Directeur : Jamal HAJJAM           Redacteur en Chef : Ali BENADADA
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        Culture
 Le prix du MEN pour le meilleur film professionnel…
Pourquoi pas au Maroc 

Youssef Ait hammou Université Cadi Ayyad-Marrakech

Depuis 2003, le festival de Cannes (France) est associé à un prestigieux événement culturel et pédagogique, très peu médiatisé certes, mais qui mérite qu’on s’y intéresse de plus près au Maroc.
Il s’agit du prix de l’Education Nationale qui permet de récompenser, chaque année, un film de la sélection officielle de Cannes qui présente des qualités pédagogiques, culturelles et artistiques notoires. Le film distingué bénéficie d’une vie pédagogique d’une durée indéterminée : il est inscrit dans le programme des lycées et collèges avec un outil pédagogique approprié composé du DVD du film et d’un dossier d’accompagnement. C’est ainsi que cette récompense a été décernée à des films comme Le ruban blanc de Michael Haneke, Elephant de Gus Van Sant et La vie est un miracle de Emir Kusturica, etc…
Selon Christine Juppe Leblond, inspectrice générale en charge du cinéma et de l’audiovisuel, le prix de l’Education Nationale choisit de gratifier un film de Cannes digne d’un « un intérêt d’un point de vue pédagogique d’une part et d’un point de vue artistique d’autre part », sachant que le cinéma constitue un formidable support de travail sur « l’esthétique, sur l’économie, sur la politique et sur la marche du monde… ».
C’est sans doute là une idée qui, si on s’en inspire au Maroc, pourrait avoir des retombées bénéfiques à la fois pour le secteur éducatif et pour les domaines du cinéma et de l’audiovisuel.
On sait très bien que le MEN est déjà inscrit dans une politique favorisant l’éducation à l’audiovisuel dans l’ensemble du territoire pédagogique marocain , et cela au travers de certains leviers de la Charte de l’éducation et de la formation, notamment le levier 10, des différents festivals du film éducatif, des différents concours de films universitaires, et par le biais de l’encouragement de formations professionnelles dans le domaine de l’audiovisuel et de la création de ciné-clubs scolaires… Et, il est tout à fait certain que les responsables actuels du CCM accordent une place particulière à l’encadrement pédagogique des jeunes dans les différents domaines cinématographiques. Et on sait enfin que la principale forme artistique prisée par les élèves marocains est composée de films et d’images animées.
Voici, en quelques lignes, les enjeux et les raisons majeures qui pourraient être évoquées pour justifier un ou plusieurs prix de l’enseignement marocain pour récompenser des films marocains ou étrangers dont les qualités pédagogiques, culturelles et artistiques sont en adéquation avec la politique et le credo éducatifs marocains. Le prix peut prendre plusieurs formes : soit un prix national du ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique , soit des prix décernés par les académies et les universités des différentes régions du Royaume.

