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Monde

Echec au Sommet de Bruxelles

Budget européen


Rédigé par la rédaction le Lundi 24 Février 2020

Le Sommet européen sur le budget a été clos sans accord. La division était tellement énorme qu’ils n’ont même pas pu fixer la date de leur prochain rendez-vous.



Tout l’enjeu consiste à réunir les 1095 milliards d’euros formulés dans la proposition chiffrée du président du conseil européen, tout en tenant compte de la perte de la part britannique, soit 60 à 75 milliards d’euros. Dès lors, deux blocs se font face : celui de la Grèce avec l’Espagne, qui voudraient augmenter la dépense.

Et un autre groupe, dit les «Frugal Four» et constitué par les Etats qui optent pour se serrer la ceinture. Il est mené par les quatre plus gros contributeurs nets par habitants - La Suède, le Danemark, les Pays-Bas et l’Autriche, et qui défendent une enveloppe stable à 1% du Revenu national brut (RNB) européen.

Interrogé sur le sujet en conférence de presse, Mark Rutte, premier ministre néerlandais défend un choix de rai-son. «Nous sommes disposés à mettre plus d’argent sur la table, ce qui serait logique si l’enveloppe augmentait à cause de la croissance et de l’inflation. Mais est-ce vraiment le problème ? Non, le Brexit a eu lieu, je le déplore, mais il faut l’accepter et adapter notre budget en conséquence.»

L’Allemagne, habitué à prôner l’austérité, cherche à faire montre de flexibilité pour une fois. Angela Merkel propose de rallonger la facture, mais à condition que cela permette d’investir dans l’économie numérique et les énergies renouvelables.

Les « amis de la cohésion »

Toutefois, ce projet budgétaire resterait inacceptable pour ceux qui se sont auto-proclamés «amis de la cohésion». Ils sont dix-sept pays qui s’accrochent à protéger les programmes traditionnels, tel le financement des infrastructures et la politique agricole commune.

Eux demandent que ce budget représente 1,3% du RNB européen. «Si nous voulons une Europe plus ambitieuse, plus verte et plus tournée vers le digital, si nous voulons plus d’investissement, de croissance, d’emploi, si nous voulons une Europe qui soutienne un secteur en crise comme l’agriculture, alors nous devons nous en donner les moyens, argumente Giuseppe Conte, président du conseil italien. Voilà le fond du problème, voilà pourquoi nous n’arrivons pas à trouver un accord».

Les détails ont changé, mais tous les 7 ans, le budget pluriannuel provoque toujours ce type de prises de bec. Seulement, les 27 ont des délais à tenir : en l’absence d’accord, les fonds aux pays les plus pauvres seraient suspendus, tout comme les rabais de certains pays qui contribuent plus qu’ils ne reçoivent. La Suède, le Danemark, l’Autriche et les Pays-Bas verraient leur participation s’envoler.

  


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