Directeur : Jamal HAJJAM           Redacteur en Chef : Ahmed NAJI
  Nationale     Sport     Economie     Culture     Cinéma     Environnement     Dossier     International  
  Divers   |   Femme   |   Régions   |   Tribune du Consommateur   |   T.Continent   |   Informations utiles   |   Tarif publicitaire   |
    Du fait de récoltes mondiales favorables : L’indice FAO des prix alimentaires à son plus bas niveau en six ans...      11ème Réunion de haut niveau Espagne-Maroc : Rabat et Madrid pour plus d’échanges commerciaux ...  
 
 
 
        Culture
 
Deuxième édition du Carrefour d’artistes à Essaouira : L’art et le patrimoine comme thématique d’une riche rencontre

Par Ahmed TAREK

Dans le cadre de ses activités artistiques et d’animation de la dynamique culturelle à Essaouira, la Galerie la Kasbah a organisée récemment une manifestation autour du thème « Souffle du patrimoine dans les arts plastiques au Maroc », intégrant exposition d’artistes peintres Marocains, d’ateliers d’art et d’une table ronde pour débattre et échanger entre artistes, associatifs et chercheurs.
Le vernissage de cette exposition a eu lieu à la Galerie la Kasbah le vendredi 29 mai à 18h, en présence d’artistes venant de diverses villes du Maroc, en plus de la participation des artistes d’Essaouira.
Originaires de Rabat, de salé, de Fès, de Marrakech ou de Casablanca, ces artistes sont venus faire voir à la Kasbah leurs œuvres où se manifestent pleinement le souffle du patrimoine, matériel ou immatériel, en évoquant divers thème concernant la nature, la calligraphie, la vie sociale, les traditions ou l’esthétique de l’architecture marocaine. Ont participé à cette exposition : Khadija Fahli, Aziz Tounsi, Mohamed Mazouz, Ali Mimoun, Aziza Elaabidi, M’Hmed Boussaboune, Omar Belghiti, Mostapha Rhommani, Chenaai Aomer, Rachid Benabdellah, Mohamed Tabal, ainsi que le défunt Abderrahman Ziani dont la présentation des œuvres ont rappelé l’hommage rendu aux immortels d’Essaouira. Durant ce moment d’animation, d’appréciation artistique et d’échange, ce vernissage s’est ouvert également à la présence d’artistes et d’associatifs d’Essaouira, en plus de visiteurs, Marocains ou originaires d’autres pays.
Cette rencontre a été organisée grâce au choix et à la volonté de Kebir Attar (Directeur de la Galerie la Kasbah), et a connu un succès grâce à la contribution de la Délégation Provinciale de la Culture, de l’Association Essaouira Mogador, du Musée Sidi Mohamed Ben Abdallah, du  Mouvement Marocain des Artistes Plasticiens  Sans Frontières et de la Galerie Othello –Essaouira.
En plus de cette singulière présentation des œuvres des artistes participants, cette manifestation a connu également l’organisation de deux ateliers de peinture : le premier, animé par Mostapha Rhommani, s’est déroulé à la terrasse de la kasbah, où ont travaillé sur place les artistes Aziza Elaabidi, Khadija Fahli, Aziz Tounsi, Mostapha Rhommani et Chama Attar , et le deuxième organisé en faveur des enfants à la place du Menzeh avec la participation des artistes participants et animé par Omar Beklghiti. Pour le débat et la construction d’une certaine conscience à l’égard de la problématique de « la manifestation du patrimoine dans les arts plastiques au Maroc », une table ronde a été présentée par Chama Attar, avec l’intervention des artistes chercheurs Pascal Amel et Ahmed Harrouz, ainsi qu’avec la participation des divers artistes exposants et des passionnés de la question artistique à Essaouira, où le débat s’enchaine durant les différentes manifestations culturelles de l’année.

