Directeur : Mohamed IDRISSI KAITOUNI           Redacteur en Chef : Jamal HAJJAM
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        Culture
 
Le statu quo de l’art au Maroc, avec les mentalités accompagnatrices…

Par Ahmed HARROUZ (Artiste, professeur chercheur)

L’art contemporaine au Maroc, ce n’est pas le joli tableau qu’on accrocherait (il y’en a des millions dans différentes régions), ou les écoles spécialisées, mais plutôt la réflexion artistique sur laquelle nous fait aboutir une œuvre, pour découvrir son originalité au fond de sa dimension humaine, esthétique, ou philosophique, si elle en a une. Au Maroc, l’art (la peinture, la sculpture, le design, la vidéo, l’installation ou la performance..), ne se définit pas abstraction faite des mentalités (socialement) dominantes, parce qu’en fin de compte c’est les attitudes générales -relevant des ces mentalités- qui déterminent la situation (ou le processus global) dans ce domaine, concernant la production artistique, ou l’information ou la critique, ou le marché de l’art, ou le statut de tout cela dans la communication médiatique, dans l’éducation ou dans l’entendement général de la culture.

Au Maroc, en général (avec des singularités régionales), la recherche picturale s’inscrit dans le cadre de l’expression d’un patrimoine artistique et culturel, et à partir d’un héritage civilisationnel nuancé (dans un espace de culture musulmane, afro-judéo-arabe et amazighe) ; mais ceci n’est qu’une identification qui touche la forme, la technique ou la spécificité de l’entendement artistique, car au fond ,l’être humain Marocain est un être humain comme les autres, et donc les artistes Marocains sont autant dotés de sensibilité universelle de l’Etre et vis-à-vis de la Nature, de l’Univers ou du Cosmos, de la Vie ou de la Mort, du Bonheur ou du Malheur, de la Laideur ou de la Beauté, du Matériel ou du Spirituel. Ceci, pour écarter la vision simpliste (et mercantile) qui veut présenter l’Art contemporain au Maroc comme « naïf » ou simplement d’expression graphique ou calligraphique, tout en admettant que certaines expressions de ces genres sont aussi authentiques. Sinon, pourquoi juste en quelque décennies (d’art contemporain) les artistes Marocains ont pu faire exprimer en différents styles de peinture ce qui a demandé (plus ou moins en qualité, non en quantité) des siècles à d’autres artistes dans d’autres régions du monde et à travers l’Histoire  .. Et en théâtre ou en cinéma -par exemple- ou en photographie, doivent-ils être autant naïfs  !.. L’authenticité de l’expression et de la recherche ou de l’interprétation artistique au Maroc (en peinture, en sculpture, en design, vidéo ou autre) est relevée dans la forme et la lumière d’un réalisme (non orientaliste), ou dans l’expression d’un abstrait (non intellectualisant), ou dans la position du symbole ou de l’objet (non meublant), dans l’esthétique (non exhibitionniste) ou dans une thématique (non simplement académique).
Mais la peinture qui reprend au Maroc l’entendement et la tradition picturale d’autres cultures exprime aussi un droit légitime, à condition qu’elle réussisse cette reprise au lieu de n’en faire qu’un « ridicule plagia », ou un « adoucissant » d’aliénation culturelle, ou de confusion entre l’Art et le marketing de la déco (connu en Europe). L’identité du vrai travail d’art au Maroc fait exprimer l’universalité artistique à travers l’authenticité et la diversité d’une chaleur culturelle (et non d’une culture d’ensoleillement). Ici on ne peint pas le contexte mais on l’utilise singulièrement pour faire exprimer le message qu’on « peint » ; on ne propose pas l’exhibition ou la discussion d’un « thème » mais on le prend comme socle pour une spiritualité méditative. Dans cette expression il y’a le silence expressif d’un langage subtil. Ce genre d’expression et de recherche sérieuse existe au Maroc chez beaucoup d’artistes (connus ou pas connus), même si ce n’est pas courant sur l’avant-scène, et c’est ici que réside la recherche picturale, d’autant plus qu’elle exprime aussi (comme ailleurs dans le monde), une sérieuse consistance intellectuelle et un grand soucis de recherche humaine et d’épanouissement spirituel. Ceci n’a rien à voir avec la tendance (bien courante aussi) qui consiste à « décider » d’être « artiste » ou « critique d’art » simplement après un bon petit déjeuner, dans un beau matin !..
L’inspiration au niveau du travail artistique, ce n’est pas une question de tempérament personnel ou d’état d’âme passager ou de conditions matérielles ; c’est une dimension de perception à laquelle on arrive -ou on arrive pas- quand on engage l’effort de transcender la vision quotidienne ou intellectuelle, pour passer à un autre langage d’expression picturale (dessin ou peinture, sculpture, design,..).. ; le reste serait le produit de circonstance d’humeur exceptionnelle, qui se ferait répéter de différentes manières techniques (le plagia, des autres ou de soi-même..), ou alors c’est un faux semblant fabriqué avec préméditation pour être lancé dans le marché ou pour les médias ( et on dirait que ça réussit souvent !). Le choix du travail artistique sérieux et difficile montre que la question de l’inspiration serait alors un effort de sensibilité et de créativité qu’on découvre un jour dans la voie de l’Art après un travail de recherche, de méditation et de détachement des visions superficielles (et des buts lucratifs ou de célébrité). Et ainsi on investit cet effort de maîtrise à chaque fois pour exprimer ce qui sensibilise, ou ce qui touche l’univers de l’imaginaire, ou