1-Contribuer à l’éducation du regard et du goût :
On ne cessera de le répéter : le Maroc est quotidiennement et massivement submergée d’images venues de toutes parts et il existe un réel engouement de notre jeunesse pour les images. Le cinéma, le multimédia sont devenus les principaux vecteurs de la pratique culturelle et artistique des jeunes marocains. On en déduit donc que de la rareté des images (fixes et mobiles) des années 70, le Maroc est passé brutalement à la profusion extraordinaire des images, à la pléthore illimitée des objets iconiques…Ce changement de médiasphère crée, on n’en doute pas, une réelle boulimie culturelle et une situation de gobage et de gavage médiatiques sans aucun espoir de mâchage et d’arrêt sur images. Les enfants de l’image, de la télévision et des jeux vidéo sont désormais habitués au zapping, à la mondialisation de la lucarne, à l’hypermédia sans limites, à l’effleurement du sens, au nomadisme visuel et sonore ; ils frôlent l’errance visuelle sauvage sans régulation ni repères stables. C’est sans doute ici que doit intervenir l’institution pédagogique. Qui peut mieux que l’Ecole faire des arrêts sur image, développer le sens critique et distancié, rendre les images intelligentes et intelligibles, favoriser la distinction entre le bon grain et l’ivraie  Qui peut mieux que l’Ecole inculquer aux jeunes qu’un film n’est pas seulement un objet de divertissement et qu’il est aussi un formidable vecteur culturel  Qui peut mieux que l’Ecole favoriser « al bassira » et non seulement le simple « bassar »  Qui peut mieux que l’Ecole inciter à l’adoption d’attitudes en faveur de la rétention de bribes d’idées face à la tyrannie de l’éphémère, de l’oubli et du jetable  Nos jeunes ont besoin d’apprendre à choisir, à élaguer et à mieux s’orienter dans les dédales audiovisuels (les fils d’Ariane sont nécessaires aujourd’hui) où chaque image donne l’appétit d’autres images beaucoup plus séduisantes, beaucoup plus attrayantes, où chaque image donne le vertige en se faufilant insidieusement dans la mémoire et dans les mœurs. Comme l’écriture, le calcul, l’image s’apprend.
Apprendre à choisir, c’est aussi apprendre à apprécier (à goûter) les chefs d’œuvres cinématographiques et à les intégrer dans un discours cohérent et conséquent ! Le système éducatif est appelé à s’intéresser de plus près à l’univers de la pratique culturelle la plus dominante pour les jeunes marocains.
D’un autre point de vue, il peut être facilement démontré que le mariage entre le cinéma et l’Ecole peut contribuer à résorber la délinquance audiovisuelle qui gangrène aujourd’hui l’univers des enfants marocains et à réduire les situations de pollutions culturelles et artistiques dont pâtissent nos jeunes. La répression dans ce domaine n’est nullement efficace si elle n’est pas accompagnée d’une réelle stratégie de prévention, de dialogue, de réflexion en milieu scolaire !
Le MEN et le CCM sont appelés par la force des choses à s’unir pour modifier les comportements des jeunes et pour que le cinéma et l’éducation renforcent leur statut de leviers du développement. C’est dans ce sens que l’éducation à l’image peut favoriser la formation de la sensibilité, renforcer les compétences transversales et renouveler le public du cinéma.

2-Contribuer à stimuler des vocations dans les domaines du cinéma et de l’audiovisuel :
Les peintres en herbe ! Les poètes en herbe ! Les musiciens en herbe ! Les cinéastes en herbe ! C’est au sein de l’Ecole que germent les talents artistiques de demain ! Parler d’un film, remonter les images d’un film, découvrir une salle de cinéma, découvrir le plateau de tournage, rencontrer les professionnels, se familiariser avec les métiers du cinéma…voilà de quoi donner le goût de la création artistique dans le domaine des images ! Il ne s’agit certes pas de formation professionnelle ( ce qui est du ressort des études supérieures), mais de sensibilisation, d’initiation et d’approfondissement de la culture cinématographique !
De plus, il est clair que la programmation d’un film marocain (long ou court) dans le cursus de formation des jeunes élèves peut s’avérer un formidable levier pour le développement du secteur pédagogique.

3-Contribuer à la valorisation du cinéma marocain :
L’élan formidable que connaît le secteur du cinéma au Maroc exige l’implication de la raison pédagogique pour mieux l’accompagner, pour en tirer le meilleur et pour mieux en diffuser les bienfaits. La sélection d’un film marocain par une commission pédagogique aura, sans le moindre doute, des retombées bénéfiques aussi bien sur le film distingué que sur l’ensemble du cinéma marocain. A l’instar des chefs d’œuvres de la littérature marocaine d’expression arabe (Zefzaf, Laroui, Kilito, Ben jelloun, Berrechid, Kaghat….) ou française (Chraibi, Sefrioui, Khireddine…), les films de nos cinéastes marocains (classiques ou contemporains) ont eux aussi droit à la visibilité sur le territoire pédagogique, au prestige de figurer dans le curriculum des lycées et des universités et à la reconnaissance symbolique de paraître dans les programmes scolaires comme objets d’étude et d’analyse en classe. La liste des films marocains qui peuvent satisfaire les critères du MEN et qui sont susceptibles de figurer dans le cursus des élèves est désormais longue et ouverte !
Il faut le dire : il existe un patrimoine cinématographique et télévisuel marocain qui reste, malheureusement méconnu, voire méprisé par les jeunes d’aujourd’hui. Ces jeunes qui se sont fabriqués leurs grilles d’analyse filmique et de jugement esthétique de manière sauvage, non régulée à force de consommer des produits audiovisuels de basse qualité artistique et culturelle et sur des supports techniquement douteux (DVD piratés, Youtube, téléchargement illégal…).

