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Monde

Afghanistan : La résistance du Panchir se prépare au combat


Rédigé par la rédaction le Lundi 23 Août 2021

Les forces de résistance armée en Afghanistan, regroupées dans la vallée du Panchir, se préparent à «un conflit de longue durée».



Depuis la prise de pouvoir des talibans le 15 août, après une campagne militaire fulgurante, des milliers d’Afghans ont rejoint la vallée du Panchir, au nord-est de Kaboul, pour combattre le nouveau régime ou tout simplement pour trouver un refuge sûr et continuer leur vie, a expliqué Ali Maisam Nazary, porte-parole des forces de résistance armée, dans une interview à l’AFP.

Là, Ahmad Massoud, fils du célèbre commandant Ahmed Shah Massoud, assassiné le 9 septembre 2001 par Al- Qaïda, deux jours avant les attentats du 11-Septembre aux États-Unis, a rassemblé quelque 9.000 hommes armés, selon Nazary.

Des photos prises par l’AFP montrent des dizaines de recrues se livrant à des exercices physiques, et une poignée de véhicules blindés humvees roulant dans la vallée.

Le Front national de résistance (FNR) a pour objectif d’éviter que plus de sang ne soit versé et de promouvoir un nouveau système de gouvernement. «La condition d’un accord de paix avec les talibans est la décentralisation, un système qui garantisse la justice sociale, l’égalité, les droits et la liberté pour tous», a déclaré Nazary, en charge des relations extérieures du Front.

Mais si les talibans, qui avaient affirmé vendredi avoir reçu l’allégeance de Massoud, refusent un tel compromis, alors le FNR est prêt à s’engager dans «un conflit de longue durée».

Renforts talibans pour le Panshir

Les talibans contrôlent la très grande majorité du pays, mais des milices sont apparues dans certains districts ces derniers jours, sont entrées en contact avec le FNR et ont commencé à résister aux islamistes, a souligné Nazary.

«Massoud n’a pas donné d’ordre en ce sens, mais elles nous sont toutes liées», a-t-il affirmé.

Les talibans ont annoncé, dimanche dernier, que des « centaines » de leurs combattants se dirigeaient vers la vallée du Panshir, au nord-est de Kaboul, une des rares zones échappant encore au contrôle du groupe islamiste. « Des centaines de moudjahidines de l’Émirat islamique se dirigent vers l’État du Panshir pour le contrôler, après que des responsables locaux ont refusé de le remettre de façon pacifique », ont ainsi indiqué les talibans sur leur compte Twitter en arabe.

Outre les troupes de Massoud, le Panchir abrite aussi 1.000 personnes déplacées venues de tout l’Afghanistan pour se réfugier dans la vallée, d’après Nazary.

«Nous voyons le Panchir devenir une zone sécurisée pour tous les groupes qui se sentent menacés dans les autres provinces», a-t-il ajouté.

Parmi les personnes qui sont arrivées figurent des intellectuels, des femmes et des défenseurs des droits humains, qui craignent d’être ciblés par les talibans. Massoud a réclamé des armes aux États-Unis dans une tribune parue mercredi dans le Washington Post. Mais le Panchir a aussi besoin d’aide humanitaire pour nourrir et prendre soin de tous ceux qui viennent d’arriver, a souligné Nazary pour qui, «le Panchir a toujours été une lueur d’espoir».