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Tribune libre

Au Minnesota, un Sioux console un Noir récemment strangulé


Rédigé par Ahmed NAJI le Lundi 1 Juin 2020

Mourir étouffé n’est plus seulement causé par le coronavirus aux Etats-Unis. Les descendants des esclaves noirs « importés » d’Afrique peuvent également ainsi périr, sous la pression du genou d’un visage pâle en tunique bleu, jadis couleur des soldats génocidaires des Amérindiens, actuellement celle des représentants de l’ordre WASP (White Anglo-Saxon Protestant).



Au Minnesota, un Sioux console un Noir récemment strangulé
« Hugh mon frère, tu n’es pas le premier à qui les Blancs font rejoindre les vertes prairies de Manitou sans scalp », dit le chef sioux Little Crow à George Floyd, le strangulé noir de Minneapolis, en le recevant dans l’au-delà.

« Maudit soit le jour ou le Mayflower accosta sur nos côtes avec sa cargaison de sanguinaires pères pèlerins, leurs rejetons faisant festin à chaque Halloween du massacre des miens, révélant de la sorte l’originelle noirceur de leurs desseins. C’est sur un bateau de ce genre que tes ancêtres ont été traînés, chaînes aux pieds, jusque sur nos terres, pour eux nouvelle Jérusalem. Vous avez été infectés au virus corona, mais bien avant vous, nous le fûmes avec la bactérie du choléra. Après quoi, ils nous ont tout bonnement dépossédés de notre Minnesota, là où ce psychopathe de type caucasien en bleu de travail t’a fait passer de vie à trépas. Je partage ta douleur qui a été aussi la mienne, je vais jouer du tambour et tu vas slamer notre triste destin commun. Celui des parias passés et présents de la nation qui se permet de donner aux autres peuples de ce monde des leçons de démocratie et de respect des droits humains, alors qu’elle n’est jamais parvenue à exorciser ses démons ségrégationnistes. Apaise-toi, frère, et regardes les s’étouffer de leurs sottises. Leurs hommes politiques ont la langue fourchue, mentent comme des arracheurs de dents et diffament même leur propre président. Ce dernier est si versatile et inconsistant qu’il en est devenu la risée du monde entier.

Des pêcheurs vénézuéliens paradent avec ses cowboys capturés et des marins iraniens bravent ses interdits en chantant « ils étaient cinq petits pétroliers ». Quant à son adversaire démocrate, il est si mauvais et traîne tellement de casseroles ukrainiennes qu’on préfère le maintenir loin des médias, de peur d’une bourde qui réduirait les rêves de reconquête de la Maison blanche à néant. De là où nous sommes, nous allons assister au débordement des égouts de Wall Street de titres financiers qui ne valent pas plus que leur poids en papier, aux Marines qui patrouillent dans les rues, faute de pouvoir gagner une guerre ailleurs, aux légions de chômeurs pour qui 1929 paraîtra comme une ère de prospérité.

Les Pères fondateurs de leur république, dont nombre étaient des propriétaires de plantation esclavagistes, sont aussi là, à souffrir du spectacle. Ils pleurent leur grand œuvre maçonné, selon les rites anciens et acceptés, hideusement tagué par un infâmant « je ne peux pas respirer ».

Ahmed NAJI

  



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