8/6/2015
Lu 210 fois
| |
 
Vous avez dit cinéma surréaliste

Par RAZAK (Ecrivain, peintre)

Il y a peu d’ouvrages d’analyse sur les accointances entre le surréalisme, en tant que mouvement d’avant-garde esthétique et le cinéma. Un tel courant de pensée nourri de mille ardentes nouveautés et qui dans sa ligne d’assaut s’attaquait à tout ce qui sommeillait ne saurait négliger le 7e art, domaine aux innombrables confluences et répercussions. On sait que les deux préférés des surréalistes étaient Eisenstein et Luis Buñuel. L’influence du groupe surréaliste était perceptible à travers les débats d’idées que suscitaient certaines productions cinématographiques. Il y en avait de plus virulents. Les critiques de cinéma d’obédience surréaliste avaient eu, au summum de cette époque d’effervescence intellectuelle, un grand retentissement. Robert Desnos en a formulé de plus sentencieuses. En écrivant qu’il préférait Louis Feuillade à l’Herbier, il avait jeté la pierre dans la mare. Ce qui mérite d’être souligné en passant, c’est que les critiques de cinéma qui se disant issus des survivances du surréalisme épargnaient les cinéastes gauchisants. Etait-ce par sympathie idéologique ou par excès de complaisance

Une horreur de la répétition

Le cinéma surréaliste est très difficile à concevoir puisque, comme ingrédient de base, l’automatisme inspiré de la doctrine psychanalytique freudienne, qui met en exergue le langage de l’inconscient, lui manque. Or, la spontanéité créatrice est un pilier du surréalisme. On peut rédiger des poèmes automatiques, mais une scène cinématographique, ça se travaille sans cesse et elle trouve sa quintessence dans les répétitions. Il est difficile de représenter par le truchement de l’image instantanée le fonctionnement réel de la pensée et des rêves. Or, le concept d’André Breton a horreur de la répétition et de la redondance. Ceci concerne bien évidemment la forme, reste les points de vue et les commentaires que l’on fait après visionnage des films. Si Luis Buñuel avait réussi à séduire les surréalistes, c’était parce qu’un des peintres surréalistes collaborait avec lui. Il s’agissait de Salvador Dali. D’ailleurs, le tandem n’avait pas fait long feu. Une discorde avait éclaté entre les deux Espagnols et avait mis un terme à leur amitié. Pourtant, malgré la carence, certains films sont répertoriés dans ce qu’on appelle le ’’cinéma surréaliste’’. On peut en citer les plus représentatifs : La Coquille et le Clergyman dont le scénario est l’œuvre d’Antonin Artaud. Le Sang d’un poète de Jean Cocteau , Un chien andalou de Luis Buñuel et Salvador Dalí et puis L’Étoile de mer de Man Ray
Cependant, si la production de films dits surréalistes semble dérisoire, la cinéphilie a été fortement secouée par la critique surréaliste. Au sein des revues spécialisées (Les cahiers de cinéma, Positif…) on trouvait des plumes si dévouées à la cause, mais malheureusement, ils n’avaient pas trouvé de Lautréamont du cinoche pour en faire l’apologie dans les règles. La conquête du théâtre par les surréaliste s’était effectuée sans difficulté, mais certaines pièces comme celles qu’Artaud a montées avaient créé une controverse sans précédent, à tel point qu’André Breton, mis en colère par la réaction du public, rédigea dans son manifeste de 1929 une phrase guerrière qui, prononcée aujourd’hui, pourrait s’apparenter à un mot d’ordre insurrectionnel dont les anars feraient grand tintamarre:
« L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu’on peut, dans la foule ». * 

8/6/2015
Lu 179 fois
| |
 
Chahidi expose à la nouvelle galerie «  Chilham » : «Femme, femme, femme »

Par Abderrahma BENHAMZA (Critique d’art, poète)

La nouvelle galerie casablancaise «  Chilham » (205, Bd Mostapha El Maani) inaugure son cycle des événements artistiques et culturels par l’exposition individuelle de l’artiste plasticien Abdel-Ilah Chahidi dont le vernissage aura lieu le mardi 16 juin courant à 18h30.
Placée sous le signe «  femme, femme, femme », cette exposition nous invite à contempler les facettes les plus représentatives de la peinture onirique de l’artiste peintre qui s›inscrit dans une actualité intemporelle.

