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        Culture
 
Le centenaire de l’abstraction
La première aquarelle abstraite est exécutée en 1910 par Wassily Kandinsky (1866-1944). Depuis lors, l’aventure artistique s’est tendue vers un courant nouveau, l’abstraction, à côté de la figuration contemporaine.

Par Azzam MADKOUR

Les inspirations et les origines

D’ailleurs, ce courant abstrait n’a pu être créé qu’au bout des recherches plastiques précédentes effectuées dans le post-impressionnisme, l’expressionnisme le fauvisme, le cubisme et le futurisme. Il faut rappeler, aussi que ces recherches ont été élaborées à partir d’un concept de plus en plus prédominant dans l’art, la science et la philosophie : l’épuration.
L’épuration, à son tour, nous ramène à la synthèse, un autre concept qui est à l’origine de l’évolution de l’art en général, et de sa révolution à partir de la fin du XIX siècle.
Ces deux concepts antagoniques en s’unissant dans une assimilation esthétique, scientifique ou philosophique, révolutionnent la vie des hommes et crée un nouvel équilibre dans la culture et la civilisation. C’est l’invention de l’alphabet, ce par quoi l’écriture s’est épurée, c’est l’invention de la philosophie, ainsi que l’apogée de l’art et de la science en Grèce antique, c’est, également, la conception esthétique et l’apogée de la pensée en terre d’Islam, où a prédominé l’abstraction dans une haute spiritualité. C’est, enfin, l’abstraction moderne et contemporaine qui a libéré l’art de toute réalité extérieure, de toute nature apparente, et qui a voulu créer son propre monde, un monde épuré, où s’assimilent les émotions et les idées.

Les premiers mouvements
abstraits

On peut définir l’art abstrait comme la forme d’art qui exclut toute représentation de la réalité extérieure et conçoit la peinture ou la sculpture comme un agencement de formes et de couleurs susceptibles d’éveiller par elles seules l’émotion esthétique.
Avant la première guerre mondiale, se sont développés en Russie le constructivisme, le rayonnisme et le suprématisme. Cependant, c’est le Néerlandais Piet Mondrian (1872-1944) qui a développé le plus rigoureusement la recherche abstraite d’une simplicité parfaite, réduisant la peinture à trois couleurs pures et les formes à l’angle droit, tout en fondant De Stijl en 1917. Juste après la première guerre mondiale, en 1919, l’abstraction s’est développée en Allemagne, à l’école du Bauhaus. Dans ce développement, l’épuration et la synthèse s’assimilent, selon une conception annoncée par l’architecte Louis Sullivan à la fin du XIXème siècle : le fonctionnalisme.
Entre les deux guerres, cette conception engendre l’abstraction géométrique qui reçoit l’adhésion d’un nombre assez grand d’artistes dans toute l’Europe. Une nouvelle génération prend la relève après la deuxième guerre mondiale, ses représentants connaissent bien les recherches de l’avant-garde. Chez les pures et austères tenants de ce courant dont Vasarely est devenu peu à peu le chef de file, il y a un refus conscient des séductions de la matière.
Travaillant d’après de stricts schémas géométrique, les artistes de ce courant utilisent volontiers le tire-ligne, l’équerre et le compas et organisent leurs surfaces en tracés rectilignes ou les couleurs sont réparties en taches nettes, sans modulation. Cette abstraction épurée va engendrer l’opart, l’art cinétique et le minimal art.
L’abstraction et la guerre

