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        Dossier
 Cinquantenaire de la mission Apollo 11
La conquête de l’espace vue du Maroc des années 1960 
La mission Apollo 11 fête aujourd’hui son 50ème anniversaire, un événement historique qui a marqué à jamais l’Histoire de l’humanité. Le voeu émis par le président John Kennedy devenait une réalité partagée en mondovision par plus de 600 millions de téléspectateurs. Pas en reste, et malgré la rareté des tubes cathodiques à l’époque, les Marocains ont également suivi avec émerveillement le déroulement de cet événement sans précédent. Récit d’une épopée planétaire vue du Maroc.

Hajar LEBABI

Il y a de cela 50 ans, l’Homme fait ses premiers pas sur la Lune. Une étape très marquante pour les Etats-Unis d’Amérique, mais également pour l’ensemble de l’humanité. Et en ce dimanche 20 juillet 1969, lorsque la mission Apollo 11 atteint la Lune, un nouveau monde s’ouvre pour les humains. Les nouvelles du premier “alunissage” de l’Histoire de l’humanité se répandent comme une traînée de “poussière cosmique” à travers le monde. Dès lors, les images surréalistes des premiers pas de Neil Armstrong sur la lune entrent dans l’iconographie éternelle de cette deuxième moitié du 20ème siècle et sont vécues comme un moment captivant pour toute une génération qui y voit un signal d’espoir et un symbole de la surpuissance américaine, en particulier, et du genre humain, en général. 

"On pensait pouvoir observer
l'alunissage depuis Béni Mellal" 
Comme la plupart des Marocains, Mohamed Berrami suivait avec beaucoup de fascination le lancement de la mission. Encore étudiant de secondaire à l’époque, l’actuel secrétaire général de l’association Alwassit se souvient d’avoir regardé le lancement sur un petit téléviseur noir et blanc. « Je m’en rappelle comme si c’était hier, j’avais 17 ans à l’époque. La TVM avait diffusé la mise en orbite du vaisseau spatial», se souvient avec  nostalgie Mohamed Berrami. Subjugué par l’ampleur de l’événement, ce jeune adolescent cherche naïvement tous les moyens pour s’informer. «On partait chaque jour, mes amis et moi, à la place de la liberté à Béni Mellal pour observer la Lune. On pensait qu’on pourrait observer les astronautes au moment de l’alunissage et on les attendait naïvement après le coucher du soleil», avoue-t-il sourire aux lèvres. Bien que cela puisse paraître étrange à notre époque, cette réaction naïve est complètement logique si on la situe dans son temps. Comment pouvait-on deviner, en effet, les péripéties du déroulement d’un voyage vers la Lune, si personne n’y était jamais allé auparavant Le 21 juillet 1969, la réponse tombe : Apollo 11 réussit son atterrissage lunaire. Neil Armstrong, suivi de Buzz Aldrin, marquent les premières traces de l’humanité sur la Lune. Un moment de gloire pour les Etats-Unis et pour le reste du monde. 
L’intérêt des Marocains lambda est d’autant plus attisé, à l’époque, que la presse et les médias nationaux, comme leurs homologues internationaux, s’étaient engagés plusieurs semaines avant le jour J dans une sorte de campagne de teasing avant l’heure autour de l’événement. Largement commentées, les différentes étapes de la mission Apollo 11 sont en effet scrutées à la loupe plusieurs mois durant par les journalistes. Avec le peu de moyens disponibles au Maroc, dans le temps, ceux-ci réussissent, quand même, à assurer une couverture respectable de toutes les phases du projet. Campagne médiatique dans laquelle l’Etat marocain, représenté par le ministère de l’Information et la RTM, unique chaîne de télévision de l’époque, s’était également et largement investi. Plusieurs semaines après les faits, la retransmission du vol Apollo 11 par la R.T.M est annoncée, tandis qu’une task force journalistique est instituée pour assurer la couverture de la mission du 17 jusqu’au 27 juillet.
 
