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Edito & Chronique

Déficit budgétaire : un cadeau empoisonné pour le prochain gouvernement


Rédigé par Amine Ater le Vendredi 21 Mai 2021


Déficit budgétaire : un cadeau empoisonné pour le prochain gouvernement
Alors que les symptômes d’une grave crise sociale se sont révélés au grand jour dans le Nord du Maroc à la faveur de la crise migratoire de Sebta qui a dévoilé la vulnérabilité socio-économique de cette région, en particulier, et de l’ensemble du Royaume, en général, les indicateurs économiques du pays ne prêtent guère à l’optimisme.

22 milliards de dirhams de déficit budgétaire ont en effet été enregistrés lors des quatre premiers mois de l’exercice en cours, contre 3,4 milliards pour la même période en 2020 ! Cette aggravation du déficit est expliquée par la Trésorerie Générale du Royaume (TGR) par la fonte des recettes fiscales, conjuguée à une hausse des dépenses qui auraient explosé lors des 4 derniers mois. Bien que la TGR se soit gardée de désigner la pandémie du Coronavirus comme la cause principale de ce déficit, il n’empêche que cette hypothèse reste habilement et subliminalement suggérée entre les lignes de sa communication. Doit-on pour autant considérer ce déficit budgétaire comme la facture du Covid ? Rien n’est moins sûr.

Car s’il va sans dire que les contrecoups économiques du Coronavirus sont responsables, ne serait-ce que de manière indirecte, de la chute des recettes fiscales, faire endosser au Covid l’entière responsabilité de l’actuelle déconfiture budgétaire relèverait d’une forme de sophisme intellectuel, les dépenses extraordinaires mobilisées pour la gestion des effets sanitaires et économiques de cette pandémie ayant été puisées principalement du Fonds spécial Covid-19.

Ce qui est sûr, en revanche, c’est qu’à 5 mois de la fin du mandat du gouvernement, la responsabilité de combler le fossé du déficit incombera à la prochaine équipe gouvernementale. Cette même équipe qui devra également mettre en place un plan de relance, accompagner le déploiement du nouveau modèle de développement et exécuter la réforme de la couverture sociale dont la généralisation est prévue pour 2025.

Le prochain gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, devra ainsi démarrer son mandat avec un handicap de 22 milliards de dirhams et la crainte d’un recours massif à l’endettement à l’international pour rééquilibrer les finances publiques. Ce qui augure d’horizons sombres qui imposent dès à présent une profonde réflexion sur les mécanismes d’une très souhaitable relance économique.

Amine Ater

  



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