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Monde

De gros risques pour les Etats du continent

Covid-19-Fragilité, instabilité et crise alimentaire


Rédigé par Wolondouka SIDIBE le Lundi 13 Avril 2020

C’est un lendemain qui sera difficile pour les pays africains après le passage de Coronavirus. De la crise sanitaire à la crise alimentaire en passant par la crise politique, le continent est appelé à prendre des mesures idoines.



De gros risques pour les Etats du continent
Il ne se passe plus de semaine sans qu’un rapport n’apparaisse sur les conséquences de Coronavirus sur l’économie, la population, l’alimentation et les systèmes politiques des Etats africains. Les grandes institutions d’analyse et des officines s’y mettent pour que les gouvernants prennent toutes les mesures afin de résister ou plutôt faire face à cette pandémie qui touche désormais presque tous les pays de la planète. Ainsi le think-tank marocain Policy Center for the New South (PCNS), dans une récente étude intitulée « Le Coronavirus n’épargnera pas l’Afrique de l’Ouest et devrait exacerber les tensions », souligne que le Coronavirus risque de compromettre l’équilibre déjà fragile que les États Ouest-africains et l’ensemble de la communauté internationale ont pu instaurer au Sahel ces dernières années.

Plusieurs facteurs concourent à cette préoccupation dans un contexte de crise, de vulnérabilité de la population affectée par les conflits. Hamza M’Jahed, Assistant de recherche en relations internationales au PCNS, auteur du rapport, est on ne peut plus clair. Selon lui, notamment en Afrique de l’Ouest, la pandémie, si elle n’est pas maîtrisée, risquerait d’affaiblir davantage les États, déjà confrontés à des défis politiques, économiques et humanitaires majeurs.

Il importe, dans ces conditions, de noter que l’année 2020 sera cruciale pour cette région où les échéances électorales dans cinq pays approchent à grands pas, à savoir le Burkina-Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée et le Mali. Pour tout observateur des élections en Afrique, le pire est à craindre si toutefois ces élections sont suivies de contestations, comme il est de coutume dans certains Etats de la sous-région.

Des élections attendues

En effet, la non tenue de ces élections, perçues par les populations comme une opportunité pour évoquer leurs attentes de sécurité, de stabilité et de prospérité, et l’aggravation de la situation humanitaire si la propagation du virus venait à enregistrer une grande ampleur parmi les populations ouest-africaines, risqueraient de bouleverser l’équilibre régional, comme le fait remarquer M. M’Jahed. Sans conteste donc, il est évident que le Coronavirus va tester la résilience des États d’Afrique de l’Ouest au cours de cette année électorale très cruciale.

De son côté, l’ONU rappelle qu’en Afrique subsaharienne où, 76 millions de personnes ont besoin de l’aide des organisations humanitaires pour vivre, la pandémie du nouveau coronavirus complique encore le travail des ONG qui soutiennent des populations déjà très vulnérables. Ainsi au Cameroun, au système de santé défaillant, c’est une campagne de vaccination contre la polio qui est suspendue. Au Tchad, celle contre la rougeole qui est reportée. Au Niger et au Burkina Faso, en proie aux attaques de groupes jihadistes, les vols transportant les humanitaires sont suspendus. En Centrafrique, dont une large partie du territoire est livrée aux groupes armés, le chlore, nécessaire pour fournir de l’eau potable aux déplacés, vient à manquer.

Insécurité alimentaire

Des situations qui risqueront, si rien n’est fait, de fragiliser davantage le système de santé dans ces pays et auront des répercussions indéniables sur l’ensemble des pays subsahariens.

A ce sujet, Julie Belanger, cheffe du bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale avance que certains programmes sont ralentis ou temporairement suspendus même si la plupart des opérations humanitaires se poursuivent.

Ce qui fait dire à M’jahed qu’en cas de dégradation sanitaire, l’OMS devra coordonner avec les organisations spécialisées des Nations unies, telles que l’Organisation Internationale de la Migration (OIM) et l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), pour gérer des situations compliquées aux niveaux technique, financier et humain.

Toujours est-il que l’Afrique devra se préparer à l’après Coronavirus car ce ne sera plus comme avant. C’est la leçon à tirer de cette pandémie.

Wolondouka SIDIBEDE

  


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