La RTM en orbite médiatique 
Parmi les principaux protagonistes de cette couverture hors norme, Mohamed Seddik Maâninou, journaliste et ancien directeur de la SNRT, se rappelle clairement des faits: “J’ai assuré la couverture de la mission en direct via un plateau télé et une émission qui a duré six heures non stop. Il fallait meubler et remplir les éventuels vides sur la base d’images assez floues et souvent statiques. Beaucoup de pression régnait dans l’atmosphère, suivie d’une joie intense de prendre part à un tel événement”, nous dit-il. Il en va de même pour la radio marocaine, qui a pris le soin de couvrir l’événement et d’informer les Marocains des avancées de la mission. Quant à la presse écrite, et notamment « L’Opinion », la mission Apollo 11 domine l’actualité plusieurs jours durant, avec des titres comme « La Lune est vaincue » (« L’Opinion », 21 juillet 1969) ou encore « C’est vrai! Terriens sur la Lune » (« L’Opinion », 25 juillet 1969). En tout, « L’Opinion » couvre sur une durée de 10 jours chacune des nombreuses étapes de la mission. Allant du conflit entre Russes et Américains, en passant par les différentes phases du programme Apollo, jusqu’au retour sur Terre, le sujet est traité de fond en comble par « L’Opinion » et par l’ensemble de la presse nationale, sous tous ses angles et toutes ses coutures.  
L’ambassade américaine n’est pas en reste, consciente qu’elle était de l’effet marketing de cette mission et ses innombrables dividendes en termes d’image de marque pour le pays de l’Oncle Sam et sa grandeur, désormais légendaire. La représentation diplomatique des USA au Maroc mobilise, en effet, d’énormes moyens pour impliquer les Marocains dans cette conquête spatiale. Motivée par les ambitions de son pays à rendre cette mission universelle, elle s’engage à en faire valoir l’importance à coups de communiqués et d’actions de communication. “C’était une période très tendue en raison de la guerre froide. Toutes les ambassades des Etats-Unis essayaient de garder les autres pays informés”, nous confie Josh Waggener, membre du personnel actuel de l'ambassade des Etats-Unis à Rabat. “L’objectif était d’entretenir une certaine ouverture et de la transparence en alimentant les médias locaux de toutes les informations dont ils avaient besoin à ce sujet. Plusieurs mois avant la mission, des expositions ont été ainsi organisées pour faire découvrir aux Marocains sa nature, ses diverses implications scientifiques, ainsi que les plus pointus de ses aspects techniques”, nous dit notre interlocuteur qui ajoute: “L’ambiance dans l’ambassade était très joviale, les différents employés se sont réunis autour de la télé du hall pour suivre ce moment historique où les Etats-Unis se positionnaient comme leader de la recherche spatiale dans le monde”. 
Au-delà de la simple fascination pour une mission hors norme, l’intérêt porté par  le Maroc à Apollo 11 inaugure une sorte d’engagement du Royaume en tant qu’appui logistique à la recherche spatiale. Des accords sont ainsi signés avec la NASA pour la mise en place de pistes d’atterrissage de secours au Maroc, principalement à Ben Guerir, autrefois une base aérienne américaine. En vertu de ces accords, le Maroc accueille deux zones d’atterrissage d’urgence dédiées à la mission “Challenger”. La première, en 1986, se situait à Casablanca, tandis que la deuxième zone se situait à Benguerir et a existé de 1988 jusqu’à 2002. L’ouverture de ces pistes aux visites des jeunes générations avec des expositions d’images et de documents d’archives, serait une bonne idée à explorer, ne serait-ce que pour insuffler cette dose d’imagination et de rêve qui nous fait actuellement cruellement défaut.  
Hajar LEBABI




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Hassan II sur la lune
 
Sans doute fasciné par le sujet, mais certainement conscient de son poids politique en sa qualité d’homme d’Etat visionnaire, Hassan II avait porté beaucoup d’intérêt à la mission Apollo 11. Depuis le début du projet jusqu’à son achèvement, le défunt monarque n’a pas hésité à montrer son implication et son soutien aux Etats-Unis dans leurs réalisations. La NASA avait décidé de demander aux pays de rédiger des messages de bonne volonté qui seront par la suite rassemblés dans un petit disque de silicium qui, à son tour, sera déposé sur la Lune. Hassan II n’a pas raté cette occasion, il a rejoint 72 chefs d’Etat de l’époque dont les messages étaient gravés sur le disque, et a envoyé un message au nom du peuple marocain et dont voici la consistance: «Sa Majesté le Roi Hassan II et le peuple marocain souhaitent se joindre aux autres nations du monde pour saluer le courage des premiers hommes à poser les pieds sur la Lune dans un esprit de paix pour toute l'humanité. Que cet esprit de paix imprègne la Terre et que l’avancement de la science enrichit la grande fraternité des Hommes». Le drapeau du Maroc figurait également parmi  les drapeaux de 136 pays emportés vers la Lune et ramenés par la suite sur Terre, à bord du vaisseau spatial. Après la fin réussie de la mission, Hassan II a tenu à adresser un message officiel de félicitations aux États-Unis.



