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Monde

Covid-19 : l'OMC prévoit une chute du commerce mondial entre 13% et 32% en 2020


le Jeudi 9 Avril 2020

Le commerce mondial devrait enregistrer en 2020 une contraction comprise entre 13% et 32% en 2020, sous l’effet de la pandémie du nouveau coronavirus qui a fortement « désorganisé les activités économiques et la vie normales dans le monde », a estimé mercredi l’Organisation mondiale du commerce (OMC).



Roberto Azvêdo, Directeur Général de l'OMC
Roberto Azvêdo, Directeur Général de l'OMC
«Cette crise est avant toue une crise sanitaire qui a contraint les gouvernements à prendre des mesures sans précédent pour protéger la vie des personnes », a déclaré le Directeur général de l’OMC, Roberto Azevêdo. Selon lui, la baisse inévitable du commerce et de la production aura « des conséquences douloureuses pour les ménages et les entreprises, en plus des souffrances humaines causées par la maladie elle-même ».

Les économistes de l’OMC pensent que cette baisse sera probablement supérieure à la contraction du commerce causée par la crise financière mondiale de 2008-2009. Selon eux, les échanges commerciaux devraient ainsi accuser une baisse à « deux chiffres » dans « presque toutes les régions » de la planète, avec une correction particulièrement sévère des exportations de l’Amérique du Nord et de l’Asie.

​ L'Afrique sera moins affectée

Dans les différents scénarios, l’OMC estime que toutes les régions subiront une baisse à deux chiffres des exportations et des importations en 2020, sauf l’Afrique, le Moyen-Orient et la Communauté d’États indépendants (CEI).

La reprise en 2021 dépend de la durée de l’épidémie et de l’efficacité des mesures prises.
La baisse relativement faible estimée pour ces régions tient au fait que les pays qui en font partie dépendent beaucoup des exportations de produits énergétiques, dont la demande est relativement indépendante des fluctuations de prix.

« Si la pandémie est maîtrisée et si le commerce se remet en route, la plupart des régions pourraient enregistrer en 2021 une reprise à deux chiffres avoisinants 21% dans le scénario optimiste et 24% dans le scénario pessimiste – bien qu’à partir d’une base beaucoup plus faible », relève l’OMC.

Plombé par les tensions commerciales et le ralentissement de la croissance économique, le commerce faiblissait déjà en 2019 avant que le virus ne commence à sévir. Cette année-là, le commerce mondial des marchandises a ainsi enregistré un léger recul de -0,1% en volume, après avoir progressé de 2,9% l’année précédente. Dans le même temps, la valeur en dollars des exportations mondiales de marchandises a baissé de 3%, à 18.890 milliards de dollars.

Selon l’OMC, il est probable que le commerce chute plus brutalement dans les secteurs ayant des chaînes de valeur complexes, notamment l’électronique et les produits automobiles.
 
 

​Le commerce des services serait plus touché par Covid-19

Le commerce des services pourrait être le plus directement touché par la Covid-19 en raison des restrictions visant les transports et les voyages ainsi que la fermeture de nombreux établissements de vente au détail et d’hébergement.

Plus globalement, les estimations de la reprise attendue en 2021 sont tout aussi incertaines, avec des résultats qui dépendront largement de la durée de l’épidémie et de l’efficacité des mesures adoptées pour y faire face.

«Dans le scénario optimiste, la reprise sera suffisamment forte pour permettre au commerce de se rapprocher de la tendance antérieure à la pandémie tandis que le scénario pessimiste n’envisage qu’une reprise partielle », fait valoir l’organisation internationale dont le siège est à Genève.
Maîtriser la pandémie et atténuer les dommages socio-économiques

Selon l’OMC, la probabilité d’une reprise forte est plus grande si les entreprises et les consommateurs considèrent la pandémie comme un choc temporaire et ponctuel. L’objectif immédiat est donc de maîtriser la pandémie et d’atténuer les dommages économiques causés aux individus, aux entreprises et aux pays.

«Mais les responsables politiques doivent commencer à planifier l’après-pandémie », insiste M. Azevêdo.
 
A. Channaje  

  


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