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Actu Maroc

Blanchiment d’argent : L’ONDH appelle à une enquête au Nord du Royaume


Rédigé par Hiba CHAKER le Dimanche 22 Août 2021



L’Observatoire du Nord des Droits de l’Homme (ONDH) a annoncé, jeudi, qu’il suivait « avec un vif intérêt » ce qui se passe dans le Nord du Maroc, dénonçant des « opérations suspectes de blanchiment d’argent par des réseaux de drogue et des mafias qui opèrent entre le Maroc et plusieurs pays européens comme l’Espagne, la France, la Belgique, les Pays-Bas, particulièrement dans le domaine immobilier ».

Dans son communiqué, l’Observatoire fait état de « nombreuses entreprises et individus à l’origine de ces opérations qui sont connus pour établir un réseau de relations au sein des institutions, ce qui menace de les miner ». D’ailleurs, « la poursuite des opérations de blanchiment d’argent dans les activités économiques de la région, notamment dans le domaine immobilier, menace et sape les grands efforts entrepris par l’Etat pour développer la région et réduire ses disparités sociales et économiques », fustige l’Observatoire.

Tout en saluant les efforts déployés par l’État pour lutter contre le blanchiment d’argent afin de renforcer le système judiciaire, l’Observatoire appelle les institutions marocaines, dont la présidence du ministère public, le ministère de la Justice et les services de sécurité à plus d’efforts pour lutter contre ce phénomène, surtout dans le Nord du Maroc, et ses répercussions, à l’instar de la corruption politique, les abus d’influence et les atteintes à la réputation de l’Etat notamment auprès des institutions financières.

L’Observatoire appelle également l’État à impliquer la société civile dans ses programmes de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Une réforme du cadre juridique

A l’échelle nationale, le Maroc s’est doté au mois de mai dernier d’un arsenal législatif plus rigoureux en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et de lutte contre le terrorisme. La loi 12.18 complétant le code pénal en la matière a été adoptée à l’unanimité par les députés à la Chambre des Représentants, après des discussions marathoniennes à la commission de la Justice, lesquelles ont pris plus d’une année, compte tenu de la complexité de la réforme.

Le groupe istiqlalien « Pour l’Unité et l’Egalitarisme », représenté par le député Omar Abassi, avait même proposé d’élever cette infraction pénale au rang de crime au lieu de délit, « il est temps de qualifier le blanchiment d’argent de crime, vu sa dangerosité », a-t-il insisté.

Le groupe parlementaire istiqlalien a demandé aussi d’inscrire l’évasion fiscale dans la liste des crimes de blanchiment d’argent. « L’évasion au fisc est l’un des plus grands dangers qui guettent notre pays et notre système financier », avait regretté M. Abassi.
 
Hiba CHAKER