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Environnement

Consommer les produits locaux : bon pour l’économie, bon pour l’environnement


Rédigé par Oussama ABAOUSS le Vendredi 24 Avril 2020

Alors que les pays ont tous fermé leurs frontières et que la mondialisation montre ses limites face à la pandémie, est venu le temps de la consom'action.



Afin de contribuer à mitiger cet impact négatif, chaque citoyen détient une part importante de la solution.
Afin de contribuer à mitiger cet impact négatif, chaque citoyen détient une part importante de la solution.
Les dégâts de la pandémie sur l’économie marocaine sont inquiétants. Selon une enquête réalisée par la Confédération marocaine de TPE-PME, 83% des entreprises marocaines -intégrées d’une manière aléatoire dans l’échantillonnage de l’étude- sont à l’arrêt. Afin de contribuer à mitiger cet impact négatif, chaque citoyen détient une part importante de la solution : encourager et consommer les produits et services locaux. Le Parti de l’Istiqlal vient, à cet égard, d’appeler les citoyens à soutenir l’économie nationale en privilégiant les produits marocains. Dans un spot diffusé sur les réseaux sociaux, le premier parti politique marocain souligne que « notre consommation des produits locaux dans ce contexte difficile est le plus grand soutien que nous pouvons apporter à notre économie ». Les réactions positives des internautes à ce message sont réconfortantes.

Bon pour l’économie et le climat

Avec des produits marocains dont la qualité est de plus en plus reconnue, les consommateurs et les ménages pourront satisfaire leurs besoins divers sans perdre en qualité. « Nous devons consommer les produits marocains, pour garder les emplois, éviter la fermeture des usines encore opérationnelles et garantir des liquidités financières nécessaires pour acquérir les produits importants dont nous avons besoin dans notre guerre contre le coronavirus », précise le parti de la balance. Une solution logique qui en plus d’être bonne pour l’économie s’avère salutaire pour l’environnement, car les produits locaux auront toujours une empreinte carbone beaucoup moins importante que celle générée par des produits importés.

Valoriser le savoir-faire local

Fait symptomatique de l’attachement des marocains en cette période de crise au produit local, la rumeur selon laquelle le cabinet BCG aurait hérité d’un juteux contrat avec le ministère de la santé pour la réalisation d’une stratégie de déconfinement a soulevé un grand tollé dans les réseaux sociaux. Du mardi, date de la publication de l’article du site Ledesk.ma qui a été le premier à révéler cette information, au mercredi après-midi, date de la publication d’un démenti de Boston Consulting Group qui a été suivi par un autre émanant du ministère de la santé, nombre de Marocains s’interrogeaient sur le pourquoi du comment de l’octroi d’une telle mission à un cabinet américain, alors même que le Royaume grouille de compétence et qu’il est de surcroît confronté à une réelle pénurie de devises depuis le tarissement des sources traditionnelles que sont le tourisme, les transferts des MRE et l’industrie automobile.

Encourager les initiatives courageuses

Si notre pays a, jusque-là, joué le jeu de la mondialisation, la crise du coronavirus a agi en véritable révélateur qui a en quelques semaines donné matière à réfléchir aux économistes du monde entier. En attendant de voir se dissiper le brouillard de cette tempête que traverse l’humanité pour décider du cap à tenir, tout semble démontrer que le salut sera du côté des peuples solidaires qui savent vivre ensemble, produire ce dont ils ont besoin et s’adapter intelligemment. Ces dernières semaines ont révélé tout le potentiel des entrepreneurs et de la jeunesse du Royaume. Il aura fallu une crise sanitaire pour que l’on découvre que nous savons inventer, produire et innover. En imprimant par exemple des circuits aussi complexes que ceux des appareils d’assistance respiratoire dédiés aux salles de réanimation, les communautés qui chaque jour se mobilisent et rivalisent d’inventivité prouvent que notre pays devrait envisager de monter en gamme et explorer de nouveaux marchés. Dans le secteur High Tech ou encore dans le domaine digital, beaucoup de Marocains osent et n’ont besoin que du soutien et de l’encouragement de leurs concitoyens.

« Grâce à notre sens de l’entraide et de la solidarité, nous pourrons vaincre cette crise », souligne la vidéo diffusée par l’Istiqlal. Ajoutons qu’il faut -plus que jamais- se rappeler la vraie nature des Marocains : un peuple de bosseurs qui ont hérité des valeurs ancestrales de solidarité et qui savent faire front commun quand menace l’adversité.

Oussama ABAOUSS

3 questions à Christophe Lumsden, expert environnement

Christophe Lumsden
Christophe Lumsden
« Les circuits courts recréent un tissu social qui avait disparu »

Associé dans le cabinet PWC, Christophe Lumsden a répondu à nos questions sur les pistes à adopter au niveau mondial afin de promouvoir les circuits courts.

La promotion des circuits courts peut-elle s’avérer comme une solution devant les limites révélées par la pandémie ?
 
Les circuits courts permettent -le plus souvent- de limiter l’empreinte carbone et, surtout, ils recréent un tissu social qui avait disparu entre le producteur et le consommateur.

Opter pour les circuits courts, implique cependant de revoir entièrement le commerce mondial.

Si on prend l’exemple d’un avocat qui a parcouru 10.000 km pour arriver depuis le Pérou. Compenser son empreinte avant la vente, rendra ce produit plus cher et donc moins attractif pour des territoires très éloignés.

C’est donc difficile de favoriser les produits issus des circuits courts ?

Tout relocaliser chez soi n’est pas aussi simple. Si un produit local s’avère beaucoup plus cher qu’un produit équivalant importé à faible prix, les gens vont naturellement aller vers le moins cher. Il ne faut pas leur en vouloir car tout le monde court après le pouvoir d’achat.

Comme s’y prendre alors ?

Opter pour les circuits courts au niveau mondial implique de revoir beaucoup de règles de l’OMC. Le seul moyen de le faire dans le contexte post-covid, serait de réfléchir à une fiscalité environnementale mondiale plus juste pour réellement intégrer les « externalités négatives » dans les prix de vente, ce qui permettrait de rehausser la compétitivité des circuits courts et de la production locale.


Receuillis par O.A.