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DIDH : L'interdiction d’accès au territoire national à l’avocat belge est une «décision souveraine»


Rédigé par Kawtar CHAAT le Jeudi 1 Juillet 2021

La délégation interministérielle aux droits de l'Homme (DIDH) a précisé dans un communiqué que l'interdiction d'accès au territoire national au citoyen belge, est une décision souveraine prise conformément aux exigences de la loi relative à l'entrée et au séjour des étrangers au Royaume du Maroc.



L'avocat international Christophe Marchand / Ph. Mathieu Golinvaux
L'avocat international Christophe Marchand / Ph. Mathieu Golinvaux
Les autorités marocaines ont rappelé que Christophe Marchand savait, depuis février dernier, qu'il était interdit de séjour au Maroc, notant que les autorités publiques autorisent des observateurs étrangers, de nationalités différentes, à accéder au territoire national afin de suivre les étapes d'un procès en cours avec des représentants de certains corps diplomatiques et du Conseil national des droits de l'Homme, afin d'assurer une observation impartiale et indépendante des étapes de ce procès.

L'avocat se rendait au Maroc pour assister en tant qu'observateur au procès du journaliste Omar Radi. Cependant, d'après les autorités du Royaume, il ne voyait dans ce voyage que la volonté de ternir l'image du pays. « Même s'il est au courant qu'il est interdit d'accès au territoire national depuis le 24 février 2021, l'intéressé s'est obstiné à se rendre au Maroc dans une tentative d'imposer le fait accompli », ont indiqué les autorités marocaines dans un communiqué mardi soir.

« Il a tenté d'exploiter la décision de son interdiction pour porter atteinte à l'image du pays, en jouant le rôle de la victime et a tenté d'instrumentaliser sa présence au procès pour la réalisation de rapports partiaux et non objectifs », ont-ils ajouté.

«Il y a des dizaines d'observateurs qui sont là-bas sur place et qui assistent au procès. L'action de Me Marchand n'avait d'autre but que de faire le buzz, ce qui a réussi », a commenté Me Stanislas Eskenazi, conseil de l'ambassade du Maroc en Belgique. « La question des droits de l'homme est une question fondamentale pour le Maroc, mais simplement on ne peut pas faire le procès au Maroc d'interdire un soi-disant observateur qui n'a pour objectif que de préjudicier ce pays ».

« Christophe Marchand s'est vu notifier une interdiction d'accès au territoire marocain depuis février 2021 pour ses accointances avec certains membres du Polisario », a indiqué Me Eskenazi.
«Qu'on aime ou qu'on n'aime pas, c'est une décision souveraine du gouvernement marocain.

Ce que son cabinet omet de dire c'est qu'il s'est rendu là-bas sur place alors qu'il savait qu'il allait être refoulé. Et l'association qui est derrière, pour laquelle il se prétend observateur, est elle-même active dans les activités du Polisario. Les actions de ce mouvement politique sont un sujet sensible au Maroc, qui relève de la souveraineté de l'État marocain et qui ne se résoudra que par la diplomatie », a-t-il commenté.

De son côté, le cabinet d'avocats bruxellois JusCogens, où travaille Me Marchand, a publié mardi matin un communiqué intitulé « Attaques contre la liberté d'expression : le Maroc franchit un nouveau cap vers la tyrannie ». Il relate que Christophe Marchand a été interpellé à son arrivée à l'aéroport de Rabat lundi vers 21h00, alors qu'il venait assister mardi à midi à une audience à Casablanca, où sont jugés deux journalistes considérés comme des « voix libres », notamment pour des faits allégués de viol. L'un d'eux, Omar Radi, est détenu au Maroc depuis juillet 2019, en raison de ses publications très critiques à l'égard du régime.

Le passeport de l'avocat Christophe Marchand a été confisqué et il a été expulsé le mardi par avion, a indiqué son cabinet.
 
Kawtar CHAAT 

  


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