Menu
L'Opinion L'Opinion
Lire GRATUITEMENT notre journal en PDF
L'Opinion
Facebook
Twitter
YouTube Channel
Instagram
LinkedIn


Tribune libre

Covid-19: Un vent de folie souffle sur la planète


le Dimanche 12 Avril 2020

Le rêve de la Silicon Valley s’est concrétisé. Nous sommes tous tombés brutalement dans le numérique, du jour au lendemain de la flambée mondiale du Covid-19, qui est entré en collision avec les nationalismes, les us et coutumes, les religions … et la solution à cette pandémie sera forcément dans les algorithmes et l’intelligence artificielle.



Professeur Aziza Benkirane
Professeur Aziza Benkirane
Au capitalisme sauvage, qui, sous des prétextes humanitaires, a saboté toutes les décolonisations, qui pollue, manipule, sanctionne, se donne un droit d’ingérence, et renverse des régimes pour mieux permettre la prédation, a succédé un capitalisme numérique qui permet à Donald Trump - l’homme aux 25 millions de followers - d’un tweet-pipeau de faire grimper le prix du pétrole à la bourse de 25%, rapportant au passage 60 millions de dollars par jour à la Russie. Ça vaut bien des respirateurs pour les USA, fabriqués par des entreprises russes soumises aux sanctions US !

Qu’importe ! l’ennemi à abattre est devenue la Chine solidaire, qui a sorti de la pauvreté 700 millions de chinois, et qui s’intéresse aux anciennes colonies africaines. L’info-propagande de « Radio CIA » lance déjà « la Chine cache ses morts », et tous les médias occidentaux se mettent en ordre de bataille, « photos » à l’appui, malgré l’absence de solidarité autre que chinoise (un peu cubaine, et russe) et la piraterie occidentale des masques. Le nationalisme ridicule est allé jusqu‘à interdire l’exportation au Canada de masques américains fabriqués avec de la matière première canadienne. Il est beau le nouvel ordre mondial !

C’est dans ce contexte que les principaux codes de déontologie médicale ont été bousculés, notamment le libre choix du médecin par le malade, et la liberté de prescription du médecin, sans parler de la mise en quarantaine de la médecine de ville dans le système francophone. Une pandémie médiatique médicale a vu le jour sur les hypothèses thérapeutiques les plus folles, avec la participation du « bon sens » populaire sur les réseaux sociaux, et à la notion de « standard thérapeutique International », qui guidait la plupart des médecins du monde, a succédé la médecine sur ordonnance politique. Avec quelques dérives extrêmes.

La France interdit à ses médecins d’utiliser une molécule thérapeutique, sauf en pré-mortem, et en hospitalier. Une forme d’euthanasie scientifique quoi. Tandis qu’une circulaire marocaine, « mal lue » ou mal rédigée - qui a succédé à une audio virale d’un pneumologue - fait croire à l’inverse, qu’on va soumettre toute la population à l’hydroxy-chloroquine du Pr Didier Raoult.

De quoi s'agit-il ? 

En résumé : Le nommé SARS-CoV2, qui donne une zoonose appelée Covid-19, est un gros virus à ARN, transmis d’homme à homme (exceptionnellement d’homme à animaux de compagnie) par inhalation de gouttelettes de fluides, aéroportés par la respiration, la parole, la toux, et l’éternuement, jusqu’à 4 mètres, ou manuportées au contact des muqueuses à partir de matières inertes contaminés où l’ARN du virus pourrait persister jusqu’à 17 jours.

D’où l’intérêt pour le confinement individuel : de porter des masques sur la bouche et les narines, des lunettes ou des visières sur les yeux, probablement des gants, ne plus jamais porter ses mains au visage sans lavage préalable, et d’adopter d’autres mesures barrières telles que la distanciation physique. Celle-ci fixée d’abord de 1 à 2 mètres, selon les pays, pourrait être ramenée à 4 m.

L’idéal est d’accompagner ces mesures d’un confinement ciblé des personnes Covid-positives. Mais en raison d’une pénurie de tests diagnostiques, et aussi de masques et visières, de nombreux pays se sont résolus à un confinement général des populations, pis-aller lui-même responsable de contagion familiale (ou de personnes âgées dans les pensions) à huit-clos, de creuser les inégalités, de faire perdre des emplois, et ruiner les économies.