Chahidi le magicien

L’art pictural d’ Abdel-Ilah Chahidi a suivi dès le départ un cheminement personnel, marqué par une sérieuse et continuelle prospection des formes et une expérimentation/instrumentalisation scrupuleuse des couleurs. Sur ce plan, en plus d’une maîtrise du dessin acquise à titre préliminaire, il a développé une sensibilité aux tons et aux nuances aujourd’hui digne d’admiration parce que d’une grande délicatesse.
Le sens d’observation qu’il accorde à ses formes, aussi bien à propos de ses représentations de la femme qui est son thème essentiel : son visage, ses yeux, son corps dont la nudité vise surtout à sa plastique (lignes courbes, mouvantes, rampantes, indéfinies, etc.), ainsi qu’à celui d’autres motifs « réalistes » (la colombe, les papillons…), anime sa composition d’une foule de vibrations lumineuses et révèle au regard les soubassements d’un imaginaire en perpétuelle exultation.
Comme chez François Rouan artiste connu pour son amour excessif du détail peint jusqu’à saturation, Chahidi travaille ses fonds à coups de touches et de jets de lumière qu’il soumet à des calibrages singuliers. C’est à une véritable opération de fouilles qu’il s’attelle, comptant sur les hasards anecdotés de la matière, ses impacts minéraux et les brillances tactiques qu’elle génère. Le traitement du fond concerne tout l’espace de la toile, une sorte d’all over concerté, entamé de manière stratégique et dans une concentration tensionnelle ; on sent que l’artiste va au devant de tous les risques du métier : maladresse, improvisation, impertinence…, mais qu’il finit toujours par en triompher. Prise à l’état brut la matière, il le sait, est rétive et il faudra à Chahidi toute sa finesse sensitive pour la plier à ses exigences créatives. Le grand artiste français Gérard Garouste ne procède pas autrement. Comme Chahidi, il sait que l’œuvre d’art est par hypothèse un monde clos dont il s’agit de lever un à un les voiles qui l’occultent. L’élément « intuition » est alors de mise pour en pénétrer les arcanes et la rendre « visible » au sens où l’entendait Paul Klee.
L’œuvre de Chahidi se donne ainsi comme une suite d’essais portés par la même passion, essais d’une vaste entreprise de découvertes et de démystification (au sens de dévoilement). Démystification d’une femme particulièrement présente, inspiratrice majeure, à la fois fuyante et métamorphique - ce qui est un de ses attributs symboliques - ; surtout démystification de sa genèse : femme apparemment surgie d’un conglomérat de matières liquides, minérales, végétales, d’étranges sédimentations amorphes qui restent toutes emblématiques, auxquels l’artiste insuffle vie et sens. Ce qui nous vaut cette panoplie de figures et d’attitudes pleines d’énergies fantastiques, ces couleurs rares qui chatoient, innervées d’ondes lumineuses, irradiantes, ces rapprochements surréalisants de contrastes, « conflits de matières » comme les qualifie Chahidi. De sorte que certains tableaux vus le jour voient leur aspect complètement transformé la nuit, affichant de nouvelles gammes encore plus denses. Spectacle d’alchimiste, mu par une technique dont seul l’artiste connaît le fin mot. Une technique exceptionnelle à voir à la nouvelle galerie casablancaise «  Chilham » (205, Bd Mostapha El Maani).

8/6/2015
Lu 373 fois
| |
 
Salim ou la lumière en majesté

Par Madiha BENDAHOU

Salim ou la victoire de l’endurance mise en lumière. Le chemin parcouru par Salim fut parsemé d’embûches .Dans sa campagne natale, où il rentrait les yeux pleins de rêves d’être reconnu à la mesure de son talent, période décisive où il dut relever un défi, son défi, sa raison d›être. Comme de grands artistes autodidactes, il l›a relevé, il s›est relevé, il s›est révélé être un portraitiste hors norme, maître dans l›art de capturer des moments de scènes de vies ordinaires qui. sous son pinceau, se transforment en scènes captivantes. Ses tableaux sont de véritables sources où jaillit la lumière, qui vous attire, vous éblouit et vous entrez dans son monde.
Les œuvres de ce jeune peintre dégagent une magie, une lumière tant interne qu›externe qui inonde la toile c’est in admirateur de Bertucci et sans renier cette filiation, il a su trouver sa propre empreinte Son œuvre révèle une sensibilité alimentée par des techniques qui n›acceptent aucune contrainte.sa touche nous livre un message sur le trésor que représentent les scènes de vie à la campagne pour tout amoureux de la nature. Artiste au don indéniable, il entraîne par sa gentillesse, sa modestie, sa disponibilité .Cet homme simple reste discret, authentique. Salim a su dompter la lumière.Havre de paix incitant l›âme a des sensations dans un monde de lumière et d›espoir, là où se trouve l’absolu pureté de l’univers de la peinture. Salim, c’estla lumière au bout du pinceau. Ce jeune peintre déjà une longue carrière derrière lui. Pendant 15 années, cet autodidacte s›offre comme maîtres Bertucci et Etienne Dinet, véritables initiateurs qui l’entraînent vers sa propre touche impressionniste.
Fascine par l›observation quotidienne des scènes de vie de sa campagne qui lui dicte ses choix de thème .IL se laisse entraîner par le mariage heureux d›une lumière particulière, d›une expression, d›un geste inéluctablement nait sous son pinceau qui est la prolongation de sa main, l›expression de l›émotion et sa technique expressive, qu›il s›agisse d›une nature morte, d›un paysage et, surtout, d›un portrait. Salim excelle dans une aisance technique rare. Sa peinture évolue sereinement, dessinant le chant libre aux émotions. Etre spontané à la communication facile, sa modestie naturelle n›a d›égale que son don. Son talent bâti à force de persévérance, ce don sa simplicité l›ont préservé dans son authenticité

