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Monde

Algérie : 59 ans de développement boiteux


Rédigé par Achraf El Ouad le Lundi 5 Juillet 2021

L’Algérie fête le 5 juillet son indépendance acquise en 1962, dès lors, le pays enregistre un rythme de développement piétinant sur tous les secteurs



Il y a 59 ans, jour pour jour, l’Algérie a brisé le joug de la colonisation et a été officiellement proclamée indépendante le 5 juillet 1962. Cet exploit a été achevé au terme d’une guerre sanglante de 8 ans entre l’armée française et le front de libération national algérien couronnée par les Accords d’Evian, permettant ainsi à l’ex-colonie française de jouir de son indépendance après 132 ans de soumission. Toutefois, la république algérienne ‘’démocratique et populaire’’ ne semble pas avoir réussi à tirer parti de ladite indépendance et ce que l’Etat a pu réaliser en 6 décennies reste loin de satisfaire les aspirations des algériens.

Le Hirak

Depuis près de 29 mois, l’Algérie connait un mouvement de protestation populaire massive (le ‘’Hirak’’), qui a maintenu son caractère pacifique et évité tout type de violence. Les algériens, à travers ce pas, aspirent au changement, notamment la mise en place d'une transition et la nomination d'un président et d'un gouvernement provisoire, ce que rejette l'armée sous prétexte que cette proposition serait inconstitutionnelle et source d'instabilité. La bonne semence fait du bon grain, et le Hirak, bien qu’il soit freiné vu la situation sanitaire que connait le monde depuis plus d’une année, a quand même réussi à décrocher la démission d’Abdelaziz Bouteflika.
 
Economie 

L'économie algérienne demeure très fortement dépendante de la rente des hydrocarbures, qui représente la principale source de revenus du pays, sans être parvenue à se diversifier et à mettre en place une industrie compétitive au niveau international. Pas très loin de l’Algérie, le Maroc, ‘’qui ne compte que sur les bras et l’intelligence de ses fils’’, adopte pour sa part depuis des années une stratégie basée essentiellement sur l’expansion de la demande intérieure, soutenue par une forte augmentation des investissements publics. Le Royaume s’est également ouvert sur le continent africain tout en maintenant ses partenariats avec l’autre rive de la méditerranée. Une expansion marocaine au niveau continental qui fait grincer des dents du côté d’Alger qui peine toujours à assainir son environnement des affaires et s’insérer pleinement dans les circuits commerciaux internationaux. Une difficulté qui s’explique en partie par le fait que l’Algérie ne fait pas partie de l’OMC.
 
Chômage

 Comptant plus 43 millions d’habitants avec une superficie de 2 381 741 km2, ce qui en fait le pays le plus vaste pays d’Afrique, l’Algérie enregistre, selon l’enquête semestrielle relative à l’emploi menée par l’ONS (Office Nationale des Statistiques) en mai 2019, un taux de chômage qui atteint 11,4% de la population active. Au total, on dénombre 1,449 millions de personnes en recherche d’emploi. Quant au troisième semestre de 2020, le chiffre a atteint les 14% de la population active.
 
Pénurie d’eau

L'Algérie, le plus grand pays d'Afrique, n'est pas dotée de nombreuses sources d'eau utilisable. Par conséquent, près de 40 % de la population algérienne est en situation de stress hydrique. Le pays est aride à 95 % et désertique à 80 % et les précipitations minimales qu'il reçoit sont saisonnières. Une grande partie de son eau provient de quelques réservoirs, de transferts sur de longues distances et, de plus en plus, du dessalement. La surexploitation des ressources en eau est également un risque important, en particulier dans le sud et le centre du pays, où les eaux souterraines sont la source d'eau la plus fiable. Les prélèvements d'eau souterraine algériennes représentent environ le double du taux de recharge, avec 3 milliards de m³ prélevés chaque année et 1,5 milliard de m³ renouvelés. En conséquence, les aquifères algériens sont devenus de plus en plus contaminés et salins.
 
En dépit des crises de tout poil et des défis qu’elle devrait impérativement relever, l’Algérie a réussi, selon le rapport de l’Institut de Stockholm, à maintenir le premier rang des pays les plus armés du continent africain avec un taux d'importation d'armes d'environ 52% des armes importées par l'ensemble du continent. Le rapport a également souligné que le budget de la défense algérien a maintenu son niveau ces dernières années et estimé à 10,1 milliards de dollars en 2017, se classant au 20e rang mondial, troisième rang dans le monde arabe et bien évidemment leader dans la région de l’Afrique du Nord.