4-Stimuler le partenariat entre salles de cinéma et établissements scolaires :
Quelle manne pour les salles de cinéma et les maisons de la culture si toute la population estudiantine s’approprie ces espaces culturels et s’y rend régulièrement ! Peut-on rêver de mieux que d’avoir des clients dont l’âge varie entre 15 et 25 ans et qui sont avides de cinéma et d’images 
Le public de la salle obscure et du grand écran s’éduque ! L’auteur de ces lignes se souvient du temps où , étant élève au primaire et au collège, toute l’école allait dans une salle de cinéma pour voir un documentaire généralement animalier ou un Charlot généralement divertissant. On apprenait la discipline, le rituel du spectacle en commun, le plaisir de l’image, le plaisir d’apprendre en se divertissant ! C’était la belle époque où la culture et l’éducation étaient les amies et les complices du cinéma et de l’art !
Il va sans dire que le prix du ticket de l’élève peut être subventionné par les organismes directement ou indirectement impliqués dans son éducation : les académies (dans le cadre du plan d’urgence), les associations des parents, les collectivités locales, les mécènes…L’argent investi paraîtra dérisoire relativement à l’impact psychologique et aux retombées culturelles de cette expérience.
L’éducation à l’image passe nécessairement par le travail sur le cinéma en classe. C’est sans doute pour cela qu’on peut évoquer également les opérations qui ont fait leur preuve en France et en Europe sous l’intitulé de « Ecole au cinéma », « Collège au cinéma », « Lycéen au cinéma » permettant aux jeunes de savourer les films du patrimoine et de découvrir les films récents…sur grand écran et dans une salle obscure !


Modalités de mise en place :

Il convient de dire que le succès du projet en question est tributaire de trois conditions :
d’abord la clarté des critères de sélection de l’œuvre filmique qui, toutes proportions gardées, sont approximativement similaires à ceux des textes littéraires : critères pédagogiques, esthétiques, culturels, linguistiques, éthiques…La notion de  « bon film » doit être clairement définie par les différents partenaires de l’opération afin de préserver l’exception pédagogique et de respecter la sacralité de l’œuvre filmique ! A la place de la culture des « extraits », on peut privilégier celle de l’œuvre intégrale et sensibiliser les élèves au respect de l’œuvre artistique dans sa globalité ! Le choix des films à primer peut s’opérer dans les différents festivals du Maroc, notamment celui de FIFM et celui du film marocain de Tanger !
-Ensuite, le jury : il peut être composé de professionnels du cinéma, de responsables du CCM, d’enseignants, de représentants du MEN, de représentants des associations des parents d’élèves, de psychologues et de sociologues…Un large panel représentatif de la population scolaire !
-Enfin, les supports de films : dans l’idéal, rien ne peut se substituer à la projection en salle sur grand écran avec le format 35mm ; mais, dans les milieux péri-urbains et ruraux, il est possible d’envisager des supports numériques (DVD, projection via satellite…). Mais la copie du film doit être impérativement accompagnée d’un dossier ou guide destiné à « accompagner la découverte et l’approfondissement d’une œuvre cinématographique » .Comme dans les ciné-clubs, cet outil pédagogique comportera des informations concernant la genèse du film, les fiches technique et artistique, le découpage séquentiel du film, une ébauche de l’analyse filmique (contenu, langage cinématographique, style…), les relations intertextuelles et intersémiotiques…