8/6/2015
Lu 216 fois
| |
 
Hassan Bouhia : « Tout art n’est pas de tout repos ! »
A propos de l’artiste Hassan Bouhia, l’approche de Daniel Couturier, critique d’art français et vice-président de l’académie des sciences -belles lettres-arts d’Angers s’inscrit dans une forme évaluative ayant trait aux profondes questions que tout artiste s’est posé ou se pose relativement au pourquoi réel de ce qu’il fait comme art et à ses objectifs sociaux et esthétiques. Une approche qu’on pourrait comprendre comme une espèce de diagnostic implicite, qui pourrait lever le voile sur la réalité des soucis existentiels propres à la création, sa nécessité dans le temps et l’espace. Approche qui reste édifiante en son genre et qui est non exempte d’une certaine sympathie, comme la définissait Guillaume Apollinaire défendant les peintres cubistes au début du 20ème siècle.

Par Daniel COUTURIER

Doit-on s’étonner qu’un peintre ait, en plus de sa sensation des couleurs, un cerveau, des idées, des convictions, une personnalité sociale  La technique n’est pas tout, le métier importe peu et il y a joie pour le critique à rencontrer derrière l’exécutant…un homme. Ce me fut un grand privilège de rencontrer l’œuvre du peintre Hassan Bouhia dont la trajectoire artistique de fit hors du commun.
Certes Hassan Bouhia, ingénieur TP de haut niveau, à toujours peint et s’est adonné au dessin depuis sa prime jeunesse, mais il n’y avait en lui aucune intention d’aller vers le public sinon il fait partager sa passion à quelques amis et ce n’est qu’a partir de 2007 qu’il expose à Laâyoune à l’ occasion de l’anniversaire de la Marche Verte. C’est à l’occasion de l’exposition d’une collection de paravents contemporains sous l’égide du Ministère de la Culture à Meknès, Rabat puis Casablanca qu’il prit conscience que sa technique si particulière en s’intéressant à ce nouveau support, (il se plaisait à tracer des lignes noires sur une surface blanche dont il avait inventé la craquelure en laissant sécher une forte couche de matière au soleil), pouvant prendre un relief particulier et convenir à ce meuble/ peinture posé par terre et peu exploité.
Il réalisa donc un paravent qui fut exposé pour la première fois à Meknès puis dans le foyer du théâtre Mohamed V à Rabat en décembre 2011.
Remarqué par la critique et cité comme le seul peintre pouvant se réclamer du mouvement musicaliste (article du 2 Novembre 2012 dans l’Opinion) ce mot « musicaliste » retint l’attention de Didier Vallens neveu du peintre Henri Valensi, qui attendait une opportunité pour relancer l’œuvre de son oncle qui fonda en 1928 avec le Tchèque Kupka et les peintres Picabia et Marcel Duchamp le célèbre mouvement et en rédigea la charte.
Très rapidement, Didier Vallens organisa le 14 décembre suivant une réunion très parisienne, à laquelle fut invité Hassan Bouhia, et qui eut un grand retentissement. La réunion attira l’attention du conservateur des collections contemporaines du Centre Pompidou présent à cette manifestation, et qui, séduit, réserva à l’œuvre de Valensi ainsi redécouverte une salle particulière dans le cadre d’une exposition intitulée Modernités plurielles de 1905 à 1970 ( qui dura jusqu’au 26 janvier 2014).
Accompagnant cette exposition dans l’exposition, un catalogue sur l’œuvre d’Henry Valensi a été publié par l’Association des Amis de Valensi sous la plume de Marie Talon ; on y lit dans l’introduction : « Daniel Couturier témoigne de la longévité du musicalisme. Daniel Couturier, qui défend l’œuvre du peintre Marocain Hassan Bouhia écrivit que ce dernier est bien le continuateur du mouvement musicaliste de Valensi », ajoutant : « pour célébrer le centenaire de la naissance de ce mouvement artistique majeur (section d’or) qu’aucune galerie ou institution n’avaient eu l’idée et les moyens de prendre en charge et que la presse marocaine mobilisée par Hassan Bouhia et Daniel Couturier a contribué a célébrer dignement. Voilà un beau compliment parisien ! ».
C’est dire l’importance pour le Maroc de l’œuvre du peintre Hassan Bouhia, qui trouve là-même une notoriété reconnue, s’appuyant sur le contexte d’une exposition prestigieuse et de renommée mondiale. Une œuvre que l’on appréhendera désormais et maintenant avec un tout autre regard.
