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Tribune libre

COVID-19 : NON JE REFUSE DE VIVRE AVEC … ET CONTRE L’AUTRE !


le Dimanche 30 Août 2020


Adnane Benchakroun
Adnane Benchakroun
 
“Vivre avec” revient, aujourd’hui, en boucle sur toutes les chaînes de TV, dans tous les discours, dans les salons les plus huppés et sur les terrasses de cafés, qui pourtant ne désemplissent pas dès qu’ils sont autorisés.
 
Pour des raisons mystérieuses, qui génèrent des fantasmes, et la peur, on n’aurait qu’un seul choix : celui de vivre avec ce minuscule virus, et probablement les prochains, sous prétexte de raisons sanitaires, économiques et sociales.  

Les plus optimistes ajoutent “Vivre avec” en attendant un traitement inoffensif et un vaccin à l’efficacité hypothétique, soit 12 mois, et plus. En attendant, il faudrait accepter le masque obligatoire, la distanciation sociale, le lavage des mains et d’autres gestes barrières, qui sait peut-être demain, l’obligation de ne plus se parler face à face, de présenter un test RT-PCR négatif tous les 3 jours pour pouvoir travailler et sortir de chez soi …
 
Mais a-t-on trouvé à ce jour un vaccin contre le Sida ou le SRAS-CoV-1 (8000 cas et environ 700 décès) ? Non, depuis 2003, on ne sait même pas comment ce SRAS-Cov-1 qui était plus agressif et plus mortel que le SRAS-CoV-2 est venu ni comment et pourquoi il a disparu !
 
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a soutenu au cours d'une conférence de presse, début Août, qu'il n'y avait "pas de solution miracle pour le moment contre la Covid-19, et qu'il pourrait ne jamais y en avoir". Pendant que les publications d’experts dit scientifiques cafouillent dans tous les sens, et leurs contraires.
 
Alors “Vivre avec”, comme un Cancer qu’on apprivoise depuis des dizaines d’années, sauf qu’à la différence du cancer ce coronavirus est transmissible.
 
Et cela change tout !

Je transmets, tu transmets, il/elle/on transmet, nous transmettons, vous transmettez, ils/elles transmettent, rien qu’en parlant à travers un masque chirurgical ou tout public.
Chacun pourrait s’éduquer au mieux de ses forces à ne plus s’approcher de l’autre, à ne plus embrasser ses proches ou ses enfants, ne plus se toucher, à se désaseptiser entre chaque geste, à ne communiquer que via des smartphones, ou en morse, mais sans aucune garantie que les autres en feront autant (famille, voisins, collègues, amis, …)

Alors, devra-t-on se résigner à vivre dans ce mode de distanciation sociale, dont les scientifiques de Harvard nous prédisent qu’il sera nécessaire jusqu'en 2022 ?

Pensent-ils vraiment que grâce à la mise en place de règles de distanciation physique, à leur strict respect, ainsi qu'à l’intensification des tests de dépistage des cas positifs et au suivi de leurs contacts, il est possible de contenir la propagation d'un virus, alors qu’on constate l’inverse à travers le monde ?

Les chercheurs de Harvard T.H. Chan School of Public Health, estiment qu’avec plus de 24 millions de cas confirmés impactant les pays du monde entier, le résultat escompté reste très improbable.
 
“Vivre avec” dans un monde de distanciation sociale obligatoire, c’est vivre malgré nous dans des bulle-prisons individuelles, un monde hyper déshumanisé. Alors comment rester sereins, optimiste et continuer à avancer ? De quels critères sera calculé l’indice du Bien-être ?
 
NON, JE REFUSE DE « VIVRE AVEC » …. Car c’est devenir l’ennemi de l’Autre
 
Nos amis les verts jubilent, en affirmant, que ce panneau de signalisation de l’obligation de distanciation avec l’autre, le masque qui nous étouffe, aujourd’hui ou demain, était inévitable avec le changement climatique, la pollution, ……Ils espèrent provoquer ainsi le déclic de la décroissance planétaire.
 
Ne font-ils pas la promotion souterraine d’une éventuelle dictature sanitaire ? ne jouent-ils pas aux apprentis sorciers en réarmant une extrême droite ultra nationaliste, xénophobe et raciste, qui avait déjà le vent en poupe bien avant le COVID-19 ? les mouvements populistes ? les minorités identitaires ?
 
C’est de l’anti-civilisationnel : L’Humanité, à travers des siècles, a réussi à inventer la Civilisation plurielle pour mieux vivre ensemble, pour intégrer nos différences, pour s’enrichir de nos divergences et pour bannir le rejet de l’Autre.
 
Oui, L’Autre le mot est lâché.
 
« L’enfer c’est l’autre », comme dit le poète, cet Autre muselé avec qui je dois instinctivement assurer la distanciation.
 
Tout le monde peut imaginer l’émergence des instincts primitifs, la levée des barrières du rejet de l’autre, les réflexes de survie que la crise économique et sociale annoncée ne manquera pas de libérer.
 
Quelqu’un a dit : « il n’y a pas une seule erreur que les gouvernements n’ont pas commise dans la gestion de la crise sanitaire du Covid-19 ». Les cris de rage des peuples et les colères contre les gouvernants se sont déjà mondialisés, des USA (black lives matter) à la Biélorussie, avec une contagion à l’Europe, l’Afrique, et même l’Asie. Plus cette crise durera et plus les risques de guerres civiles seront d’actualité.
 
Qu’ils réussissent ou non à révolutionner leur système de gouvernance, à qui s’en prendront ensuite demains les communs des mortels ainsi formatés à la haine de l’autre ? aux économiquement les plus faibles ? L’immigré, l’arabe, le noir, … la femme, l’enfant, l’handicapé … ?
 
Certains pays seront tentés de solder les différends territoriaux, issus de la balkanisation des ethnies par la colonisation-décolonisation, par des guerres, d’autres le feront pour des gisements gaziers, ou même encore pour de simples besoins électoraux.  
 
Non, moi je refuse de “Vivre avec” …. Mais je voudrais pouvoir vivre CONTRE ce désordre mondial, en refusant de masquer les neurones de mon cerveau, afin de pousser un cri d’alarme. L’Autre c’est Moi.

Adnane Benchakroun
 
 

  



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