Maroc exporte vers plus de 54 pays d’Europe, du Golfe, d’Afrique du Nord, d’Amérique et d’Australie. Bien évidemment, le marché européen, proximité oblige, s’accapare 90% des exportations, suivi de l’Asie (4,5%) et de l’Amérique du Nord (4%), tandis que le reste est réparti entre les pays du Golfe, d’Afrique, d’Europe de l’Est et d’Océanie.

Le périmètre du Loukkos assure environ 80% de la production nationale. D’ailleurs, selon les données de la Direction régionale de l’Agriculture de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, les exportations de fruits rouges durant la campagne agricole précédente se sont établies à 145.139 tonnes, dont 49.141 tonnes de fruits rouges congelés. Cette performance dans cette partie du pays est due à la situation géographique, aux conditions climatiques favorables, à l’abondance des ressources en eau, à une main-d’œuvre qualifiée, à la maîtrise des techniques de production et à l’installation de certaines entreprises européennes dans la région.

Par ailleurs, la superficie réservée à la culture des fruits rouges dans la zone d’action de l’Office régional de mise en valeur agricole du Loukkos au titre de la campagne agricole 2022-2023 s’élève à 7.042 hectares, dont 2.822 hectares dédiés à la culture des fraises, 2.822 ha aux framboises, 2.175 ha aux myrtilles, et 15 ha aux autres fruits rouges.



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