Intéressante l’attitude de l’ingénieur vis-à-vis de l’architecture ! C’est ainsi que Tannis Xénakis, collaborateur de Le Corbusier vit une relation étroite entre la musique et l’élaboration sur plan d’un bâtiment, écrivant : «  J’ai eu la surprise de constater que la manière de Le Corbusier abordant les problèmes était comparable à ce que je faisais moi-même comme musicien ». L’ ingénieur qu’est Hassan Bouhia en avait eu l’intuition.
Mais cette fulgurante reconnaissance, si elle combla l’artiste, entraîna l’homme dans une phase d’excitation puis de doute de lui-même.
Découvrant les crayons feutres et disposant par là-même d’une infinité de coloris, Hassan Bouhia se mit à dessiner avec une frénésie d’une intensité étonnante, produisant plusieurs dessins par jours jamais semblables et dont l’infinité de combinaisons révélaient bien la capacité imaginative de leur auteur.
« Il y a, écrivit Charles Bendoin, une énergie psychologique … ; nous avons des tendances personnelles se déplaçant, se clarifiant, s’obscurcissant, voyageant de la conscience à l’inconscience et se manifestant par des effets. L’intelligence façonne les choses à son image et elle les garde véridiques. Elle n’en prend qu’une idée qui lui est propre et ne saurait prétendre ni à la découvrir dans le principe ni à l’ordonner dans un cadre définitif, l’homme tient dans le monde une place à part qui le restitue à son mystère. »
Dans toute cette période, Hassan Bouhia se plut à envoyer chaque jour par mail à tous ses amis et amateurs le fruit de ses travaux, cherchant à faire partager sa passion. L’être s’accroît surtout de ce que lui apporte la vie courante et l’on sait que la condition première du progrès de la pensée est l’exercice de la pensée à ce qu’il se vouait à faire.
Mais, en s’exerçant ainsi journellement, l’artiste cherchait aussi le geste mécanique lui laissant la liberté et l’imagination, mais aussi le réduisant à lui-même, à son présent, à ses besoins. Voyant ainsi ses forces spirituelles se tarir, alors surgit le doute qui arrive lorsque l’esprit s’abandonne.
André Masson dans « Plaisir de peindre » a écrit : « La démesure a deux manière de s’exprimer, l’une conduit au vague, à l’évasif, l’autre à la pure et simple incertitude, c’est cette incertitude qui vient frapper l’artiste et annihiler son vouloir de peindre, qui se voit avec angoisse devenir solitaire et désemparé. »
C›est-à-dire aussi qu’il n’y a d’inquiétude que religieuse puisque celle-là seule met en question la destinée totale de l’être, et là aussi je suppose qu’Hassan Bouhia se vit confronter à cette inquiétude-là.
A la suite d’un voyage en Afrique Centrale où il découvrit une autre manière de vivre, un autre graphisme qui l’influença un temps, du jour au lendemain cessèrent passion et frénésie pour laisser la place à un long silence.
L’automatisme à la longue ne peut qu’être dissolvant, si inconsciemment le peintre le prend pour une fin. La matière a sa résistance, et croire qu’on peut la vaincre, c’est la nier, cela aboutit à la mystification de soi et lorsqu’on s’en rend compte force est de constater qu’on se trouve dans une impasse désespérante…Hassan Bouhia s’est alors interrogé sur le but de l’action impérative du fait de peindre.
L’homme en est là, reprenant son souffle, rééquilibrant sa vie d’ingénieur se cherchant un compromis satisfaisant entre travail et art.
Il a compris qu’il serait dur de vivre sans le secours d’un scepticisme indulgent. Parmi tant d’heures qui semblent perdues à se voir s’épanouir dans l’art, il en est une où la vibration des formes et des couleurs, l’harmonie infinie des rapports entre tout ce qui est, va apparaître, et c’est de vouloir fixer le souvenir de ce nouvel enchantement que, rassurés, le peintre et l’ homme vont de concert nous recompter une belle histoire, exprimer à partir de la matière ce qui suffit à la joie des yeux, et à la barbarie d’une société éprouvante substituer un ordre humain que la religion chez l’artiste sublimise.