ce qui permet de créer ou d’échanger artistiquement. De grands artistes Marocains ont bel et bien fait exprimer la profondeur à ce niveau (et qui sont célèbres au niveau mondial), tel que Ben-yessef ou L’habbouli, ou Belkahia, ou Rabie, ou Fatima Hassan,.. ou de regrettés défunts tel que Kacimi ou Lakhdar, ou Saladi, ou encore des critiques et chercheurs en esthétique, comme le défunt Khatibi ou Amran Elmaleh , Laaroussi, Achefri, Aamirouch et d’autres.. tout en sachant qu’il y’a aussi au Maroc d’autres grands qui ne cherchent pas nécessairement à être connus, ou qui sont morts en laissant seulement des traces qu’on reconnaîtra un jour. Et dans tout cela, l’originalité ne serait qu’une belle harmonie des éléments que formule une expression distinguée (sans reformulation d’autres expressions), permettant une nouvelle appréciation ou lecture traduite en production réelle. Elle serait une chanson non chantée déjà et sortirait d’un rêve non revu.
Apres ces quelques décennies de pratique continue et diversifiée, les arts plastiques au Maroc commencent à affirmer à travers certains travaux et tendances une certaine identité d’expression picturale contemporaine. Cependant, c’est le développement de la critique d’art (et « l’abolition » de la complaisance) qui permettra plus un jour de remettre chaque chose et chaque niveau à sa place : Présenter ou étudier le travail d’un artiste ayant un authentique parcours, ne se confond pas avec la formule de présentation et d’encouragement d’un autre qui cherche -à peine- sa voie. Mais l’on peut remarquer aussi -en passant-, que les relations dans ce domaine s’emportent à confondre entre présentation professionnelle et marketing d’intérêts partagés ; et là il faut rappeler qu’au Maroc ce n’est pas seulement les « milieux politiques »qui devraient accepter de laisser un peu la place sans y placer un neveu (ou un dauphin ), mais aussi les « milieux artistiques » ; on dirait que c’est une « culture » générale de proches que les « intellos » n’aiment dénoncer qu’en milieux politiques ou médiatiques !.. Et puisque les mentalités du féodalisme n’initient pas leur propre changement, il serait efficace que la « culture de la démocratie » soit encore plus expliquée et structurée au niveau pratique, avec les « douleurs » que cela implique. Ceci aurait aussi un bon accompagnement si les penseurs, les philosophes et les écrivains journalistes au Maroc se mêlent plus (en toute responsabilité) de ce que nous prétendons présenter comme « Art », pour voir s’il en est ainsi, pour ne pas laisser ceci aux jugements des « actionnaires » ou spéculateurs entre eux.
C’est bien aussi si la nouvelle gestion du Ministère de la Culture permet d’élever la réflexion sur les arts plastiques au Maroc, ainsi que sur les moyens à mettre à la disposition de leur épanouissement et le soutien des jeunes artistes (pour maintenant et pour l’avenir), et c’est bien aussi si le privé au Maroc appuie l’art et la culture s’il veut retraduire la « Trace » de notre « acte civilisationnel », au lieu d’enfoncer continuellement dans la consommation de «  la bouffe, du béton armé et des voitures de luxe » !.. Et suite à la tenue (et réussite) d’une foire de l’art -à Casa-, pourquoi ne pas initier aussi des foires régionales, pour appuyer cette culture de diffusion de l’art au niveau national. Par ailleurs, la vente aux enchères (dans ce domaine), c’est un bon apport de valorisation, mais cela aussi pourrait être encouragé et structuré dans différentes régions du Maroc, pour la proximité de la découverte et de l’appui, et pour généraliser cette culture d’appréciation, si ce n’est pas de placement dans les œuvres artistiques. En fin, d’une manière spéciale, comment stimuler les conduites générales pour faire de la consommation d’un tableau -ou d’une sculpture ou d’un objet de design-, un penchant quotidien (ou ne serait-ce qu’annuel !..), traduisant une considération de « la création » et appuyant réellement l’intégration du « produit culturel » -peint ou écrit- dans la dynamique économique globale  Comment alors changer une atmosphère situationnelle dans laquelle un grand -ou moyen- cadre (ou commerçant) n’achète pas une œuvre une seule fois par an, ou celle dans laquelle on relève qu’un « investisseur » Marocain (particulièrement dans le tourisme) ouvre une résidence hôtelière qui lui coûte pas moins de cinq millions de dirhams, sans réserver -ne serait-ce que- vingt milles dirhams pour des oeuvres d’artistes locaux, à mettre dans cet espace où il prétend accueillir « avec culture », tout en collant aux murs des « aquarelles de bazars copiées à cinquante dirhams »  !..
Néanmoins, il faut reconnaître les efforts de certaines institutions ou de particuliers ou d’ associations -et de ceux qui les soutiennent- pour faire valoriser effectivement la question culturelle et artistique, tout comme il faut reconnaître aussi ce que cela demande réellement aux décideurs politiques et aux Communes (dans cette potentielle ère de régionalisation !..) pour faire repasser en revue le degré -réel- de considération du culturel et des moyens qu’il faut mettre à la disposition de cela. Mais aussi -sociologiquement parlant-, il faut rappeler que l’opportunisme qui affecte certains milieux politiques (ou simplement et purement commerciaux !..), doit être sérieusement contourné, à cause du « virus féodal » qu’ils portent constamment et qui menace continuellement le travail commun de développement socioculturel et artistique -aspiré- au Maroc, pour une bonne affirmation participative à l’échange international.

