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Monde

Entre émeutes et rassemblements pacifiques, les Etats-Unis plongent dans le chaos


Rédigé par S.J le Mardi 2 Juin 2020

Les manifestations contre la violence policière et le racisme se sont poursuivies pour la sixième nuit d'affilée aux Etats-Unis, dégénérant en actes de pillage à grande échelle qui ont visé les magasins de luxe le long des grandes avenues marchandes de la ville.



A New York, en dépit d’un couvre-feu à décrété par le maire Bill de Blasio, les manifestants ont continué de battre le pavé durant la nuit du lundi, alors que plusieurs parmi eux se sont attaqués aux vitrines des magasins, pillant plusieurs d’entre eux dont les fameux magasins Macy’s à Herald Square, dans le centre de Manhattan, où des policiers ont pourchassé les pilleurs à l’intérieur de ce grand «Departement store» de plusieurs étages. Les actes de vandalisme et de pillage ont été constatés dans plusieurs endroits du centre de Manhattan, alors que la plupart des façades des grandes enseignes de luxe sur la fameuse Cinquième Avenue ont été barricadées pour empêcher leur pillage.
 
Le Maire de New York Bill de Blasio a reconnu que le couvre-feu, annoncé quelques heures seulement avant son entrée en effet, avait échoué à empêcher les actes de vandalisme qui ont entaché les manifestations généralement pacifiques des derniers jours. Par conséquent, il a annoncé qu’un nouveau couvre-feu sera décrété mardi à partir de 20H00 cette fois-ci, étant donné que la plupart des actes de violence interviennent après la tombée de la nuit Du côté de Washington, plusieurs dizaines de manifestants ont été arrêtés sans violence dans la soirée pour violation du couvre-feu instauré à partir de 19H00.

Arrestations en masse !

La veille, plus de 200 personnes avaient été interpellées par la police dans la nuit de dimanche à lundi, dont plusieurs étaient impliquées dans des actes de vandalisme et de pillage, notamment dans le quartier branché de Soho. Samedi, la ville avait aussi connu une nuit très agitée avec de violents affrontements entre manifestants et policiers qui ont fait des dizaines de blessés, entrainé des centaines d'arrestations et des dégâts matériels considérables, dont plus d’une cinquantaine de voitures de police incendiées.

Le maire a estimé que pendant le pic des manifestations samedi soir, entre 5.000 à 6.000 personnes avaient battu le pavé à travers la ville.

Trump menace de déployer l’armée

Donald Trump est confronté aux désordres civils les plus graves de son mandat alors que des centaines de milliers d'Américains protestent contre les brutalités policières, le racisme et les inégalités sociales, exacerbées par la crise du Covid-19.

Face aux troubles se surajoutant à la pandémie de coronavirus, Donald Trump avait annoncé plus tôt d'un ton martial le déploiement dans la capitale de «milliers de soldats lourdement armés» et policiers pour mettre un terme «aux émeutes» et «aux pillages». Il a jugé que les troubles de la veille à Washington étaient «une honte».

Appelant les gouverneurs à agir vite et fort pour «dominer les rues» et briser la spirale des violences, il leur a lancé une mise en garde. «Si une ville ou un Etat refuse de prendre les décisions nécessaires pour défendre la vie et les biens de ses résidents, je déploierai l'armée américaine pour régler rapidement le problème à leur place», a-t-il lancé, dénonçant des actes qu’ils qualifie de «terrorisme intérieur».
 
Cette déclaration n’a pas été apprécié par de nombreux politiques, notamment, son adversaire à la présidentielle de novembre, Joe Biden, qui a dénoncé sur Twitter «il utilise l'armée américaine contre les Américains».
 
Rappelons que des manifestations dans une dizaines de grandes villes à travers les Etats-Unis, ont été déclenchées par une vidéo capturant les derniers moments de la vie de George Floyd, un afro-américain tué lors de son interpellation musclée par des policiers à Minneapolis.
 
La vidéo montre un des policiers s’agenouiller sur son coup durant plusieurs minutes, alors que M. Floyd était menotté et maitrisé sur le sol par deux autres policiers. L’enregistrement diffusé par les chaines de télévision et sur les médias sociaux montre également qu’avant de perdre connaissance et succomber, George Floyd répétait aux policiers qu’il ne pouvait plus respirer «I can't breathe». Une phrase reprise en refrain par les milliers de manifestants descendus dans les rues à travers tout le pays pour décrier la violence policière et le racisme dans un pays toujours hanté par son passé de discriminations et de violences raciales.

(Avec Agences)