La Seconde Guerre Mondiale a marqué une profonde rupture dans la vie artistique, d’abord par les bouleversements qu’elle a provoquées, et aussi par le reclassement qu’elle a entraîné. On prend conscience que la génération de l’avant-garde est dépassée, les grands artistes du début du siècle sont devenus, désormais, des figures historiques.
Le trait commun à beaucoup de peintures, malgré les contraintes imposés par l’occupation, et surtout dans les années 1950 est la non-figuration. Ils continuent de puiser dans le visible , des signes, des rapports de teintes, ou une émotion. Les expositions se multiplient, et on commence à parler de l’abstraction lyrique, d’informel, de tachisme, de nuagisme.
Les informels, dont Fautrier est le chef de file, ont ressenti le tragique de la guerre et la nécessité de profondes remises en question. L’écriture libre, exprimée par l’abstraction lyrique et le gestuel, attire les jeunes qui refusent l’abstraction géométrique. Cette « écriture », qui varie d’un peintre à l’autre, à ses sources : la calligraphie arabe ou chinoise, les images surréalités ou l’écriture automatique. Dans ces sources, également, ont puisé les artistes américains, en créant l’expressionnisme abstrait, un mouvement qui comprend Coloried Field, Hard Edge et Action Painting.
Dans le monde arabe, à côté de ces mouvements cités, des recherches audacieuses ont été élaborées, depuis des années 1960. Les artistes arabes, en étudiant l’art moderne et contemporain, se sont trouvés plus proches de l’abstraction, géométrique ou lyrique, créée par les novateurs occidentaux. Héritiers d’une grande richesse patrimoniale culturelle, ils s’acharnent, au début, à retrouver leur identité bafouée par le colonialisme, en s’inspirant de ce legs.
Puis, en voulant assimiler les concepts de l’époque, authenticité et modernité, certains d’entre ces artistes ont tendu vers une nouvelle tendance, c’est l’Ecole du signe dont le précurseur est Ahmed Cherkaoui (1934-1967). Cette tendance dynamique englobe plusieurs directions non encore distinctes. Parmi elles, on cite l’introduction des signes et des symboles, l’exploitation de la calligraphique, de la lettre et de l’écriture libre, des motifs géométriques, aussi, ou végétaux, dans l’espace plastique. Les inspirations foisonnent ; les arts propres à la préhistoire et à l’Antiquité, les arts islamiques, les arts traditionnels locaux et les expériences effectuées dans l’art contemporain.

Pour une grande exposition
de l’abstraction

Un siècle est passé. Nous célébrons cette année le centenaire du courant abstrait. Au Maroc, pays islamique avant tout, né dans la symbiose des formes abstraites issue de son patrimoine culturel constitue de trois cultures, africaine, berbère et arabe, en plus de la culture occidentale prédominante dans les temps modernes et contemporains, comment les artistes ont-ils réagi devant cette abstraction venue de l’Europe  de quelle abstraction se sont-ils inspirés  Quels sont les moyens d’exploitation employés par les artistes abstraits au Maroc  Trouvent-ils leur identité dans ce courant révolutionnaire  Y a-t-il une différence dans l’abstraction entre l’Occident et le Monde arabe  Cette abstraction au Maroc, continue-t-elle à faire des adeptes, à engendrer des directions  Quels sont les mouvements abstraits au Maroc  La tendance de l’Ecole du signe, s’est-elle assimilée à la figuration contemporaine  Y a-t-il d’autres tendances nouvelles mais méconnues au Maroc 
Pour répondre à ces questions pertinentes et à d’autres encore, il nous faut un étalage complet des œuvres abstraites les plus significatives, créées par des artistes marocains aînés et jeunes, connus et méconnus, suivi d’un grand débat. Il nous faut organiser une grande exposition nationale des œuvres abstraites, concernant la peinture et la sculpture, et même la photographie, l’affiche, la gravure, la céramique et de le design de produit, des dérivés de l’art, qui s’inspirent de l’abstraction ou réinventent un nouveau langage abstrait.
Cette grande exposition nationale peut s’étaler dans plusieurs salles, comme elle peut être itinérante, afin de permettre au large public de la voie. Cette exposition vise, avant tout, le dialogue, mais elle vise aussi la célébration et la fête de l’art, à côté d’elle, on organise aussi un art en direct, en plein air, des concours et des ateliers pour les enfants et les jeunes qui veulent s’exprimer dans l’abstraction.
Mais ce qui intéresse les chercheurs et les critiques, dans cette grande manifestation artistique, est le débat théorique. Ce débat, grand lui aussi, puisqu’il concerne la théorie et la réflexion, peut s’étaler durant toute l’exposition. Il englobe une série de débats qui puissent répondre aux questions soulevées, des interventions et des rencontres entre artistes et intellectuels.
A travers ce grand dialogue, qui sera publié, on l’espère, dans on ouvrage collectif, les mouvements abstraits engendrés par l’Ecole du Signe et d’autres tendances, seront sans doute déterminés ainsi que les caractères généraux et plastiques de chaque direction. Seulement, ce qui est important dans ce dialogue, qu’on souhaite franc et sincère, c’est de créer une plate-forme qui dynamise l’élan créateur chez tous les artistes et ouvre pour l’art contemporain au Maroc des horizons clairs et lointains.
Nous lançons l’appel à tous les artistes abstraits au Maroc pour participer à cette grande manifestation plastique, et pour dynamiser ce projet ouvert. Nous lançons l’appel, aussi, à tous les journalistes artistiques, à tous les critiques d’art et à tous les chercheurs pour intervenir dans les débats qui l’accompagnent. Pour la même occasion, nous souhaitons l’intervention de la promotion de l’art dans ce projet, un projet qui sera, s’il se réalise, une première dans le monde.
* Artiste-peintre, écrivain-poète.

