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El Jadida : Salve de Ramadan, une tradition séculaire !


Rédigé par Mohamed LOKHNATI le Mardi 5 Mai 2020

Il serait complètement aberrant d’avancer aujourd’hui, comme le laissent croire certains, que la salve de Ramadan est célébrée pour la première fois à El Jadida.



El Jadida : Salve de Ramadan, une tradition séculaire !
Loin des “Canons de Navarone”, fameux film anglo-américain réalisé en 1961 par J. Lee Thompson, il s’agit plutôt d’un symbole patrimonial devenu au fil des années, étroitement lié à ce mois de piété et de recueillement qui introduit dans la vie quotidienne de nombreux us et coutumes contribuant à l’animation de cette période particulière pour les habitants d’El Jadida.

Par ailleurs, si certaines coutumes sont, hélas, en voie de disparition en raison des mutations de la société, les tirs du canon résistent encore à cette tendance et continuent de faire partie de l’univers de Ramadan de la ville de El Jadida.

De nombreuses familles ne ménagent aucun effort pour venir scruter de plus près la beauté de la scène, l’odeur de la poudre et le bruit de détonation.

Si les origines de cette pratique restent incertaines dans plusieurs pays, ce n’est pas le cas d’El Jadida, où la tradition de la salve de Ramadan et de l’Aïd est une tradition historique qui remonte à l’ère des Moujahidines qui avaient tiré des coups de canon, pour célébrer la libération de la Fortaleza Mazagao, précise le Dr. Saïd El Mansour Charkaoui, professeur universitaire et chercheur Jdidi. C’est pour cette raison d’ailleurs que les coups de canon s’effectuaient de la Breija, celle qui fait face au Bremil et à la porte de l’Océan par laquelle les Portugais avaient quitté El Jadida, explique-t-il.

Mieux encore, enchaîne Saïd, au-dessus du théâtre municipal Saïd Afifi, existe toujours une sirène (Zawaka) et c’est M. Gharbaoui, premier gardien de but du club de football à Mazagan et du DHJ, qui en assumait la charge pour l’annonce du Ramadan, la rupture du jeûne, la fin du Shour, voire même de l’Aïd Al Fitr, précise Saïd, ajoutant que Samam, ancien charnière défensif de l’équipe nationale de Football à l’époque et Birtou, tous deux des sapeur-pompiers, lui avaient succédé pour assurer la continuité de cette tâche traditionnelle et historique.

Bref, les Jdidis réservent au mois sacré de Ramadan une place de choix dans leur coeur et leurs coutumes, en témoigne encore leur attachement à certaines traditions liées au climat de piété et de spiritualité qui marque leur quotidien au cours de ce mois béni, notamment les salves de coups de canon annonçant le début et la fin de la période de jeûne et qui revêtent désormais une symbolique particulière dans la tradition de la population Doukkalie.

Mohamed LOKHNATI

  


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