Le prix du MEN pour le/les meilleur (s) film(s) de l’année s’inscrit donc dans une politique éducative qui adhère à l’idée que l’éducation à l’image (et par l’image) est aujourd’hui incontournable et qui tente de concilier la raison pédagogique et la passion de l’art, en l’occurrence l’art cinématographique. Nos jeunes, grands consommateurs de films de tous genres, ont besoin d’épaisseur culturelle pour mieux décoder et décrypter les films et les images, de repères stables capables de valoriser le patrimoine audiovisuel marocain et de la connaissance des passerelles nécessaires et suffisantes qui relient la classe à l’univers de l’art et du savoir.
Le prix est un pari sur l’excellence, la transversalité, le transfert des compétences et la formation du bon goût. Devant un secteur en pleine expansion, le MEN ne peut rester en retrait. Le prix devra marquer le ferme volonté du secteur pédagogique de s’approprier le support et la culture cinématographiques.

Pour finir, il convient de souligner avec force que le prix du MEN n’entre aucunement en concurrence avec les prix déjà existants : le prix de la critique, le prix du public, le prix du jury…Loin de là ! Le prix du MEN vient compléter les autres distinctions avec une valeur ajoutée : celle du regard du secteur éducatif, pépinière pour le cinéma de demain et garant de la formation des citoyens de l’avenir!

14/5/2010
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  Mohammed Bajeddoub, une première consécration…
Après 45 ans de musique

Par Mounir SERHANI

« L’art est encore honoré » : ainsi répondit Mohammed Bajeddoub après avoir reçu sa carte d’artiste longtemps attendue et concrétisée sous le mandat de Tourya Jabrane à la tête du ministère de la Culture. Sa valeur esthétique est reconnue, son rôle culturel est récompensé.
Ma dernière rencontre avec El Hajj Bajeddoub a été sous le signe de la joie et de l’euphorie. Il s’est exprimé sur un ton heureux, à cœur ouvert même. Pourquoi pas, c’est lui l’artiste-chanteur qui, après quarante cinq ans d’art andalou et de travail acharné, vient de décrocher sa dite « carte d’artiste ». Cela pourrait paraître étonnant ou même insolite pour certains lecteurs, mais il n’en demeure pas moins que cette star attendait ce « papier » des années et des années. Il s’accrochait sans relâche à son art, la musique andalouse et sacrée dont il est amoureux, en silence sans demander aucun retour. Sa personnalité d’homme soufi modeste et humble ne daignait nullement, même dans les cas de pression ou de maladie. Nous n’avons qu’à citer à titre d’illustration ses deux ans d’hospitalisation où il ne pratiquait aucune activité d’autant plus que c’est de ses cordes vocales qu’il s’agissait.
C’est la première consécration qui montre que l’art demeure présent dans la culture du pays, et dans les échanges. Aujourd’hui, on consacre symboliquement un artiste marocain engagé à défendre la musique andalouse et la chanson religieuse depuis 1967. Bien que cette question de « carte d’artiste » semble simple et symbolique, et peut-être futile, elle était reçue de la part M. Bajeddoub par une grande considération et une appréciation si heureuse. 45 ans de travail d’arrache-pied ; Bajeddoub ne s’en lasse pas en dépit des écueils contre lesquels se briseraient les esprits les plus enthousiasmés. Tout ce qu’il produit et présente émane d’une seule source : la volonté et l’amour. C’est pour cette raison d’ailleurs que Soufisme et art sont pour lui des frères jumeaux ne se destinant jamais à une distinction ou à une séparation. Festivals, soirées, manifestations culturelles, tout verse dans le même sens : présenter un travail fini et une partition raffinée et innovée. Il est un homme qui travaille dur comme s’il avait des oursins dans les poches. J’ai vécu cela avec mes propres yeux. J’assistais à ses répétitions, et j’ai remarqué avec stupéfaction comment l’artiste peut être aussi enseignant et pédagogue. Dans ce sens, il reconnaît également la contribution du ministère de la Culture représenté par M. le directeur du conservatoire de Safi. «  Je tiens à signaler que M. Hassan Frier a mis généreusement le conservatoire à ma disposition et n’hésite à aucun moment de m’ouvrir les grandes portes. Et que puis-je dire maintenant que de le remercier à titre personnel en saluant cet acte large avec lequel il voit encore en moi le directeur de cet établissement. Oui, j’y ai exercé en tant que tel durant 25 ans. » En considérant mes questions comme signes précurseurs de l’absence ou du retirement artistiques, Bajeddoub a eu soudainement le réflexe de me répliquer : «  Il est vrai que j’ai longtemps vécu dans le silence et la solitude. Il est vrai aussi que je m’intéressais de très près à la mystique et que, pendant un certain nombre d’années, j’ai tenté avancer sur la voie de l’ascèse et de l’austérité. Mais ce que j’ai vécu et écrit est passé dans mes chants et mes refrains. Cette quête interminable touche à ses fins, heureuses, parce que je commence à vivre en tant qu’artiste par ces consécrations à bon escient. Je cite toujours ce dicton arabe : que dirais-je alors que le soleil effleure les bouts du palmier  C’est dire tout simplement que j’ai donné de mon mieux. Or l’effort personnel et l’innovation resteront perpétuellement jusqu’à mon dernier souffle. Travail, innovation et discipline sont mes mots de combat, ma devise prisée. » Et de si Mohammed Bajeddoub de me confier modestement, mais vivement, son vœu ultime ; d’être honoré par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Un rêve personnel qu’il cultivait depuis longtemps surtout pendant les deux visites royales de la ville de Safi. D’être présenté à Sa Majesté est pour lui une consécration sans exemple tant souhaitée d’autant plus qu’il est l’enfant de la Maison Royale qui ne cesse de le pousser de l’avant, de l’encourager, depuis ses premières apparitions.