5/2/2010
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 « Stories de Tanger » de Mohamed Mrabet
Histoires d’une réalité magique

Saïd AFOULOUS 

 « Stories de Tanger » est un recueil bilingue (Français-anglais) de quinze petites histoires racontées par Mohamed Mrabet, à l’origine en darija et reprises en français par Simon-Pierre Hamelin. Les textes français sont traduits en anglais par William Kutz. C’est le premier ouvrage de Mohamed Mrabet publié directement en édition originale au Maroc par un éditeur installé à Casablanca. C’est aussi le deuxième livre publié par Mrabet après la disparition de Paul Bowles. Les textes sont accompagnés de peintures et de dessins de Mrabet qui avait commencé à peindre dans les années 60 sans être encouragé par Bowles. Ces textes, ce serait en partie pour prouver que Mrabet existe toujours car on l’a donné pour mort plusieurs fois, explique Hamelin écrivain et ancien directeur de la librairie des Colonnes de Tanger. Aussi pour démontrer qu’il pouvait exister de manière autonome même après la mort de Paul Bowles en 1999.  
 C’est que, sans Paul Bowles, Mrabet, en tant qu’auteur de textes écrits, n’aurait pas pu exister. C’est Paul Bowles qui avait recueilli à partir de 1966 les récits de Mrabet pour en faire des livres en anglais dont « Pour l’amour de quelques cheveux » (1967) et la propre autobiographie de Mrabet « Look and move on » où il raconte sa vie d’errance dans les rues de Tanger et sa rencontre avec le couple Jane et Paul Bowles. C’est donc Bowles qui est l’initiateur de cette innovation : Mrabet écrivain analphabète. Mais aussi Paul Bowles n’aurait pas pu arriver à cette innovation si Mrabet n’était pas en vérité une sorte de génie de la culture orale né dans un environnement où des raconteurs exubérants d’histoires n’étaient pas rares en s’aidant de quelques doses de kif en libre circulation dans les années 50 et 60. En retranscrivant les histoires, Bowles reprenait une activité qu’il faisait quand il enregistrait la musique populaire dans les villages. Sauf que pour les histoires de Mrabet ce n’est plus de l’éthographie, car on est vraiment dans la création aussi bien pour le conteur que pour celui qui retranscrit.
 Le parcours particulier de Mrabet a déjà été raconté. Né dans les années 30 dans une famille rifaine, Mrabet pratiquera plusieurs métiers dont celui de pêcheur, serveur, veilleur de nuit à l’hôtel Muneria qui avait accueilli beaucoup d’écrivains et artistes étrangers venus à Tanger en quête de vie facile. Il connaîtra une vie mouvementée, tumultueuse, rencontrera des artistes et écrivains américains dont ceux de la beat génération William Boughrous, Jack Kerouak, Truman Capote, Tennessee Williams, Allan Ginsberg, Brian Gysin, Henry Miller. Auparavant en 1959 il voyagera à New York. Il aura deux passions : raconter des histoires, fumer du kif et peindre. Il restera l’ami de Paul Bowles travaillant chez lui ayant des relations très tendres, affectueuses avec Jane Bowles.
 Dans ces histoires « Stories de Tanger » on découvre des évocations du réel enveloppé d’un voile de magie. Le fantastique est un peu partout. Mais il ne s’agit pas de contes de fées car c’est plein de cruauté et de mystère. On est dans la réalité mais une réalité ouverte sur d’autres mondes, d’autres dimensions. On dirait une réalité onirique. L’imaginaire n’est pas entravé. Tout texte semble un exercice d’imaginaire libéré, inventif, allant de soi, sans se forcer. Un peu comme les choses qui existent seulement dans leur état le plus franc, primesautier. Dans le texte intitulé « Harold » par exemple c’est l’histoire d’un galeriste fourbe qui se retrouve prisonnier dans un portrait de peintre