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Monde

Crise russo-ukrainienne… ou comment pousser à la guerre sans la faire


Rédigé par Mohammed LANSARI le Mardi 29 Mars 2022

Un mois après la crise russo-ukrainienne le conflit s’enlise et risque de s’éterniser davantage, malgré quelques rencontres et quelques tentatives de rapprochement des points de vue des parties en conflit.



L’Ukraine agonise à grands coups de feu de canons et de bombardements aériens intensifs. Sans exception, toutes les villes limitrophes à la Russie sont systématiquement bombardées. Depuis Chernihlv, Tchernobyl jusqu’aux portes de l’Odessa, en passant par Sumy, Dontsk, mykolaiv ou Kherson, jusqu’à la Crimée annexée en 2014.

Par ailleurs, les troupes russes sont aux portes de Pryluky, de Kharkiv, de Mariupol et de Melitopol. (cf carte du conflit) Une fois de plus, la stratégie que Poutine s’était assigné au début de l’invasion, de créer une zone tampon entre la Russie et l’Ukraine, semble se dérouler comme prévue.

Poutine garde dans ses manches d’autres éléments stratégiques qu’il se réserve le droit d’utiliser en cas d’enlisement du conflit. Comme annexer, entre autres, Odessa déjà encerclée. Ainsi la boucle sera bouclée, et l’Ukraine totalement privée de tout accès à la mer Noire. Déjà l’accès à la mer d’Azov lui est interdit depuis l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014. Cependant, une immense confusion semble régner, en deçà de la Méditerranée, dans le cerveau des autoproclamés spécialistes en géopolitique, et ce, à deux niveaux au moins. Très peu de commentateurs ont analysé de façon objective la personnalité de Poutine.

Plusieurs persistent à le traiter de « fou », de « schizophrène », « d’instable mentalement », et récemment de « boucher de l’Ukraine » ou de « criminel de guerre » (dixit J. Biden). Aucun « analyste » géopolitique méritant cette qualité, n’à à ce jour analysé de façon neutre, les raisons objectives qui ont prévalu à l’origine de cette crise européenne majeure. Toutes les analyses, ainsi que les positions des responsables politiques des pays de l’UE s’orientent, sans exception, sur la responsabilité de la Russie dans le déclenchement de la crise.

Les nombreuses réunions au sommet de cette semaine, G7, sommet de l’OTAN, sommet des dirigeants de l’Union Européenne, montrent la frénésie des dirigeants des pays occidentaux, et surtout l’absence de toute proposition concrète et réaliste pouvant mettre fin au conflit. Certains débats s’aventurent sur des voies totalement absurdes, du genre « comment arrêter la guerre ? » Réponse : « en tuant Poutine » ! Mais Poutine, entre-temps, continue de remplir pleinement son rôle de chef de guerre, en renforçant son flanc sud, tout en affichant une grande indifférence, voire du mépris, aux propos belliqueux de Joe Biden et son pire ennemi, l’actuel président ukrainien – S. Zelensky.

Pauses stratégiques ou succès de la résistance des Ukrainiens ?

Tous les commentaires entretiennent dans les esprits européens cette illusion de la faiblesse et la fatigue du grand ours. Attitude tout à fait logique dans cette guerre de désinformation et de « fake-news ». Domaine d’ailleurs dans lequel excellent les deux belligérants. Souvent pauvres spectateurs que nous sommes, notre vision de la crise russo-ukrainienne vacille entre le complotisme orchestré par les médias européens, et le show joué par Zelensky, via ses multiples vidéoconférences, jouant sur le choc des expressions, ou la force de l’émotion provoquée par ses propos.

Alors que faire ? La meilleure réponse à cette crise est de continuer d’afficher notre neutralité à l’égard des prédictions apocalyptiques d’une 3ème guerre mondiale, menée par la Chine et la Russie, et montrer beaucoup de mépris aux propos des responsables politiques qui prédisent une grande famine pour l’Afrique ! L’Afrique est foncièrement riche de toutes sortes de potentialités et n’a besoin de personne pour lui tendre 5 kilos de grain, quand on la dépouille des richesses de ses ressources.

Aujourd’hui le grand dilemme des Occidentaux, c’est comment pousser les ukrainiens à la guerre, sans être obligés de la faire.



Mohammed LANSARI