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Actu Maroc

Allianz Global Pension Report 2020 : Le système de retraite marocain parmi les derniers de la classe


Rédigé par A. Channaje le Samedi 30 Mai 2020

Le groupe Allianz vient de publier son étude 2020 sur les retraites « Global Pension Report ». Parmi les 70 pays analysés, le système marocain se classe à la 60ème place.



L’étude classe les systèmes de retraite des pays étudiés en fonction de son propre indice Allianz Pension Index (API). Cet indice, qui prend en compte certains critères comme les conditions démographiques et budgétaires, est basé sur trois sous-indices. Le premier combine l'évolution démographique et les finances publiques. Le second est l'indice de durabilité qui mesure la manière dont les pensions les systèmes réagissent aux changements démographiques.
 
Enfin, le troisième sous-indice évalue l'adéquation des systèmes de retraite, en se demandant s'ils offrent un niveau de vie adéquat à la vieillesse.
 
Dans ce classement mondial, le Maroc n'accroche que la 60ème place avec un API de 4,47 plombé par les paramètres sur sa viabilité financière. Il est, notamment, distancé par l’Egypte et l’Afrique du Sud qui arrivent respectivement à la 36ème et 41ème position.
 
Les pays qui occupent des rangs derrière le Royaume sont : la Malaisie (4,52), le Kuweit (4,59), Laos (4,63), le Nigeria (4,63), le Bahreïn (4,70), le Qatar (4,78), l’Arabie Saoudite (5,03), la Sri Lanka (5,18), les Emirats Arabes-Unis (5,29) et le Liban (5,49).
 
Il convient de noter que les systèmes de retraite de nos voisins, la Tunisie, l’Algérie, la Lybie et la Mauritanie, ne figurent pas dans ce classement mondial pour des raisons inconnues.
 
En tète de ce classement, figurent la Suède (API de 2,9), suivie de la Belgique (2,9), du Danemark (3,0), de la Nouvelle Zélande (3,0) et des Etats-Unis (3,4). "Les Etats-Unis bénéficient d'une grande marge de manœuvre financière et leur démographie est relativement bénigne par rapport aux autres pays industrialisés. Bien qu'elle se classe également au-dessus de la moyenne en termes de durabilité et d'adéquation, l'inclusivité reste un défi », est-il estimé. En somme, Allianz considère ces pays comme les cinq meilleurs systèmes de retraites au monde.
 
Aucun pays asiatique dans le Top 10
 
L’étude fait observer, par ailleurs, que de nombreux pays émergents d'Afrique ou d'Asie obtiennent d'assez bons résultats. Elle attribue cette performance à trois facteurs: leur jeune population, leur faible déficit public et leurs faibles dettes. Dans ce classement, force est relever qu'aucun pays asiatique ne figure dans le Top 10, la Chine se classant 11ème.
En revanche, poursuit la même source, de nombreux pays européens comme l'Italie ou le Portugal se classent parmi les moins performants en raison de leurs populations âgées qui sont confrontées à des dettes élevées. «Et c'est la situation avant le coronavirus et son tsunami de nouvelles dettes», explique l'économiste Allianz Michaela Grimm.
 
« Entre démographie et finances publiques sous pression, le report de l'âge de départ à la retraite et la mise en place de solutions de retraites par capitalisation restent les options privilégiées pour améliorer le système de retraites », est-il souligné.
 
63 ans, l’espérance de vie moyenne en Afrique
 
Autre élément soulevé : Jamais l'espérance de vie n'a été aussi élevée qu'aujourd'hui, allant d'une moyenne de 63 ans en Afrique à 83 ans en Australie et en Nouvelle-Zélande, et les démographes sont optimistes quant à l'augmentation de quatre ans à l'échelle mondiale jusqu'au milieu du siècle. « La démographie et les retraites ont été éclipsées par d'autres priorités ces dernières années, en premier lieu le changement climatique et aujourd'hui la lutte contre l'épidémie de la Covid-19 », souligne Ludovic Subran, chef économiste du groupe Allianz.
 
Selon lui, « désamorcer la crise imminente des retraites et préserver la justice et l'égalité entre les générations sont des éléments clefs pour construire des sociétés inclusives et résilientes. Alors que les politiques façonnent la reprise, n'oublions pas la protection sociale. »
 
L’étude note, en outre, que le constat est inquiétant, seule une poignée de pays, dont la Suède, la Belgique et le Danemark, sont prêts pour le choc de la transition démographique ».
 
Selon les prévisions de l’Assureur Allemand, la part des personnes âgées de 65 ans et plus dans la population mondiale passera de 9% à 16% d'ici 2050. « Presque toutes les régions verront le changement démographique. L'Europe, le continent le plus ancien en termes d'âge de ses habitants, le restera même après trois décennies. En fait, 28% de la population européenne aura alors 65 ans ou plus », prévoit l’assureur européen, basé à Munich.

A. Channaje
 
Repères :

CMR : un déficit technique de plus de 5 milliards de DH

 
Le déficit technique du régime des pensions civiles de la Caisse marocaine des Retraites (CMR) a atteint à fin 2019 un total de 5,24 milliards de DH après 6 milliards en 2018 et 5,6 milliards de DH l’année précédente. C’est ce qu’avait souligné Driss Jettou, président de la Cour des comptes, en janvier 2020, devant le parlement, ajoutant que ses réserves ont diminué à 75,9 milliards de DH.
La Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) connaît, de son côté, une situation semblable bien que moins aiguë, alors que le Régime Collectif d’Allocation de Retraites (RCAR) enregistre un léger excédent technique ne dépassant pas 1 million de DH, du fait de l’accroissement de ses recettes en relation avec l’augmentation des effectifs des adhérents, a-t-il relevé dans un exposé sur les activités des juridictions financières pour 2018.

CNSS : sous tarification des droits accordés
 
Dans son dernier rapport sur le secteur de la prévoyance sociale, l’ACAPS (Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Social) estime que branche retraite de la CNSS est caractérisée par une sous tarification des droits accordés. Cependant, celle-ci bénéficie de la forte dynamique démographique du secteur privé qui lui permet d’enregistrer encore des soldes techniques et globaux excédentaires.
Cette dynamique risque de s’estomper durant les prochaines années avec la montée en charge des prestations de la branche qui enregistrera son premier déficit global en 2024. Ce déficit pourra être financé par les réserves jusqu’en 2040.