28/1/2010
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 Entretien avec Ali Atmane, auteur de « Prisonnier de guerre dans les bagnes de l’Algérie et du Polisario » :
Autobiographie de 26 ans de bagne

Propos recueillis par Saïd AFOULOUS

Ali Atmane, pilote de chasse des Forces Armées Royales de grade capitaine, est abattu à bord de son avion le 24 août 1977 par un missile Sam7 par le Polisario surarmé par l’Algérie. Ejecté de son appareil avant qu’il ne s’écrase au sol, il est fait prisonnier. Un état qu’il endurera dans les bagnes du Polisario et de l’Algérie durant 26 ans, puisqu’il ne sera libéré qu’en 2003. Il vient de publier un livre, premier du genre, autobiographique, écrit par un officier de l’armée de l’air marocain : « Prisonnier de guerre dans les bagne de l’Algérie et du Polisario ». Il est publié à compte d’auteur après avoir refusé par plusieurs éditeurs bien que ce texte referme beaucoup de qualité et constitue un témoignage fondamental. L’auteur y décrit avec force détails une vie de prisonnier où il a enduré, avec d’autres compatriotes et aussi des Mauritaniens, les pires tortures et humiliations en flagrante violation de la Convention de Genève de 1929 sur le droit de prisonniers de guerre. Entretien.

-Pensez-vous avoir apporté quelque chose de nouveau après d’autres témoignages depuis votre libération en 2003 

-A ma connaissance, mon livre est le premier témoignage écrit du genre émanant d’un ancien prisonnier des bagnes de l’Algérie et du Polisario. Il y a eu c’est vrai un témoignage, mais d’un civil, Lamani qui a fait l’objet d’un documentaire.

-Pourquoi vous avez choisi d’écrire 

-Pour témoigner et permettre aux autres de savoir ce qu’on a pu endurer pour rester fidèle à notre patrie jusqu’au bout et à sa devise sacrée : Dieu, Patrie, Roi.