14/5/2010
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  PEINTURE
Jamila Iloughmane, une autodidacte qui s’affirme

Par M’hammed MOUNIR *




L’artiste peintre Jamila Iloughmane vient d’exposer récemment ses dernières œuvres de peinture à la médiathèque de Meknès. Cette artiste, native de Marrakech, est informaticienne de formation. En effet, après des études primaires et secondaires au Maroc, notre artiste peintre se rendit à Toulouse, en France, pour y décrocher, après quelques années d’études, un diplôme d’informatique. Mais, comme dit l’adage arabe, les vents ne soufflent pas au gré des voiliers, la vie de Jamila allait prendre un tournant, plutôt insolite, après son retour au pays. Elle parvint d’abord à s’octroyer un poste dans l’administration marocaine, poste qu’elle ne tarda pas à abandonner pour s’adonner corps et âme à la peinture, sa passion et sa raison d’être, et entamer ainsi une carrière artistique professionnelle, elle, qui ne cesse de s’enorgueillir d’être autodidacte dans le métier. Cela ne l’empêchera pas de remettre cent fois sur le métier son ouvrage en quête d’un niveau qui la mettrait au rang des chevronnés du pinceau et ce, malgré maintes difficultés et entraves, n’ayant aucune arme contre l’hostilité de ses détracteurs si ce n’est une volonté de fer et un soutien inconditionnel d’un mari artiste qui tient une galerie de peinture dans la cité ismaïlienne.
Ses premières toiles sont de genre figuratif représentant des scènes de la vie quotidienne au Maroc qui renvoient aux us et coutumes ancestraux, ainsi que des paysages et des natures mortes. Après quelques expositions par-ci, quelques rencontres par-là, notre artiste arriva à s’affermir et à se faire un style pictural personnel. Elle passa du figuratif à l’abstrait dans le seul dessein d’agrandir le champ de son imagination et par là même de sa création. Ainsi l’artiste peintre Jamila Iloughmane parvint à se faire un nom à telle enseigne qu’elle sera sollicitée hors du Maroc ; une fois à Sétif en Algérie, et une autre fois à l’Île de Ré, en France. A Sétif, du 8 au 11 mai 2009, notre artiste peintre représentait le Maroc à l’occasion de la rencontre maghrébine des arts plastiques organisée sous le haut patronage du président de la république algérienne. Cette occasion permit à Jamila d’échanger idées et expériences avec des artistes venus des 14 wilayas d’Algérie, des autres pays du Maghreb ainsi qu’avec des peintres venus de France et des Pays-Bas. Cette opportunité fut une chance inestimable, offerte à notre artiste pour découvrir d’autres horizons au niveau de l’art pictural et de se faire une image qu’elle compara avec ses compétences et ses prédispositions, une image combien fructueuse, des tendances de la peinture chez nos voisins. Sa participation à l’Île Ré, (juillet, août, septembre 2009) ne manqua pas d’intérêt. C’était une occasion pour notre artiste, à l’occasion d’une exposition de produits artisanaux marocains, de faire connaître son style pictural dans cette région de France.
Sous l’impulsion de l’inspiration, qui de temps à autre, hante notre artiste, celle-ci se trouve soudain devant son chevalet sans aucune planification préalable. Une fois le premier jet du pinceau sur la toile, Jamila a bel et bien arrêté son sujet. Il est d’ores et déjà mémorisé ; il est devenu, en quelque sorte partie intégrante d’elle-même, autrement dit sa progéniture qu’il faut à chaque fois caresser, soigner, amadouer.. Il faut à chaque fois, comme pour flatter cet être cher, ajouter une touche, une couleur, une nuance en vue d’accéder progressivement à l’harmonisation parfaite de l’œuvre.