bohème et le narrateur Mrabet refuse de le libérer. Il semble plutôt se délecter d’être enfin vengé de ses « mensonges et entourloupes ». Dans l’histoire de Truman Capote fêtant son anniversaire le chat Sir Captain n’est pas un chat ordinaire bien que se faufilant entre les tables du restaurant en quête de nourriture car il a des pouvoirs surnaturels si évidents qu’il a failli tuer l’écrivain étouffé par une arête de poisson, dans « David et la Sirène » David un tailleur génial amoureux d’une sirène, la belle du Charf se fait transformer par son miroir pour rompre sa solitude, dans « Famine » Hassan ancien soldat ayant sillonné le globe connaîtra une triste fin en mourant de faim. Dans l’histoire du « Masque » ce dernier à l’étrange pouvoir, horrible, insoutenable, de découvrir à celui qui le met toute la réalité des individus dans sa nudité parfaite etc. A chaque fois il y a l’évocation de la présence de Tanger, de l’océan. La fantaisie peut prendre une dimension poétique comme dans cette histoire nommée « Chergui » le vent qui visite Tanger et qui est ligoté à un arbre et nourri par un oiseau voleur de sandwichs.
 On a entendu dire des fois que Paul Bowles était un « voleur des histoires » des autres en évoquant l’expérience de retranscription d’histoires orales racontée en darija truffée d’espagnol vers l’anglais, des histoires de Mohamed Mrabet notamment ce qui a donné naissance à des livres pour un auteur analphabète qui n’avait jamais écrit.
Selon ce point de vue Bowles n’aurait fait durant sa vie que puiser dans la vie tumultueuse truculente des personnages hauts en couleur rivés à la rumeur bondissante de la vie quotidienne tandis que sa vie à lui devait être un concentré d’ennui qui ne s’illumine que grâce à un génie sans pareil du travail d’écriture. Or Bowles était un travailleur acharné, convaincu que rien ne vient à moins de travailler avec assiduité et application en une sorte de sacerdoce. A la défense de Paul Bowles on pourrait rétorquer : mais qui ne vole pas les histoires des autres, ou disons qui ne les « emprunte » pas  Tout écriture n’est-elle pas une histoire d’emprunt  Le prix Nobel britannique d’origine indienne Naipaul avait pu dire, pour échapper à trop d’attaque pour des écrits rien moins que politiquement corrects, qu’il n’avait toujours fait qu’écrire ce qu’il entendait autour de lui et rien de plus ! Dans le dernier roman  de Mohamed Zefzaf « Afouahoun wâsi’a » (Grandes gueules) paru en 1998 un personnage rencontre Hemingway et lui demande ce qu’il fait dans la vie. L’écrivain américain répond : j’écris des histoires. Alors le personnage lui rétorque : « Va donc au Maroc, il y a plein d’histoires »
  A Paul Bowles on doit reconnaître beaucoup de chose dont le génie d’avoir de l’écoute. N’en déplaise à Mohamed Choukri qui dans son beau texte « Paul Bowles ou la réclusion de Tanger » (1996) s’en prend à l’auteur de « La Maison de l’araignée » et « Un Thé au Sahara » en affirmant que c’est parce que Bowles passait par un creux de la vague, une crise d’inspiration dans les années 60 qu’il s’était intéressait à retranscrire des histoires de personnes de son entourage dont Mrabet. A partir de 1972 ce sera le tour Choukri de confier son autobiographie à Bowles. Choukri qui affirme que le style de Bowles a changé en parallèle avec le travail de traduction-adaptation des récits des Marocains dans l’euphorie des soirées de kif au point que son écriture s’était laissée imprégner fortement de la vie marocaine. Choukri, reconnaissant les qualités de conteur de Mrabet ira même jusqu’à écrire que ce dernier a influé, littérairement parlant, sur l’œuvre de Bowles d’une manière profonde surtout dans ses nouvelles.