La panique face aux faibles capacités de dépistage précoce, et face à la pénurie de respirateurs fait décréter. Pourtant, il y a matière à réfléchir et s’ordonner, si on médicalisait les définitions boiteuses de l’OMS. 
 
  1. Et d’abord de faire appel aux capacités médicales : la combinaison des données cliniques, biologiques, et radiologiques, bien définis actuellement dans le diagnostic du Covid-19, pour affiner le diagnostic de « cas-suspects » en « cas-plus-que-probables ». D’autant qu’un test négatif au temps 0, n’élimine pas le diagnostic. Qu’attendent les groupes Hackathon pour nous programmer un système expert diagnostic en intelligence artificielle ?
  2. Sécuriser le stock des armes thérapeutiques sures, qui risquent de s’épuiser, comme les anticoagulants à doses curatives, les antiagrégants plaquettaires, la corticothérapie, les vitamine C et D, le zinc, … les amines vasopressives …
  3. Avant que les débats scientifiques intenses n’aboutissent à un consensus sur l’utilisation des antibiotiques et/ou des antiparasitaires, des anti-viraux, sur l’alternative à l’intubation-ventilation au stade de pneumopathie hypoxémiante, sur l’ECMO, sur le sang artificiel, sur l’administration d’un leurre hrsACE2, sur la plasmaphérèse, le Covplasm (injection de plasma immun) ou la biosynthèse des anticorps anti-Cov-19 … etc.
  4. Pourquoi ne publie-t-on pas le procédé de fabrication des tests sériques, pour sauver toute l’humanité en permettant le dépistage rapide, massif et répété qui est à la base du succès ? Est-ce que nos laboratoires de recherche universitaires n’en seraient pas capables ? Ou bien personne ne leur en a donné l’opportunité et la finance ?
  5. Les circuits CEC de chirurgie cardiaque, qui existent dans toutes les grandes villes marocaines, pourraient peut-être aussi palier à la pénurie d’ECMO (membrane d’oxygénation extracorporelle) qui n’existent qu’en 10 exemplaires dans le pays, pour les cas graves de SDRA (syndrome de détresse respiratoire aiguë) hypoxémique ou hypercapnique réfractaires au traitement conventionnel.
  6. Pour juger de l’efficacité d’un masque chirurgical : on se base sur divers critères dont les principaux sont
  • L’efficacité de filtration bactérienne
  • La respirabilité
  • La résistance aux projections de fluides
  • L’inflammabilité
  • Et pour les américains l’efficacité de filtration des particules

Ces masques agissent par différents effets : effet tamis, d’interception, d’inertie, et effet de capture par diffusion. Il ne s’agit pas de pouvoir éteindre une flamme ou non à travers, et au lieu de s’écharper sur la qualité proposée au marocains, et celle à l’export, il suffirait d’en porter 2, l’un sur l’autre, ou les doubler d’une visière faciale en PET transparent, également fabriquée au Maroc.
 
  1. Quel mal y aurait-il à revacciner tous les séronégatifs par ce bon vieux BCG qui doperait nos défenses immunitaires ?
  2. Pourquoi s’inquiéter de la non préservation des données personnelles et perte des libertés par le tracking ? Il suffirait de changer de puce téléphonique et d’adresse mail, après la crise pour bien se protéger.
  3. Quels que soit les protocoles « antibiotiques-antiparasitaires-antiviraux » hypothétiques choisis, l’expérience de nombreux pays a montré l’avantage de traiter tôt pour diminuer le nombre de complications, de cas graves, et donc la mortalité. Et pour ce faire, il n’y a qu’un seul moyen : redonner la main aux médecins traitants de ville, en matière de dépistage massif et répété, et en matière de prescription thérapeutique.

«Rien ne sera comme avant » nous répète-t-on. Peut-être nous inventera-t-on une capacité à générer de la valeur avec une économie basée sur le green deal, au service de la santé de l’homme et de l’écologie de la terre.

Mais pour l’instant le spectacle est désolant, tous les pays égoïstement barricadés derrière leurs frontières, leurs populations confinées à domicile, des affrontements géo-politiques pour des médicaments et des masques, après la psychose du PQ, les amulettes du président mexicain, le désensorcellement à l’encens des rues de New York, la levée des barrières du cerveau primitif des males dans leurs foyers … un vent de folie a soufflé sur la planète et ses dirigeants ne savent plus où nous conduire.
 
Professeur Aziza Benkirane  
 
 
 
 
 
 
 
 
 

  



Dans la même rubrique :
< >