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Actu Maroc

66% des enfants marocains sont incapables de lire ou comprendre un texte en arabe


Rédigé par Chaimae Barki le Samedi 10 Juillet 2021

Plus de la moitié des enfants des pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) vivent en situation de pauvreté d'apprentissage : ils ne sont pas en mesure de lire ni de comprendre un texte adapté à leur âge avant l'âge de 10 ans, indique un rapport de la banque mondiale



le rapport de la Banque mondiale, intitulé «Advancing Arabic Language Teaching and Learning: A Path to Reducing Learning Poverty in MENA», publié le 29 juin , identifie et explore une  myriade de facteurs permettant aux pays de la région de renforcer l’efficacité de l’enseignement et de l’apprentissage de l’arabe. Nul n’ignore l’importance de la langue arabe. Une langue qui existe depuis plus de 15 siècles et qui a joué un rôle prépondérant pour la transmission de connaissances humaines, de savoirs et de civilisations anciennes. Aujourd’hui, cette langue usitée par plus de 220 millions fait face à des difficultés en termes d’apprentissage et d’enseignement.
 
Un constat alarmant 
 
Avec la Covid-19, les difficultés d’apprentissage de la langue se sont aggravées du fait d’un déficit de suivi en présentiel. En Afrique du Nord, le pourcentage d’enfants qui ne sont pas capables de lire et de comprendre un texte simple à l’âge de 10 ans s’est encore creusé à 70% pour l’Égypte, suivi du Maroc (66%), et la Tunisie (65%). Le cas du Yémen, qui affiche le plus haut taux de pauvreté de l’apprentissage de la langue arabe dans la région, s’explique par le conflit que traverse le pays.
Selon le rapport , les pays de l’Afrique du Nord sont souvent pointés du doigt de ne pas assez se concentrer sur la langue arabe, qui se trouve surplantée par le français ou l’anglais en raison des relations historiques entretenues avec les pays européens qui les ont colonisés. «Cet état de fait empêche les enfants de s’investir pleinement dans leur éducation et entrave les progrès des pays de la région en matière de formation du capital humain», déplore la Banque mondiale. Une myriade de facteurs influence cet état de fait, mais «nombre de ces facteurs peuvent être traités par des changements dans les politiques et les programmes d’éducation liés à l’enseignement et à l’apprentissage de l’arabe», précisent les experts.
 
Une question environnementale …
 
Si le taux de pauvreté d’apprentissage, correspondant au pourcentage d’enfants ne pouvant ni lire ni comprendre un texte simple à dix ans est de 66% au Maroc, le rapport de la banque mondiale déplore aussi un « faible niveau de possession d’ouvrages de littérature pour enfants dans les foyers ». 
En effet, selon les experts de la banque mondiale, au Maroc comme en Arabie Saoudite, plus de 60 % des élèves de quatrième année avaient moins de 10 livres pour enfants à la maison. 
Et encore, seulement 9 % des enfants fréquentaient un école dotée d’une bibliothèque fournie. L’étude révèle aussi que 64 % des étudiants n’ont presque jamais amenés à lire des livres de fiction avec des chapitres pendant les cours dans le royaume. 
 
Et si les parents étaient responsables ? Le coup de pouce de l’environnement familial, politique et social est bien évidemment indéniable pour améliorer les compétences de lecture et la connaissance de la langue arabe. L’une des difficultés est que pour les milieux à revenu moyen (la classe moyenne) dans les pays du Maghreb en général, et au Maroc en particulier, les enfants sont encouragés à étudier dans les langues étrangères plutôt qu’en arabe classique, souligne l’institution financière. 
 
Ce que l’institution de Bretton Woods  recommande… 
 
Le rapport de la banque mondiale fait plusieurs recommandations. La première consiste en la mise en place dans les pays d’une stratégie nationale pour l’apprentissage et la lecture avec des objectifs mesurables bien définis en amont et en lien avec les ambitions des politiques économiques ; l’identification de  la terminologie commune entre l’arabe classique et les dialectes locaux et les utiliser en guise de pont permettant aux enfants de passer aisément du dialecte à l’arabe classique. a troisième consiste à  utiliser l’arabe classique à la maison notamment  par des moyens didactique légers et faciles d’accès et attractifs ; une mise en place des critères détaillés pour mesurer le développement mesuré de l’acquisition des compétences de la lecture et proposer des ressources d’apprentissage électroniques, numériques et manuels en mettant au point des examens de mesure plus faciles d’accès. Et enfin, l’identification  des élèves ayant le plus de difficultés dans l’apprentissage de l’arabe et leur fournir un soutien scolaire ou post-scolaire.
 
Le but étant d’améliorer la capacité des enfants à apprendre à lire et acquérir de nouvelles connaissances grâce à l’acquisition de ces compétences.