« Stories de Tanger » de Mohamed Mrabet avec Simon-Pierre Hamelin, éditions du Sirocco, Casablanca

5/2/2010
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 HALIMA DOUA, ARTISTE, PAYSAGISTE
Avec la matière et la spatule, j’ai trouvé la voie de mon expression…

Entretien : Khalil RAIS

Halima Doua est née a Rabat. Depuis son jeune âge, elle a commencé à aimer les travaux pratiques ou le bricolage avec une facilité étonnante, une facilité d un enfant de son âge. Après des études à Rabat à l Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II comme ingénieur d’Etat généticien et puis en travaillant dans le domaine paysager, elle commence à pratiquer le dessin quand elle a découvert en elle une habilité à le faire. Alors elle commence a réaliser des plans de jardins avec une créativité personnelle. Ce qui la pousse à s’investir dans le dessin : dans un premier temps dans le dessin paysager pour aboutir à dessiner tout ce qu’elle voit, portrait, Médina, Souk, nature morte etc. Puis après, elle a décidé d’entrer dans le monde de la peinture où elle s’investit avec beaucoup de passion. Ses œuvres sont faites avec force. On ne peut que rester attaché à ses réalisations. Sur ses toiles, les couleurs sortent directement du tube ou presque, et se posent avec une manière très animée avec la spatule C’est une superposition de couches les unes sur les autres pour donner un travail fascinant et excellent et en même temps propre. Les couleurs se bousculent entre elles, avec une richesse qui ne dérange pas celui qui les regarde. Ses œuvres viennent d’être montrées au public à la galerie La Découverte. Rencontre avec l’artiste.

*Pourquoi le paysage 

-Très tôt dans ma carrière professionnelle, j ai été interpellée par la problématique du paysage. Et ma démarche en tant qu’artiste, telle que je la conçois, consiste à présenter la nature sous un angle nouveau, qu’il s’agisse de champs découpés, de champs de fleurs ou de perspectives.
Je suis une peintre figurative, je cherche un lieu à peindre et je peux parfois passer des jours à chercher. Mais  dans l ensemble, ce sont des lieux qui se prêtent à la contemplation et où l’espace est présent. A certains moments de l’année, la nature n’est pas encore prête. Il me faut des paysages denses et avec des teintes fortes, ce qu’on ne peut rencontrer qu’en été ou en printemps. Je prends le lieu en photo et je le peins à ma manière. Avant de peindre, je sens un trac écrasant, paralysant. Je commence d’abord par choisir les peintures et la spatule avec lesquelles je vais travailler. Ce combat intérieur est toujours présent avant de commencer une toile. Mais dés que je touche ma toile avec ma spatule chargée de couleurs, les automatismes me reviennent, parfois facilement. Donc, le vrai calvaire est de s’y mettre ! La réalisation d une toile est une naissance pour moi et aussi un mélange de liberté ; liberté des couleurs et le paysage choisis.