-L’idée d’écrire vous est-elle venue après votre libération 

-Pas tout à fait. J’ai décidé d’écrire depuis que j’étais en détention. J’avais écrit des bouts de papiers que j’avais pu envoyer à ma femme au Maroc par l’intermédiaire de rares journalistes occidentaux ou délégations étrangère en visite aux camps. J’avais accumulé pas mal de notes. Au retour je me suis remis à écrire en reprenant mes vieilles notes.

-Comment vous avez procédé 

-Je me suis laissé entraîner par les souvenirs en notant minutieusement les moments passés par le détail. Car l’essentiel pour moi c’est de montrer la souffrance de milliers de marocains et mauritaniens atrocement torturés parfois à mort dans les camps et complètement oubliés et insister surtout que tout ça n’est pas passé pour rien, que c’est pour la patrie qui a toujours défendu la bonne cause de son intégrité territoriale. J’ai été dans les prisons de Blida et d’Alger la capitale où le chef d’état major de l’armée algérienne Abdallah Belhouchate bras droit de Houari Boumediene, nous rendait visite en personne avec des officiers de renseignements qui cherchaient à nous extorquer sous la torture des données et nous employer dans la guerre de propagande contre le Maroc en nous passant à la radio, radio-Oran. Chaque fois on voyait bien que ce n’était pas le Polisario qui menait le jeu, que c’était un instrument entre les mains des Algériens. Il fallait être là pour le voir. Ça crevait les yeux. A Tindouf je voyais que même à la venue d’un simple lieutenant algérien les gradés du Polisario, y compris Abdelaziz, se levaient par respect ! Ils tremblaient littéralement !

-Est-ce que vous aviez l’espoir d’une libération 

-Nous avions toujours nourri l’espoir d’une libération prochaine, le retour à la mère patrie était un rêve de tous les jours. En 1987 le Maroc a libéré des prisonniers algériens mais malheureusement le geste réciproque n’a pas eu lieu, puisque les Algériens n’ont pas libéré les détenus marocains comme on s’y attendait. C’était une immense déception. Beaucoup de prisonniers marocains environ trois mille. Un certains nombre mourront de mauvais traitements, manque de nourriture, manque de soins. Environ 2300 ne devaient être progressivement rapatriés que bien plus tard. Parmi les plus anciens il y en avait qui étaient capturés en 1975.
-L’attente vaine d’une libération a poussé beaucoup de prisonniers désespérés
à s’évader mais peu ont pu réussir 
-Très rare en effet ceux qui ont pu réussir. Il faut disposer de toute une nuit de marche. Malheureusement on faisait l’appel des prisonniers très souvent et lorsqu’on constatait une absence on parvenait à rattraper l’évadé, les poursuivants étaient très forts pour retrouver les traces dans le désert. Une fois rattrapé l’évadé était torturé de manière atroce pour ne plus jamais recommencer. Pourtant l’un des mes sympathiques compagnons, un soldat deuxième classe, appelé Lahcen Assouaki dit Bibi, âgé de trente ans, malgré les tortures chaque fois quand l’occasion se présentait il s’enfuyait. La quatrième fois les geôliers en avaient assez : il a été froidement assassiné pour servir d’exemple. Une fois je lui avais demandé pourquoi il recommençait. Il m’a répondu que chaque fois il était sûr qu’il allait réussir. Je lui ai demandé ce qu’il allait faire une fois arrivé chez lui à Khénifra. Il m’a répondu qu’il allait marcher à pied de Khénifra à Meknès. Je lui ai demandé pourquoi il ne prendrait pas un taxi ou l’autocar. Il m’a répondu qu’il voulait faire une longue marche avec la conviction ferme que personne ne le poursuivait. Ça m’a paru si bien dit, plein de philosophie pour un soldat illettré.

-Les mauvais traitements c’était aussi de la mauvaise nourriture.

-On mangeait des lentilles à midi et des pâtes alimentaires le soir. Il nous arrivait de rester 4 à 5 ans sans manger de protéine animale. Lors de leur fête nationale du 27 février ils nous exposaient à la presse internationale. A cette occasion il arrivait qu’on égorge entre 30 à 40 dromadaires, mais on n’en recevait pas le moindre morceau. A moins d’en voler !
Quant aux dons alimentaires pour les refugiés ils faisaient l’objet de trafics. On les détournait pour les revendre.

