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Monde

Dijon : quand une agression découle sur quatre jours de violences

France


le Jeudi 18 Juin 2020

L’agression d’un adolescent tchétchène a transformé la ville de Dijon en théâtre de violences entre la communauté tchétchène et les habitants. Chronologies des faits !



Dijon : quand une agression découle sur quatre jours de violences
L’agression, mercredi dernier, d’un jeune tchétchène de 16 ans a mis le feu aux poudres à Dijon. Un appel à le venger est publié dès le lendemain sur Snapchat.  

«La solidarité est importante pour nous. C’est le seul moyen que nous avons eu pour survivre face à la Russie», explique Heda Inderbaeva, qui se présente comme une des porte-parole en France de cette communauté originaire du Caucase.

Vendredi vers minuit, une cinquantaine de Tchétchènes arrivent place de la République, en plein cœur de la ville, munis de barres de fer et de battes de baseball.

Ils ciblent des commerces tenus par des personnes d’origine maghrébine, faisant dix blessés, selon des sources policières.

Aux forces de l’ordre arrivées sur place, les assaillants expliqueront qu’ils sont venus se venger. Ils quittent le quartier pour se rendre dans le secteur des Grésilles où ils s’en prendront à nouveau à plusieurs personnes.

La nuit suivante, les tensions se poursuivent aux Grésilles, quartier populaire qui a bénéficié d’importants travaux de rénovation urbaine. 

Vers 23H00, une dizaine de Tchétchènes se rendent dans une pizzeria. S’en suit une vive discussion. Plus tard, des individus reviennent et font feu à plusieurs reprises en direction de l’établissement, selon des sources policières. Le frère du gérant de la pizzeria est blessé au poumon.

«Une dérive communautariste et raciste»

Dimanche en fin d’après-midi, tentatives d’apaisement entre représentants de la communauté tchéchène et les habitants. Mais la situation dégénère de nouveau quelques heures plus tard, et quelque 200 Tchétchènes reviennent dans le quartier où des renforts de police ont été dépêchés. Ils venaient de France et de Belgique, indique la porte-parole de la communauté.

Cité par le quotidien local Le bien public, le procureur Eric Mathais dénonce «une dérive communautariste et raciste» et résume l’affaire à «une expédition punitive de Tchétchènes, une vengeance, sur des membres de la communauté maghrébine, qui auraient agressé un jeune homme, peut-être dans le cadre d’une affaire de trafic de drogues».

Lundi, un renfort de 110 policiers et gendarmes est annoncé mais la soirée est à nouveau chaotique, même si les Tchétchènes ne semblent pas impliqués cette fois-ci.

Lors d’un nouveau rassemblement aux Grésilles, des individus arborent ce qui semble être des fusils d’assaut ou des pistolets automatiques.

Dans des vidéos relayées sur les réseaux sociaux, on voit des hommes masqués tirer en l’air, appelant les Tchétchènes à revenir pour en découdre. Des véhicules et poubelles sont incendiés, des journalistes locaux agressés. Quatre personnes seront interpellées, les premières depuis le début des incidents.

Les tensions se déplacent à Chenôve, en périphérie de Dijon où 18 véhicules brûlent dans la nuit, faisant craindre un embrasement des banlieues.

L’affaire prend mardi un tour polémique et politique, la dirigeante d’extrême-droite Marine Le Pen et celui de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon pointant «le chaos», tandis qu’Eric Ciotti (droite) évoque «presque un théâtre de guerre. Le Premier ministre Edouard Philippe évoque une «réalité insupportable».

Mardi soir, près de 150 renforts sont dépêchés sur place, et le gouvernement promet une «extrême fermeté».