* Vous travaillez sur grand format.

-Le grand format, c est un défi parce que il devient un paysage qui prend de l’espace réel.
J aime appliquer la lumière et la voir, au lieu de l’ignorer, ce qui donne une peinture simple et harmonieuse. Dans mes peintures, je cherche l’harmonie plus que les contrastes.

La peinture à l’huile vous donne-elle plus d’aisance   

Chaque toile constitue pour moi un voyage, une errance entre le rêve et le conscient. Mes sens se laissent absorber par la matière et la constitution progressive du dessin. Je trouve qu’il n y a pas plus convaincant que les empâtements à l huile pour faire communiquer dans des gestes simultanés la couleur et le trait.
Depuis mes débuts, j entretiens une relation très forte avec ce médium, prendre une grande quantité de peinture à l huile dans la spatule et par conséquent dans ma main. L’écraser dans un geste précis et fort, mais d une manière agréable, me satisfait beaucoup et me plait en même temps. Je prépare mes peintures avant de commencer, je prends désormais le temps de composer mes couleurs. Certaines teintes sont relativement faciles à obtenir, d’autres au contraire résultent de recherche complexe.

Pourquoi le couteau 

Sur ma table de travail, on trouve aussi bien le couteau que la brosse. Mais c’est le travail de spatule qui domine. Je débute une ébauche au pinceau, mais très vite je passe à différents couteaux pour étaler la couleur ou pour reprendre le dessin.

Pourquoi n’y a –t-il pas de noir dans vos tableaux

A un moment de ma vie, j ai éprouvé le besoin de me jeter sans trop réfléchir dans la peinture. Et la couleur pour moi fut comme un cri d’espoir. Dans les troncs d arbre, les roches, et aussi la terre, il existe des failles visibles qui se transforment dans mon travail en des couches épaisses, lisses et chaleureuses de peintures. Je n’y vois aucun noir, mais seulement des couleurs vives et agréables. Je vois dans chaque couleur une multitude de couleurs : des verts, des rouges, des bleus et aussi des oranges. Ces couleurs flamboyantes s’ entassent sur la toile pour donner une œuvre pleine de vibration et d’animation où je ne retrouve guère de place pour le noir.
Vous traitez le portrait, la nature morte, le paysage. Que cherchez-vous à transmettre 
J’aime faire référence aux peintres que j apprécie avant d’arriver à mon propre style ; les uns pour leurs couleurs, les autres pour leur lumière ou leur nature morte. Ce qui me donne l’opportunité de rechercher l’équilibre entre la lumière et l expression d’un corps. L’attitude, le placement de la figure ou du paysage, les incidences des jeux d’ombre et de lumière vont apporter la sensation et l’émotion. J’essais de voiler une présence, de suggérer, plutôt de confirmer ce que je vois, de telle façon que je ne décris pas une chose ou un lieu bien précis.
* Vous êtes entrée dans la scène artistique marocaine. Comment l’appréciez-vous 
-A mon avis, c est une scène très prometteuse, en pleine évolution et aussi en cours de maturité. Cela est basé sur plusieurs facteurs qui sont : Un nombre plus grand d’artistes qui voient le jour avec le temps, grâce à l’éveil artistique que vit notre payé ces jours-ci et aussi à l’éducation artistique qui débute dès l’enfance, de telle façon que l’artiste apprenant acquiert un niveau lui permettant de comprendre et d’exprimer l’art plus facilement.
L éducation artistique à travers les expériences des autres artistes,
Soit à travers les visites des galeries, ou à partir des sites Internet, cela permet à l artiste de connaître toutes les tendances de l’art.
La multiplication des galeries d’expositions permet à l’artiste de mettre en valeur sa création. Aussi la multiplication des foires et festivals et aussi les associations d’artistes peintres.