-Durant votre longue détention vous aviez constamment le souci de votre petite
famille 
-Oui j’ai laissé ma femme avec un fils âgé d’un an et une fille âgée de 15 jours. Je me souciais de leur avenir. Il y a une solidarité dans la société marocaine dont mes enfants ont éprouvé l’efficacité. Mes enfants avaient des copains de classe qui ont appris ce qu’il en était de ma captivité alors leur famille par compassion ont aidés mes enfants chaque fois qu’il le fallait.
Pour sa part ma femme avait souffert le martyr. Au début j’avais peur, l’idée de la situation de ma femme et de mes deux enfants me rendait moralement malade. En fait je me suis rendu compte que je sous-estimais les femmes marocaines. Nous devons être fiers de nos filles et de nos femmes. Ma femme s’était battue admirablement pour élever les enfants. Elle a eu un héritage et elle a tout vendu pour passer ces années. A mon retour j’ai découvert une maison vide.
Par contre des enfants bien éduqués et formés et que j’ai retrouvés 26 ans après.

-Vous aviez des déceptions d’un genre particulier.

-Par exemple une idée me passait souvent par la tête quand nous avons eu, les dernières années de notre captivité, droit de regarder la télé : jamais dans les prières de vendredi les prédicateurs n’évoquaient notre situation. On priait pour Gaza, pour les prisonniers Palestiniens, pour la tragédie des Irakiens mais jamais une petite pensée pour nous comme si on n’existait pas !
Mais pour moi je ne me soucie plus de rien aujourd’hui. Malgré toutes ces souffrances dues essentiellement à une haine incroyable et gratuite de nos voisins algériens, il y a quand même un réconfort, c’est que nous avons souffert pour une cause très juste, pour notre patrie. Il ne reste qu’une chose c’est la récupération totale des terres marocaines spoliées, c’est ça qui sera positif.
A cette occasion je rends un grand hommage à mes amis de captivité qui ont su gardé leur identité et sont restés fidèles à leur devise « Dieu Patrie Roi » grand hommage à leur combat et résistance malgré les mauvais traitements, la torture en violation des droits de prisonniers de guerre, ainsi que ceux qui sont morts dignement. Mon vœu le plus cher c’est qu’on rapatrie les dépouilles disséminées dans le territoire du désert et les enterrer à proximité de la résidence de leurs proches. J’ai une pensée aussi aux soldats marocains blessés dans les combats et achevés froidement par les mercenaires parce que les Algériens ne voulaient pas perdre du temps et de l’argent pour soigner des blessés.

Encore une fois je rends hommage aux familles des prisonniers qui ont tant souffert dans le silence. J’ai essayé de les évoquer dans mon livre. Mais je pense que ça mérite l’écriture d’un autre livre pour rendre hommage avec plus de justice aux familles des prisonniers du Polisario et de l’Algérie qui avaient enduré le martyre.
Je n’oublie pas non plus les prisonniers mauritaniens nos alliés. On les a oublié j’ai essayé de les évoquer aussi.

-Quel a été votre sentiment à votre retour au pays 

-Quand je suis revenu au pays après ma libération j’ai découvert que tout était changé. J’étais comme les 7 dormants Ahl Lkahf. Moi aussi j’avais beaucoup changé. Les villes sont devenues tentaculaires où je ne reconnaissais à peine que les vieux quartiers. Tout avait changé. Mais contre toute attente la campagne avait changé autant que la ville. J’ai constaté que dans ma région de Midelt la forêt de cèdre et de chêne verts avait reculé de plusieurs kilomètres, Dayat Awa n’était plus qu’une petite flaque d’eau à cause de la sécheresse et au lac Aguelmane Sidi Ali aussi l’eau avait baissé de plusieurs mètres, le poisson se fait rare alors que les eaux étaient poissonneuses dans les années 70. A Agadir j’ai retrouvé avec surprise des fruits exotiques que je n’avais jamais vu alors qu’ils font aujourd’hui partie du paysage pour le commun des mortel. Les prix avaient grimpé j’avais laissé la viande de mouton à 12,50 Dh le kg !