8/6/2015
Lu 285 fois
| |
 
El Jadida : L'artiste Hicham Bahloul à la clôture du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse

La médiathèque Driss Tachfini, en partenariat avec l’Association des Amis de la médiathèque et la délégation régionale de la culture région Abda-Doukkala, a organisé du 8 au 17 mai en cours, la 2ème édition de la foire du livre et de la presse jeunesse sous le thème: " Eclairons notre vie par la lecture". Une manifestation culturelle qui a drainé cette année  des centaines d'enfants et de leurs parents et tuteurs au superbe espace de la médiatheque Tachfini. La deuxième édition qui fut d'ailleurs une réussite à tout point de vue coincide avec la journée mondiale du livre et celle nationale de la lecture. Le but majeur est  de rapprocher le livre de l’enfant, mais aussi d'initier les enfants à diverses activités, pour les amener à découvrir et aimer la lecture, explique Abdellah Slimani,  directeur de la médiathèque.
De nombreux invités de marque, aussi bien des professionnels ayant pour dénominateur commun, leurs passion et dévouement pour le livre au Maroc, ont été conviés à ce Salon.
La médiathèque et le parc Hassan II ont été durant une semaine le théâtre de nombreuses activités conçues à cette occasion. Entre autres, une foire du livre, exposant les dernières nouveautés mise sur le marché, rencontres avec des auteurs de livres pour enfants, séances du conte et organisation d’ateliers. Tout cela dans une ambiance bon enfant imprégnée de joie et gaieté.
La journée de la clôture à été marquée par des séances de lecture données par l'artiste populaire Hicham Bahloul, en faveur des enfants. Le dialogue innocent engagé par la suite entre ces derniers Hicham,  un moment de bonheur, fut la cerise sur le gâteau de cette 2ème édition de la Salon du livre et de la Presse J

8/6/2015
Lu 306 fois
| |
 
 
 
   Autre
 


Sociétés de personnes non-résidentes : Pas d’obligation légale d’information sur la propriété des parts
Les concernés et comment se faire enregistrer
BREVES
Ciné - zoom : Les dialogues de films

  
 
  La une en PDF
 
  Editorial
   
  Dossier
   
   
  Chronique
 
Informer ne veut pas dire influencer: Quand la chaîne de télévision publique France3 se fait la caisse de résonance des détracteurs du Maroc
Yasser Ayoubi

Fonctionnaires et autres employés, vous êtes avertis : M. Benkirane vous dit qu’il n’y aura pas d’augmentation de salaires

Ahmed NAJI
 
  Télégramme
 
 
   
   Articles les plus lus
 

 L’autisme incarné dans un nouveau film, « Le monde de Nathan» : Sans diagnostic, on est encore plus autiste
 Informer ne veut pas dire influencer: Quand la chaîne de télévision publique France3 se fait la caisse de résonance des détracteurs du Maroc
 Marrakech: Un lycée qualifiant arbore le nom du Faquih Mohammed Binebine
 Sidi Kacem : Santé : L’INDH, vecteur de développement
 Ciné - zoom : Les dialogues de films
 Ciné - star : 10 choses que vous ignorez peut-être sur ...  : Christopher Lee
 Expulsion d’une ressortissante espagnole venue “parrainer des actions non autorisées”
  Béni-Mellal-Khénifra: 1er Congrès international polydisciplinaire sous le thème : « Les enjeux stratégiques du développement durable en Afrique »
 Les concernés et comment se faire enregistrer
 Sociétés de personnes non-résidentes : Pas d’obligation légale d’information sur la propriété des parts


© Copyright 2009 L'opinion
Avenue Hassan II Lotissement Vita - Rabat Tél : 05 37 29 30 02/03/04/06 Fax : 05 37 29 39 97 E-mail : lopinion@lopinion.ma
Réalisé par Widesoft Systems