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Sport

Débat : « Salary cap » ou pas cap ? Le football loin d’être conquis


le Mercredi 15 Juillet 2020

Après une crise sanitaire qui a laissé les clubs exsangues, plafonner les salaires des joueurs : est-ce la solution idoine ?



Débat : « Salary cap » ou pas cap ? Le football loin d’être conquis
Plafonner les salaires des footballeurs, «dignes d’une autre planète»? Cette mesure de régulation, appliquée par de nombreuses ligues aux Etats-Unis, aurait pu séduire l’Europe du foot après une crise sanitaire qui a laissé les clubs exsangues, mais ses opposants restent majoritaires.

Privés de recettes pendant l’arrêt des compétitions, les clubs ont traîné comme un boulet une masse salariale très lourde, dévoilant la fragilité d’un système exposé aux secousses externes.

Le monde du ballon rond se divise en deux catégories

«Certains secteurs ont plusieurs mois de trésorerie d’avance et/ou des fonds propres qui leur permettent d’encaisser temporairement une crise telle qu’on la vit», mais pas le football, résume Christophe Lepetit, économiste au Centre de droit et d’économie du sport (CDES).

Face à ce constat, le monde du ballon rond se divise en deux catégories: ceux qui militent pour une meilleure régulation et ceux qui s’en remettent à la loi du marché.

Fritz Keller se range parmi les premiers. «Nous devons parler de plafonds salariaux», a tonné le président de la Fédération allemande (DFB), mi-mai, appelant l’UEFA à limiter des salaires qui sont «en partie dignes d’une autre planète».

En France, le gendarme financier de l’élite a aussi souhaité «construire un football plus fort, donc économiquement sain». «Cela veut dire engager une réflexion sur un plafonnement de la masse salariale et/ou sur le nombre de joueurs sous contrat», a précisé Jean-Marc Mickeler, président de la DNCG, dans le quotidien Les Echos.

 «Pas très sérieux» pour Kita

Pour instaurer un «salary cap», l’UEFA devrait en tout cas le rendre conforme au droit de l’Union européenne et applicable par le Royaume-Uni, où se trouvent plusieurs des clubs les plus riches d’Europe. Et convaincre les sceptiques. L’imposer c’est aller «contre la démocratie, contre le capitalisme. On ne va pas faire une ligue professionnelle, disons capitalistique, et en même temps limiter les salaires. Ça ne serait pas très sérieux», lâche à l’AFP Waldemar Kita, le propriétaire du FC Nantes. «Il ne faut pas oublier que la carrière d’un footballeur dure entre 8 et 10 ans», qu’ils doivent gagner «de quoi se nourrir pour 50 ans», appuie le dirigeant franco-polonais, également opposé «au plafonnement de la masse salariale, car il faut être libéral». En Espagne, le président de la Ligue Javier Tebas coupe également court au débat.

«C’est quelque qui chose qui n’est pas faisable, quelque chose que même l’AFE (principal syndicat de footballeurs espagnols) ne pense pas négocier pour aller à l’encontre des droits de ses propres travailleurs», a-t-il récemment affirmé.

De fait, si réforme il y a, elle devra rassembler l’ensemble des familles du football, de la Fifa à l’UEFA en passant par le syndicat mondial des joueurs (Fifpro) et les puissants clubs d’Europe réunis au sein de l’ECA.

Et en cas de volonté partagée, il restera à définir les contours d’un instrument de régulation économique qui, s’il est mal conçu, «pourrait générer des effets pervers», d’après M. Lepetit.

  


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