-Est-ce que c’était facile de publier votre livre une fois écrit 

-Pas du tout. J’ai d’abord proposé le texte à un éditeur français qui a accepté au début avant de se raviser. Il s’inquiétait en se demandant si le livre pourrait être distribué au Maroc car, disait-il, s’il y a censure et si ce n’est vendu au Maroc ça risque d’être un fiasco pour lui, commercialement parlant. Du coup j’ai galéré depuis 2005 pour chercher un éditeur. J’ai contacté pas mal d’éditeurs en vue à Casablanca et Rabat mais aucun n’a accepté de me publier. Je ne me suis pas laissé abattre. J’ai décidé de publier à mon compte en contactant un imprimeur Najah El Jadida à Casablanca. Ce qui m’a encouragé le plus c’est que j’ai pensé que ça valait le coup de faire sortir ce livre coûte que coûte. Je me disais que si les gens n’étaient pas au courant de ce qui s’était passé réellement aux camps, j’aurais failli à un de mes devoirs.

-Que faites-vous actuellement 

Je m’occupe de lire et d’écrire. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait depuis mon retour au pays. Je me suis intéressé à la grammaire berbère et j’ai publié un ouvrage en 2005 que j’ai intitulé « Grammaire de la langue berbère » et où je défends un point de vue qui veut que le berbère peut s’écrire en caractère latin. En 2008, j’ai publié un ouvrage qui me tenait à cœur sur les noms de villes marocaines et où je défends, arguments à l’appui, l’origine berbère de beaucoup de noms de villes marocaines dont Fès, Mogador etc. En prison je passais de longs moments de solitude à réfléchir à ces choses et cela m’est resté. C’est comme si j’avais écrit un long brouillon que j’ai récupéré par la suite.

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« Prisonnier de guerre dans les bagnes de l’Algérie et du Polisario », de Ali Atmane, 350 pages, distribué par Sochpress.

28/1/2010
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  L’EXPERIENCE PLASTIQUE DE SAÏD OUATTAR
Symphonie des formes

Par Abdellah CHEIKH (Critique d’art)

Saïd Ouattar, dit Saout, (vit et travaille à Casablanca ) a été catalogué récemment parmi les exposants à la Foire Internationale de l’Art de Casablanca dans sa première édition , et ce aux cotés de Elisabeth Piquet, Liliane Danino, Marie Laurens Caye, Alissandro Ciffo, Teresa Acinas Baceta, Jean Simian, C.Chautagnat, philipe Huart, Damien Hirst, Saïd Housbane, Abdelkrim Ghatas, Malika Agueznay, Ahmed Bouidi, Ismail Tirssi, Saïd Raji, Khalid Bkay, Saïd Qodaid , Mohammed Salmi et bien d’autres encore
.Le langage plastique de Saïd Ouattar est varié, saccadé et plein de fougue. C’est une véritable symphonie des formes, des couleurs et des sensations. Ses toiles révèlent tout un univers iconique ou s’entrelacent et s’entredéchirent des prospections artistiques multiples. Ouattar, en homme autonome, donne libre cours à son imagination créative et exaltée. L’artiste est inclassable pour la simple raison que le foisonnement de ses récentes oeuvres développe un langage de signes spécifiques. Il les associe à des espaces colorés. Il cherche à simplifier son langage pictural et tend vers l’abstraction.
Les richesses de sa palette font de sa peinture une scène atypique de transe et de visions dont la rêverie nous comble de messages difficiles à saisir ou à décoder. Sa peinture est une sorte de brassage artistique et culturel voire une aventure débordante de fantaisie et de rêverie. Sa touche originale suscite tout un processus de réflexions et de méditations.
Natif de la haute montagne, Ouattar a vécu en France, aux USA et en Suède ou il a fréquenté les ateliers et les musées. Il a été marqué par cette multitude de cultures à la fois semblables et opposées. Son acte pictural est une offrande et une floraison continue. Il s’agit d’une écriture subjective d’une extrême sensibilité et d’une délicatesse inouïe.
De l’ingénierie et de la recherche scientifique, il a pu façonner un langage plastique qui anime une extrême simplicité et élimine tout ce qui est superflu, tout en gérant la légère texture linéaire qui se renforce de grands signes.
En posant de façon nouvelle le rapport des moyens techniques et du sens, les œuvres de Ouattar montrent que la forme, la touche, les tons, la composition sont les véritables signes du peintre. Il revient aux images inspirées par le langage onirique et l’obsession de la vie, thématique essentielle de ce poète-peintre visionnaire.
L’artiste a su exprimer que le tableau doit être une chose organique en lui-même, comme sont organiques les plantes et les animaux, tout ce qui vit au monde et dans le monde. C’est là l’affirmation la plus importante de l’œuvre de Ouattar qui annonce par là les peintres de la peinture inobjective. Il enchante son goût du rêve, son abandon à l’irrationnel, et les abstraits par ses fonds musicaux qui ne sont que taches de couleur et suggestion de mélodie.
La production artistique intense de Ouattar dégage toute son énergie. Cependant, sur le plan lexical, la terminologie commune (composition, ton, gamme, harmonie, rythme, accord, fugue, etc.) fournit à Ouattar nombre de titres des oeuvres. Dans ce contexte, Ouattar imagine une peinture polyphonique qui « surpasse la musique dans la mesure où le temporel y est davantage spatial ». Des œuvres « divisionnistes » transposent le mode sonore au visuel : des aplats colorés recouverts par la modulation de touches séparées constituent des études de contrepoint mélodique et rythmique.