5/2/2010
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Exposition collective à la Galerie Sidi Belyout à Casablanca

Révélations

A l'initiative de l'Ecole Supérieure des Beaux Arts de Casablanca et l'Arrondissement Sidi Belyout, six lauréats de ladite école présentent leurs œuvres récentes du 2 au 20 février 2010 : Khalid Bayi, Moubarak Amane, Najat Moufid, Amel Madiou, Hassan Mounazil et Moulay Smail Zaroil.
Organisée sous le signe « révélations » à la Galerie Sidi Belyout ( Rue Lion Africain, face CTM, Casablanca ), cette exposition se veut une plate forme pédagogique dont l'enjeu qualitatif est de faire voir le noyau dur des expériences plastiques menées par six lauréats qui ont pu aujourd'hui façonner un langage visuel libre et autonome. Il s'agit de six registres expressifs marqués par l'amplitude des œuvres picturales abouties qui ont retenu actuellement l'attention des férus d'art et des récepteurs avisés. Avec une aisance éblouissante, les six exposants travaillent sur les couleurs, les formes, la matière, la texture, la poéticité, le rythme, les traces pictographiques, et ce selon un langage plastique bien recherché qui se déploie en totale liberté et exprime différemment sa « nature intérieure » et ses illuminations : ce langage iconique est récurrent pendant toutes les années de leurs activités professionnelles. Après avoir réalisé avec brio des œuvres de leurs débuts qui n'étaient que des tâtonnements pour trouver leur propre voie, ces lauréats commencent à s'exprimer et à correspondre avec les différentes tendances novatrices de leur temps, ce qui permet d'affirmer qu'ils devient alors des acteurs créatifs dont la création appartient résolument au 21 siècle. Ils dépassent la particularité des espaces vécus pour ne garder que l'impression de la nature « intérieure », pure et spontanée. Pour ces artistes, les compositions picturales sont des traductions visuelles d'événements profondément spirituels. Les couleurs composent des champs qui semblent poussés par un souffle puissant sur la surface du tableau. Ces champs colorés, majoritairement délimités par des formes, structurent l'espace tout en accentuant l'idée de l'abondance.
La lumière, les traces, la magie colorée des espaces, les sources surtout l'imaginaire collectif, qui est pour eux l'origine de l'âme humaine, vont profondément marquer leurs œuvres. Les soixante tableaux exposés, bien que peints ici ou ailleurs, représentent leurs réminiscences allégoriques de leurs espaces d'appartenance et de leurs repères identitaires. Mi-réalistes, mi-abstraits, les tableaux exposés se présentent comme un espace intime où la couleur tient déjà une place dominante, ce qui rend les motifs assez vivants et rythmiques. Les artistes exposants recherchent une peinture connotative qui corresponde à leur « nécessité intérieure ». C'est cette nécessité qui anime leur acte de repenser l'image avec des images et de se remettre en question. Elle est l'origine même de leurs recherches plastiques et leur « capital symbolique » qui traversera l'ensemble de leurs œuvres représentatives. A travers « Révélations », les exposants nous invitent à contempler la beauté artistique aux rythmes des palpitations particulières de leurs cœurs et de leurs états d'être. Ces jeunes artistes incorporent beaucoup de leurs rêves et de leurs fantasmes. Ils s'efforcent d'exprimer la musicalité de leurs âmes par la vie des traces et la répartition des taches multicolores. Il y a de la musique dedans. Cela leur donne une audace nouvelle pour entreprendre d'autres choses et investir d'autres voies. Cette exposition nous ramène donc dans un univers plastique où les touches de couleur sont reparties sur la surface des tableaux et ponctuent les formes pour créer une scène onirique hors du temps.
Abdellah Cheikh (Critique d'art )

5/2/2010
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Des artistes peintres marocains exposent à Fès leurs regards sur l’art contemporain espagnol