La création de Jamila Iloughmane est fondée sur trois volets. Le premier repose sur les couleurs. Ainsi dans chaque tableau il y a une couleur qui domine, une couleur travaillée à l’aide d’un dégradé, lequel met en relief l’ombre et la lumière dans la toile. Cela est ostensible avec les variantes du vert, celles du jaune ou encore du rouge. Le deuxième volet est basé sur les thèmes : les tableaux exposés évoquent les préoccupations quotidiennes de nous tous ; qu’elles soient politiques, culturelles ou sociales. C’est le cas des pièces : Equilibre, Soleil de la vie ou encore Carré magique. Le travail des formes constitue le troisième volet sur lequel s’appuie la création de notre artiste. En effet, si les formes ne sont pas expressément apparentes dans quelques toiles, elles émergent en filigrane ou sont facilement suggérées grâce à un procédé bien maîtrisé qui use de maints motifs enfouis dans un arrière plan. C’est pourquoi l’on peut remarquer dans les œuvres de Jamila Iloughmane la présence de silhouettes de femmes, d’instruments de musique ou d’objets de culte à côté de formes purement et simplement géométriques. L’assemblage habile des motifs, l’agencement des formes, le choix et la maîtrise des couleurs, tous ces ingrédients font des toiles de Jamila quelque chose de beau, une matière qui capte de par ses interpellations et les sensations fantastiques qu’elle offre aux visiteurs. C’est un langage où se mêlent, en mutualisme, abstrait et figuratif grâce à un jeu de motifs et de couleurs riche en notions et en symboles. C’est pourquoi, en examinant minutieusement les œuvres du peintre, nous avons l’impression d’être devant un figuratif dissimulé ou une abstraction partielle.



*Docteur ès lettres, professeur à l’Ecole Nationale d’Administration




14/5/2010
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  Hassan Bouhia à l’hôtel Royal Mansour (Casablanca)
De l’énergie dans l’espace `

Par Abderrahman BENHAMZA

Après trois expositions individuelles, qui ont fait connaître le nom et le talent de l’artiste peintre Hassan Bouhia auprès du public, celle qu’il donne actuellement à Casablanca continue et souligne davantage une recherche axée sur la composante espace dans ses manifestations graphiques. Le procédé se décline en autant de formes curvilignes, avec une tendance à multiplier les angles d’approche, à dynamiser les zones inertes du tableau, à expliciter l’idée et le mouvement afin d’en définir l’architecture.
Dès le commencement, Hassan Bouhia a opté pour une abstraction sensitive, qui intègre la couleur à des fins expressives. La représentation graphique, qu’on pourrait qualifier de « diagramme », démontre une évolution des lignes à travers leur enchevêtrement émotionnel, qui fait de cette peinture quelque chose comme un phénomène, au sens où l’objet pictural se définit graduellement lui-même par des réalisations inattendues, comme il se résorbe complètement dans une trame conflictuelle.
Hassan Bouhia agit sur la toile (partant sur l’espace) comme on se lance dans une aventure symbolique sans être connotative. Les lignes deviennent des signes, des tropes, des paradigmes mystérieux d’un savoir autre, et donnent par le fait sur une composition rédhibitoire.
L’énergie qui s’en dégage est celle d’un corps en plein mouvement, à base d’une palette éventuellement exemplarisée, réduite à volonté à des nuances, à des tons allusifs, à une colorisation cadentielle accordée aux profondes intentions et pensées plastiques de l’artiste.