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Appollo 11 vu par Allal El Fassi

Allal El Fassi, père fondateur et idéologue du Parti de l’Istiqlal, en homme politique très éveillé, avait fait une déclaration officielle et exclusive à l’agence « Maghreb-Arabe-Presse » suite au succès de la mission. Il a ainsi déclaré :










« En vérité, cet exploit peut être considéré comme un progrès extraordinaire sur le plan scientifique, spirituel et humain. Le cœur et l’esprit de tous les hommes étaient fixés sur la mission des trois cosmonautes, considérant leur succès dans l’alunissage comme une victoire de toute l’humanité.» M. Allal El fassi poursuit: « Cette gloire pour les trois cosmonautes et cet éclatant succès pour les recherches scientifiques américaines constituent une page d’or dans les efforts entrepris par l’homme pour la découverte de l’inconnu».

22/7/2019
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 La mode des caméras embarquées dans les voitures
Dashcam, le nouveau compagnon de route des automobilistes
Elles sont le nouveau gadget en vogue chez les automobilistes. Comme des témoins oculaires « numériques »,
les caméras embarquées dans les voitures s’érigent en nouveau moyen de régler des litiges dus aux accidents de la circulation ou d’épingler des coupables en cas de délit de fuite.

Lionel ATOKRé 

Effet de mode ou accessoire utile De plus en plus d’automobilistes se sont laissés tenter par l’envie d’installer une caméra dans leur voiture. Pour avoir l’air plus cool au volant Pourquoi pas. Pour plus de sécurité Sans doute. Généralement appelées des « Dashcam », ces caméras sont vendues dans les magasins spécialisés en équipement automobile. On les trouve aussi sur les sites de vente en ligne d’accessoires pour voitures. Avec des prix compris entre 250 et 2000 Dirhams, la Dashcam est un produit accessible aux automobilistes. Plusieurs facteurs sont à la base de ce nouvel engouement pour la caméra embarquée. Elle peut servir à la surveillance du véhicule. Le fait de filmer son trajet permet à l’automobiliste d’en garder une trace filmée. Une vidéo que le conducteur peut, également, utiliser en cas d’accident ou de délit de fuite d’un chauffard. La caméra est comme un témoin oculaire, que l’on pourra questionner et utiliser comme preuve en cas de procès.

Daschcam, mode d’emploi

La Dashcam s’utilise comme une sorte de « boîte noire » pour voiture ou comme une caméra de surveillance. Elle se décline en plusieurs modèles, et de plus en plus de marques spécialisées en électronique s’y intéressent. Elles sont généralement petites, par souci de discrétion, et munies d’un écran LCD. En plus des caméras de recul, que les concessionnaires intègrent systématiquement aux véhicules neufs depuis au moins 6 ans, la Dashcam est aussi équipée d’une mémoire interne pouvant aller jusqu’à 32 Giga de capacité d’enregistrement. Ce qui correspond à plusieurs heures d’enregistrement. La prise en main de ces caméras est assez simple. L’automobiliste doit juste la fixer sur son pare-brise, avant ou arrière, pour ainsi obtenir des images de bonne qualité et filmer et enregistrer des vols ou des « car-jacking ». Elles sont capables de filmer, pendant de longues heures, tous les faits et gestes durant le trajet. Lorsque le véhicule est en stationnement, la caméra reste active.

Dans quel cas la loi permet l’utilisation des images filmées par une Daschcam

Si les caméras embarquées semblent être le nouveau moyen de sécuriser son véhicule, leur utilisation soulève, tout de même, des questions, notamment celles se rapportant au droit à l’image. Au Maroc, la loi 09-08 de 2009 est celle relative à la « protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel ». L’argument soutenu par les sites de vente des caméras embarquées est celui selon lequel les images filmées par ces caméras sont tout à fait légales dans la mesure où les images sont utilisées à des fins personnelles. « Les caméras dans les voitures sont ce que l’on appelle des « caméras silencieuses ». Pour la loi, elles se situent dans la même catégorie que les caméras utilisées pour sécuriser les banques, les habitations… », nous dit Maître Saâd Sahli, avocat au barreau de Rabat. « Elles peuvent donc être utilisées comme pièce de justification ou preuve en cas de procès, ajoute l’avocat. Mais pour que des enregistrements vidéos filmés par une caméra embarquée soient versés au dossier comme preuve, l’automobiliste doit au préalable faire une déclaration de traitement des données personnelles auprès de la Commission nationale de contrôle et de protection des données à caractère personnel (CNDP). De plus, le véhicule doit être doté d’un autocollant, stipulant que la caméra dans la voiture est utilisée à des fins personnelles.
A ce niveau, la loi est claire. Mais il y a tout de même des limites. « Dans la loi, l’on part du principe de la bonne foi. Voilà pourquoi les images filmées par une caméra de voiture sont acceptées. L’automobiliste n’a pas l’intention de diffuser ces images sur les réseaux sociaux », explique Saâd Sahli. Dans ce cas, les images ne sont pas recevables et l’auteur des images s’expose à des sanctions pénales.
Lionel ATOKRé

9/7/2019
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