Les cimaises de la galerie de l’Institut Cervantès de Fès abrite, à partir de ce jeudi, une exposition collective d’artistes peintres marocains, ayant choisi pour toile de fond la thématique de l’art contemporain espagnol.
Cette manifestation, ouverte au large public jusqu’au 20 février, réunit six artistes peintres qui ont fait de la capitale spirituelle du Royaume leur lieu d’inspiration. Il s’agit d’Abdesselam Akkal, Mohamed Filali Fakir, Najib Ghissassi, Azzelarab Touda, Hicham Maïdi et Zakaria Ounjli.
Baptisée «Peinture actuelle fassie et art contemporain espagnol», cette exposition rend hommage aux somptueuses cités impériales espagnoles en Andalousie, comme Cordoue, Grenade et Séville.
Cet événement se veut aussi une expression profonde et une mise en valeur particulière de l’attachement de ces artistes à la ville de Fès, une cité culturelle qui a toujours su accueillir les créations artistiques aux origines les plus diverses.
Le grand public fassi aura ainsi le plaisir de découvrir, dans une seule exposition, des univers plastiques très distincts de peintres partageant la vie quotidienne d’une même ville, certes, mais aux approches picturales et courants artistiques différents.
Les passionnés de peinture apprécieront le surréalisme et le réalisme, en passant par l’impressionnisme et l’expressionisme, tout en admirant une palette de couleurs aussi bien vives qu’éteintes, des formes hors du commun et des contours atypiques.
Toujours à la galerie de l’Institut Cervantès, les férus de l’Âœuvre du grand peintre espagnol du 19ème siècle, Francisco Goya, auront l’occasion d’apprécier, à partir du 10 mars prochain, une exposition intitulée «Miradas marroquies sobre Goya».
La galerie de l’Institut français de Fès accueillera, elle aussi, à partir du 12 février une exposition de photographies de Paolo Raffa, connu pour son travail sur la lumière naturelle ou artificielle, en noir et blanc ou tout en couleur 

5/2/2010
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  Centre culturel britannique
Session de formation d’interprètes

Essaid ALLALI

Le British Council Maroc organise du 24 au 30 Janvier, 2010au profit de trente jeune interprète du monde, un atelier visant à améliorer le mouvement de traduction de haute qualité littéraire entre l’anglais et l’arabe grâce à l’appui d’une nouvelle génération de traducteurs qui n’ont pas que le talent, mais qui connaissent les exigences du marché de l’édition et du livre. L’atelier sera également l’occasion pour la formation pratique sur la traduction.
les trente jeune interprète du monde arabe pourront la production exercer de traductions provenant des textes narratifs et dramatiques d’auteurs et dramaturges: Adenip Shibley et Mike Bartlett et Nicholas Blenko et Kamal Khaladi .
cette session est organisé grâce au concours du Centre de la traduction littéraire britannique (BCLT) , le British Council et l’Arts Council England , la maison d’édition Penguin et le magazine Banipal.
De nombreux de expert animeront ce séminaire notamment le Dr Gaber Asfour du Conseil suprême de la culture en Egypte, M. Hafez El Jadida de l’Université de Sousse en Tunisie et Margaret Oobank du magazine Banipal du Royaume-Uni, et Bill Swenson du Bloomsbury du Royaume-Uni.
a propos de cette, le conseiller du pole littéraire du British Council Ritchel Stenvents a déclaré que « le british Council vise à renforcer les capacités et le développement des compétences dans le domaine de la traduction littéraire dans le cadre des programmes de coopération culturelle ».
Pour sa Laila Hourani, Directeur régional pour l’échange de créativité au British Council: «Nous avons contribué à plusieurs travaux dans l’édition et les échanges littéraires entre la région arabe et le Royaume. Ainsi, Nous espérons que cet atelier constitue la première étape dans cette direction et permets la traduction culturelle.

5/2/2010
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