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International

Colonies israéliennes : Le Conseil de sécurité dénonce une "entrave à la paix"


Rédigé par L'Opinion Mardi 21 Février 2023

"La poursuite des activités de colonisation d'Israël met en péril la viabilité de la solution à deux Etats" et constitue une "entrave à la paix".



Le Conseil de sécurité de l'ONU a pris position lundi pour la première fois depuis six ans contre les colonies israéliennes dans les territoires palestiniens, dans une déclaration toutefois moins forte qu'une résolution initialement envisagée qui mécontentait les Américains.
"La poursuite des activités de colonisation d'Israël met en péril la viabilité de la solution à deux Etats", estime le Conseil dans cette déclaration de la présidence, approuvée par consensus par l'ensemble des 15 membres mais qui n'a pas la portée contraignante d'une résolution.

Le Conseil "s'oppose fermement à toutes les mesures unilatérales entravant la paix, y compris, entre autres, la construction et l'expansion de colonies israéliennes, la confiscation des terres de Palestiniens, et la «légalisation» de colonies, la démolition de logements palestiniens et le déplacement de civils palestiniens".
Et il "exprime sa profonde inquiétude et sa consternation" concernant l'annonce israélienne de la légalisation des neuf colonies et de la construction de nouveaux logements dans les colonies existantes.
Après cette annonce du cabinet de sécurité israélien le 12 février, les Emirats arabes unis avaient préparé la semaine dernière un projet de résolution.

Le projet visait notamment à ce que le Conseil "condamne toutes les tentatives d'annexion, y compris les décisions et mesures d'Israël concernant les colonies" et appelait "à leur retrait immédiat". Un terme de "condamnation" qui n'est pas dans la déclaration publiée lundi.
 
Un texte qui n’illustre pas la gravité de la situation

L'initiative avait provoqué le mécontentement des Etats-Unis qui ont le droit de veto au Conseil. Le département d'Etat avait ainsi dénoncé une résolution "peu utile au regard du soutien nécessaire aux négociations sur la solution des deux Etats", tout en dénonçant l'annonce israélienne sur les neuf colonies.
Le projet de résolution a été retiré après des discussions notamment entre Palestiniens et Américains, a indiqué une source diplomatique.

"Les Emirats ont travaillé dur avec différentes parties, avec les Palestiniens et d'autres, avec les Etats-Unis qui ont fait un immense travail diplomatique, pour parvenir à l'unité" du Conseil, a commenté leur ambassadrice Lana Zaki Nusseibeh.

C'est "la première décision (du Conseil) sur ce dossier depuis plus de six ans", a-t-elle souligné.
Depuis une résolution de décembre 2016, où pour la première fois depuis 1979, le Conseil de sécurité avait demandé à Israël de cesser la colonisation dans les territoires palestiniens.
A quelques semaines de la fin du mandat de Barack Obama, cette adoption avait été permise par la décision des Etats-Unis de ne pas utiliser leur droit de veto, alors qu'ils avaient toujours soutenu Israël jusqu'alors sur ce dossier sensible et qu'ils ont continué ensuite.

Bien qu'"utile", "la déclaration d'aujourd'hui, édulcorée sous la pression des Etats-Unis et d'Israël, est loin d'être une retentissante condamnation que la grave situation mérite", a regretté Louis Charbonneau, de Human Rights Watch.

Interrogé sur son éventuelle déception, l'ambassadeur palestinien à l'ONU Riyad Mansour a souligné que l'important était d'avoir une "position unie" du Conseil.
 
Appel à faire preuve de calme et de retenue

"Isoler une partie est un pas dans la bonne direction", a-t-il déclaré à la presse.
"Ce message doit être transmis et traduit en un plan d'action avec un calendrier pour des efforts de l'ONU et de ses Etats membres pour nous mettre sur un chemin différent vers la liberté, la justice et la paix", a-t-il déclaré aux membres du Conseil, alors qu'aujourd'hui "nous approchons rapidement d'un point de rupture".
Dans son communiqué présidentiel, "le Conseil de sécurité appelle toutes les parties à faire preuve de calme et de retenue, et à s'abstenir d'actes de provocation, d'appels à la violence et de rhétorique enflammée, dans l'objectif, entre autres, d'entamer une désescalade de la situation sur le terrain, de rebâtir la confiance, de manifester par des politiques et par des actes un véritable engagement à la solution de deux Etats, et de créer les conditions nécessaires pour promouvoir la paix".

Selon ce même communiqué, le Conseil de sécurité condamne tous les actes de violence contre des civils, y compris les actes de terrorisme, et appelle au renforcement des efforts actuels pour contrer le terrorisme d'une manière cohérente avec le droit international, et il appelle toutes les parties à condamner clairement tous les actes de terrorisme et à s'abstenir d'incitation à la violence, ajoute le communiqué. Le CS réaffirme l'obligation de toutes les parties en termes de responsabilité pour tous les actes de violence visant des civils, et rappelle l'obligation de l'Autorité palestinienne à renoncer au terrorisme et à le combattre, selon la même source.

Des pourparlers secrets entre Israéliens et Palestiniens

Les principaux collaborateurs du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas mènent des discussions secrètes depuis près de deux mois dans le but de désamorcer les tensions croissantes en Cisjordanie, rapporte I24 qui se réfère à des déclarations de sources proches du dossier au média Axios. Si la Maison Blanche a été mise au courant de ces réunions, il n'est pas certain que tous les dirigeants des partie de la coalition de Netanyahou aient connu l'existence de ces pourparlers et de leur contenu, ont affirmé ces sources.

Dans les semaines précédant la prestation de serment du nouveau gouvernement israélien, le ministre palestinien des Affaires civiles, Hussein al-Sheikh, aurait transmis un message au bureau de Netanyahou par l'intermédiaire de l'administration Biden concernant la volonté de l'Autorité palestinienne de travailler avec le nouveau Premier ministre, ont déclaré les sources qui ont requis l'anonymat.
Les sources ont indiqué que leur dernière rencontre avait eu lieu ces derniers jours et qu'elle avait porté sur la mise au point des accords qui ont conduit à la suspension du vote au Conseil de sécurité de l'ONU contre les implantations israéliennes en Cisjordanie. 



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