14/5/2010
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Rencontre avec l’écrivain Kébir Mustapha Ammi

Kémir Ammi est l’écrivain maghrébin par excellence de par ses origines et de par l’univers de ses romans. Il sera ce samedi l’invité des Rencontres Littéraires, animées par Abdellah Baida, organisées par l’Institut Français de Rabat et l’AMEF (Association Marocaine des Enseignants de Français).

Natif de Taza en 1952 de père algérien et de mère marocaine, Kébir Ammi a continué à enrichir la diversité de son identité en poursuivant des études de littérature anglaise et de philosophie aux Etats-Unis et en Angleterre avant de s’installer à Paris. Il est l’auteur d’une œuvre à multiples facettes (romans, théâtre, essais…) dont : Thagaste, Saint Augustin en Algérie (Ed. de L’Aube, 1999), La fille du vent (Ed. de l’Aube, 2002), Alger la blanche (Théâtre, 2003), Feuille de verre (Gallimard jeunesse, 2004), Apulée, mon éditrice et moi (Ed. de l’Aube, 2006)… Ses deux derniers romans sont publiés chez Gallimard : Le ciel sans détours (2007) et Les vertus immorales (2009). Kébir Ammi a reçu récemment Le Prix des écrivains de langue française. Une œuvre d’un style riche et truculent qui crée des univers souvent surprenants qui méritent le détour.
La rencontre aura lieu samedi 15 mai 2010 de 16h à 18h à l’Institut français de Rabat (Salle Gérard Philippe, 1, Rue Al Yanboua).


14/5/2010
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Brèves culturelles

Dounia Bendany signe son roman « Mes Hommes, ma fierté »
à la Librairie Porte d’Anfa

Dounia Bendany signe son roman « Mes Hommes, ma fierté » le samedi 15 mai à partir de 16h30 à la librairie Porte d’Anfa. Le roamn raconte l’histoire d’une femme déçue qui, le moins qu’on puisse dire, ne porte pas dans son coeur son père, son frère ni son mari, « ses » homme dont lui faudra se démarquer pour sauvegarder son identité. Pour ce faire elle se barricade dans sa fierté.


« Vivre le Maroc au féminin », thème de la deuxième édition
du Café Littéraire 21

Le Café Littéraire 21, organisé conjointement par Le Magazine Littéraire du Maroc et la Fondation ONA, tiendra sa deuxième édition ce vendredi 14 mai à partir de 18h30 à la Villa des Arts à Rabat. Le thème retenu pour cette édition, « Vivre le Maroc au féminin » avec la participation de Hinde Taarji et Sabine Wolbrecht. Modérateur : Abdesselam Cheddadi
Pour rappel « Vivre le Maroc au féminin » a été un des thèmes abordés dans les deux premiers numéros du Magazine Littéraire du Maroc.

Appel à contribution pour la revue «Al-Madrassa Al-Maghribia»

La revue Al-Madrassa Al-Maghribiya publication académique biannuelle, publiée par le Conseil supérieur de l’enseignement propose de consacrer le dossier de son troisième numéro à la question de l’apprentissage des langues. Elle lance un appel à des contributions d’auteurs avec dernier délai de remise des contributions le 30 juin prochain. Quatre axes
thématiques retenus : « Evolution historique du paysage linguistique marocain et son impact sur le Système d’éducation-formation (SEF) »,
« Langue et acquisition de savoirs »,
« Gestion du multilinguisme et des interférences linguistiques à l’école marocaine », « Langue et environnement socio-économique ». La plateforme définissant la ligne éditoriale de la revue Al-Madrassa Al-Maghribiya ainsi que les conditions de publication sont disponibles sur le portail électronique du Conseil Supérieur de l’Enseignement (www.cse.ma).

14/5/2010
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