28/1/2010
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« Bluegrass Music » avec le duo américain « Michael Miles Duo»

Dans le cadre de ses activités culturelles au Maroc, la section des Affaires publiques près l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Rabat, présente une série de concerts avec « Michael Miles Duo, » qui se produiront dans plusieurs villes du royaume, du 27 janvier au 2 février.
A Marrakech, le mercredi 27 janvier à 18 heures  à l’espace américain « American Corner », Dar Eattakafa, Daoudiate 
A Beni Mellal, le jeudi 28 janvier à 19h 30 à la salle de la Chambre du Commerce 
A Khouribga, le vendredi 29 janvier à 19h 30 à la salle des fêtes de l’OCP 
A Casablanca, le dimanche 31 janvier à 18h au théâtre Mohamed VI ;
A Meknès, le mardi 2 février à 19h 30, au théâtre Fquih Mnouni.
Outre ses performances dans 5 villes du royaume, le duo américain va présenter 6 concerts éducatifs auxquels assisteront les élèves bénéficiant du programme de la langue anglaise « Access, » et va animer 4 ateliers de musique et va faire des fusions avec 6 groupes marocains.
« Michael Miles Duo » travaille en solo et aussi dans des contextes variés, en duo et en accompagnement d’orchestres. Il a travaillé avec des orchestres professionnels ainsi que des centres éducatifs. « Michael Miles Duo » dispose de son propre répertoire et de sa propre musique qui consiste en musique traditionnelle, populaire et classique organisés pour les chaînes ou d’accompagnement d’orchestres.
Michael Miles qui connait la musique marocaine a introduit plusieurs instruments traditionnels marocains dans sa musique.
Pendant ses spectacles au Maroc, il invitera sur scène plusieurs musiciens et groupes locaux.




28/1/2010
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  Il expose à l’hôtel Royal Mansour à Casablanca (du 2 au 25 février 2010)
Youssef Benjelloun Peinture ethnographique désuète
Bien que son nom ait fait partie du premier peloton d’artistes marocains aujourd’hui célèbres (A. Cherkaoui, Gharbaoui, Zine, Melehi, etc.), le parcours artistique de Youssef Benjelloun a toujours connu des hauts et des bas, voire des éclipses qui l’ont empêché de s’imposer dès les premières heures de l’art contemporain au Maroc.

Par Abderrahman BENHAMZA (Critique d’art)

