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Actu Maroc

Etat d'urgence sanitaire: Les griefs de la LMDDH


Rédigé par Safaa KSAANI le Vendredi 24 Avril 2020

À l’issue de sa dernière réunion , le Bureau central de la Ligue Marocaine pour la Défense des Droits de l’Homme (LMDDH) exprime ses réserves et remarques quant à certains aspects de la gestion de la crise du coronavirus.



Le parlementaire istiqlalien Adil Tchikitou, président de la LMDDH
Le parlementaire istiqlalien Adil Tchikitou, président de la LMDDH

La réunion ordinaire, tenue mercredi 22 avril du Bureau central de la LMDDH, sous la présidence du parlementaire istiqlalien Adil Tchikitou, et qui a coïncidé avec le cinquantième anniversaire de la Journée mondiale de la terre, a été couronnée par un communiqué dans lequel l'instance dénonce certaines actions gouvernementales et présente des recommandations.
 

Ainsi, la LMDDH a passé en revue les actions du gouvernement après l’adoption de l’état d’urgence sanitaire, le 24 mars, et sa prolongation au 20 mai courant.
 

Sauver l'année scolaire
 

Le Bureau central de la Ligue plaide pour l’affectation d’une partie du Fonds national dédié à la lutte contre le Covid-19 à la création de nouvelles opportunités d’emploi lors de la transition. À cet égard, la Ligue invite le Comité de Veille Economique (CVE) à créer des mesures en faveur des ménages qui n’ont pas pu bénéficier du soutien économique alloué par le Fonds spécial. 
 

La Ligue souligne également, dans son communiqué, qu’un dialogue social urgent doit être ouvert, pour étudier les mesures assurant l’équilibre entre la continuité des activités essentielles et la sécurité des travailleurs afin d’éviter qu’ils se transforment en foyers d’épidémie.
 

Au niveau de l’enseignement, la Ligue invite le gouvernement à annoncer officiellement les mesures qu'il entend prendre pour sauver l'année scolaire, en particulier les niveaux suivis par des examens, de manière à garantir l'égalité entre tous les élèves et étudiants.
 

Revenant sur le contrôle de la qualité des produits présents sur le marché, la Ligue invite les responsables à veiller sur le retrait de tout ce qui est de nature à porter préjudice ou nuire à la santé et à la sécurité des citoyens, particulièrement en cette période de crise sanitaire, qui coïncide avec le mois de Ramadan.
 

Par ailleurs, la Ligue note qu’une enquête sur les raisons de la disparition du marché de plus de 15 millions de masques dans des circonstances mystérieuses doit être ouverte, après la circulation d’informations sur cette disparition.
 

Rapport du CNDH, mauvais timing de publication
 

La Ligue n’a pas manqué à dénoncer, dans son communiqué, certaines mesures prises par le gouvernement et par des institutions publiques.
 

Ainsi, elle a manifesté son étonnement vis-à-vis du timing choisi par le CNDH pour la publication de son rapport annuel sur la situation des droits de l'homme durant l'année 2019, en pleine crise sanitaire. Ce qui dénote selon la LMDDH d'une volonté malsaine d'éluder tout débat public autour du contenu dudit rapport.
 

Et tout en saluant vivement les initiatives entreprises par le Conseil de la Communauté Marocaine à l'Etranger (CCME) en faveur des Marocains bloqués, la Ligue déplore la négligence dont souffrent les binationaux marocains bloqués au Maroc et les Marocains bloqués à l'étranger, en particulier ceux qui sont sortis temporairement du territoire national, pour des fins sanitaires, professionnelles ou touristiques, avant la fermeture des frontières aériennes, terrestres et maritimes du royaume.
 

Concernant les mesures prises envers la population carcérale, la Ligue alerte le gouvernement et la Délégation Générale à l'Administration Pénitentiaire et à la Réinsertion (DGAPR) sur le risque de la transformation de certaines institutions pénitentiaires en foyers d'épidémie, notamment après l'enregistrement de certains cas à Ksar El-Kébir et plus de 140 cas dans la prison locale de Ouarzazate.
 

Elle appelle, d’ailleurs, la présidence du ministère public à rationaliser le recours à la détention provisoire et les poursuites en cas d’arrestation, afin de privilégier la protection de la santé de la population carcérale.
 

Elle indique, à cet effet, que le gouvernement et la commission pénitentiaire ont intentionnellement omis les appels de la Coalition Marocaine des Instances des Droits Humains (CMIDH) à la libération immédiate de tous les détenus politiques et prisonniers d'opinion.
 

La LMDDH conclut son communiqué par le renouvellement de son appel à tous les citoyens à adhérer aux mesures de précaution décidées par les pouvoirs publics.

Safaa Ksaani