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Monde

Afghanisatan : Biden fustigé par la presse américaine


Rédigé par la rédaction le Lundi 16 Août 2021

La presse américaine qualifie la débâcle des USA en Afghanistan de “trahison” de Biden qui sera lourde de conséquences à l’international. « Une honte ».



Afghanisatan : Biden fustigé par la presse américaine
“C’est donc la fin de l’ère américaine en Afghanistan”, résume le New York Times. Face à la victoire spectaculaire des talibans dimanche, la presse américaine se montre très critique vis-à-vis de l’action de Joe Biden. “À Washington, des responsables estiment que la vitesse de l’effondrement du régime a pris l’administration par surprise et l’a laissée avec le sentiment que M. Biden restera dans l’histoire comme le président qui a dirigé un acte final humiliant au sein d’un chapitre américain en Afghanistan long et tourmenté”, souligne le New York Times.

Quant au Washington Post, il s’étonne qu’un président “connu pour son empathie” et “ayant la larme facile” adopte une vision “froide” de la débâcle en Afghanistan, abandonnant derrière lui un gouvernement allié et les civils aux talibans.

Interrogé samedi sur sa décision de mettre fin à vingt ans de guerre alors que le groupe islamiste se trouvait aux portes de Kaboul, Biden avait affirmé qu’“une année ou cinq années de plus de présence militaire américaine n’auraient fait aucune différence, quand l’armée afghane ne peut ou ne veut pas défendre son propre pays”.

Injustifiable mais scandaleux

“Rejeter toute la faute sur le peuple afghan est non seulement injustifiable mais scandaleux”, un journaliste du New Yorker essaie de comprendre la frustration qu’éprouvent les décideurs américains vis-à-vis de leurs partenaires du gouvernement de Kaboul depuis vingt ans. “La route a été très cahoteuse”, note Steve Coll dans un entretien au magazine américain. “Mais suggérer que le peuple afghan n’a pas fait sa part est une manière de rejeter toute la faute sur lui, ce qui, à mon avis, est non seulement injustifiable mais scandaleux”.

“Les Afghans ont subi génération après génération non seulement une guerre continue, mais aussi des crises humanitaires, l’une après l’autre, et les Américains doivent se rappeler que ce n’était pas une guerre civile que les Afghans ont déclenchée entre eux”, souligne-t-il.

Pour Steve Coll, “cette situation a été déclenchée par une invasion extérieure, d’abord par l’Union soviétique, pendant la guerre froide, et depuis lors, le pays a été un champ de bataille pour les puissances régionales et mondiales cherchant à assurer leur propre sécurité en intervenant militairement en Afghanistan”. Ce fut le cas notamment “des États-Unis après 2001” ou encore de “la CIA dans les années 1980”, rappelle le journaliste. “Accuser les Afghans de ne pas se ressaisir à la lumière de cette histoire est tout simplement faux”, conclut-il.

Une image ternie à l’international

Nombreux sont les journaux américains à évoquer la “trahison” des Américains à l’égard des Afghans. “Notre abandon des Afghans, qui nous ont aidés, qui ont compté sur nous, misé leur vie sur nous, est une honte que nous aurions pu éviter”, écrit notamment le journaliste de The Atlantic George Packer. “L’administration Biden n’a pas tenu compte des avertissements concernant l’Afghanistan, n’a pas agi face à l’urgence et son échec a laissé des dizaines de milliers d’Afghans à un sort terrible […]. Le fardeau de la honte incombe au président Joe Biden”.

Le retrait des Américains d’Afghanistan risque d’être lourd de conséquences pour les États-Unis et pour le monde, pointe de son côté le journaliste Debasish Roy Chowdhury dans une analyse publiée dans le magazine Time. “Le retour des talibans fait peser de nouveaux risques sécuritaires sur l’ensemble de la région. Il marque la création d’un nouveau foyer de terreur djihadiste au coeur de l’Asie, attirant des combattants islamistes de toute l’Asie du Sud et du Sud-Est, faisant même planer le spectre d’un regroupement de Daech”, note-t-il.

Comme de nombreux autres commentateurs, le journaliste redoute aussi que ce retrait américain désastreux n’affaiblisse l’image des États-Unis sur la scène internationale en sapant la confiance que ses alliés plaçaient en eux. “Les Chinois n’ont pas tardé à se saisir de la débâcle pour mettre en lumière le manque de fiabilité de l’Amérique en tant que partenaire”, remarque Debasish Roy Chowdhury.
Une analyse publiée par le quotidien d’État chinois Global Times, connu pour son ton nationaliste, estime que l’Afghanistan illustre combien Washington serait “un acteur pas digne de confiance, qui abandonne toujours ses alliés dans la quête de ses propres intérêts”.
 
D’après le Courrier International
 
 


Des morts à l’aéroport de Kaboul

 
Au moins cinq morts ont été signalés à l’aéroport de Kaboul alors que des centaines de personnes tentaient d’embarquer de force dans des avions quittant la capitale afghane, ont affirmé des témoins à Reuters.

Un premier témoin a indiqué avoir vu les corps de cinq personnes être emportés dans un véhicule, mais un second n’a pas pu déterminer si elles avaient été tuées par balles ou victimes d’une bousculade. Plus tôt ce matin, les forces américaines en charge de l’évacuation à l’aéroport ont tiré en l’air afin de disperser la foule, a déclaré un responsable américain.

L’aéroport international de la ville, que l’armée américaine a assuré avoir sécurisé ce lundi matin, est le théâtre de scènes de chaos depuis dimanche soir. À tel point que les services de l’aéroport ont annoncé la suspension des vols commerciaux dans la matinée.

Des milliers d’Afghans, fuyant les talibans et la précarité de leur situation, ont envahi les pistes. Afin de tenter de remettre un semblant d’ordre, les troupes américaines - dont le contingent doit encore grossir de 1000 soldats, pour atteindre 6000 militaires - ont tiré en l’air. Des responsables n’étaient pas disponibles dans l’immédiat pour commenter la situation.