C’est une peinture qui s’est toujours inscrite de manière quasi pléonastique dans le paysage, les scènes de genre et les portraits dont il tire la matière de sa ville natale, Ouezzane. Benjelloun avait aussi, dans sa jeunesse, fait partie de la première « Association des artistes peintres marocains », constituée début de l’année 1961 et dont feu Moulay Ahmed Alaoui était alors le président, comme il avait donné ici et là quelques expositions dont la plupart les médias ont tout juste signalé la tenue. Il s’agit d’une démarche et d’une thématique figurative à caractère largement ethnographique ; elle s’attache tout entière à la description par les traits et la couleur, et essaie de raconter à sa manière un mode de vie aujourd’hui révolu. Une figuration qui ne s’est pratiquement jamais écartée de son centre d’intérêt, celui d’une ville d’antan, toujours présente à la mémoire, que les tableaux évoquent tant bien que mal, à coups de dessins proches de l’esquisse et d’une palette rendue sentimentale jusqu’à la sensiblerie. Ouezzane, petite ville du nord du Maroc connue pour son charme quasi rifain, ses gens qui, à voir les œuvres de l’artiste, semblent être le produit beaucoup de l’espace que du temps, son atmosphère et ses traditions enracinées. Une ville dont Benjelloun a voulu peindre et repeindre jusqu’à saturation les divers aspects sociaux représentés surtout dans les petits métiers et dans la populace, sinon nés de ses souvenirs inventoriés selon les besoins de la cause et typés comme de fameux (ou fumeux) prototypes. L’artiste chercherait à sonder la psychologie de ses personnages ou ce qu’il croit être le cas, n’hésitant pas de s’attaquer à une portraituration où la forme perd nettement en profondeur et le graphisme en conviction. Pour basculer dans un réalisme décharné, aux trouvailles extravagantes et à l’éloquence bavarde. Cela manque réellement d’imagination, et il en est de même dans les natures mortes et les paysages, qui ont pour vocation primaire de célébrer un terroir proche du fantasme au lieu que l’artiste cherche à en transcender l’image par des jeux de lumière et de couleur ciblés.

La peinture de Youssef Benjelloun fait ainsi dans la chronique sentimentale et dans une narration vaudevillesque. Se voulant raffinée, la touche finit dans le maniérisme et le décoratif. Les personnages, existant sans doute déjà sur des photos anciennes, affichent une galerie locale aux expressions devenues folkloriques. Pour l’artiste, ils feraient office de repères d’une classe sociale à laquelle il resterait sentimentalement attaché, tellement sa technique résonne de partis pris théoriques. L’ambiance de la vie quotidienne à Ouazzane aurait été du fait recréée avec ses détails, si le traitement de la lumière et des couleurs assurait une réelle réception. Le sens d’observation de Youssef Benjelloun, qui a quand même fait des études d’art, semble tirer profit du seul regard tangible, celui dédaigné par les peintres naturalistes essentiellement tournés vers la mise en valeur de l’aspect émotif des personnages. Benjelloun semble aussi tirer profit de certains effets colorés qui interpelleraient sa nostalgie du temps passé à Ouezzane... Le titre « L’homme penché sur son passé » conviendrait parfaitement à ses thèmes.
L’artiste connaît pourtant la valeur illustrative du trait, l’importance sémantique des nuances et des dégradés. Il fait parler toutefois à son art un langage de témoin oculaire, ce qui est complètement démodé. Aussi, ses représentations se donnent-elles comme des références manquées et des réminiscences de fortune. Au point de parler à son endroit d’un amateurisme éclectique, qui serait né de l’enthousiasme.
Les figures et les lieux interpellés, pris ensemble, si on compare Benjelloun à d’autres figuratifs marocains qui excellent dans le rendu et jonglent avec l’imaginaire artistique, finissent par basculer dans une création utilitaire parce que décorative et vice versa. L’artiste n’aurait peut-être eu d’autre idée en tête que celle de « réaliser » son projet d’exposition. Le sentiment du « vrai » qui s’en dégage n’est au fond qu’une vue de l’esprit.

28/1/2010
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  ABDELHALIM RAJI
Suave errance poétique

Par Hamid BOUHIOUI (Artiste peintre)

C’est son apparente obsession pour les personnages féminins qui donne le plus envie de connaître l’artiste Abdelhalim Raji. On le dit rêveur et introverti. On dit aussi qu’il aurait traversé des chemins semés d’embûches, avant de trouver son équilibre à Paris. En fait, nul besoin de le connaître personnellement, son travail parle sans ambigüité, utilisant un langage clair qui parle directement au cœur.
Abdelhalim Raji est, de toute évidence, né un crayon à la main ! Diaboliquement adroit, ses œuvres exécutées avec une certaine dose de pragmatisme et de discernement, font preuve d’une maîtrise incontestable du dessin, mais aussi de la peinture parfaitement dosée. Admirable trait, délicats coups de pinceau.
Rien n’échappe à cet artiste piquant qui ne privilégie pas vraiment les effets du hasard.
Les personnages de Raji s’imposent immédiatement à nous. Ses œuvres sont d’une rare beauté, soulignant ainsi son attachement vital et sensuel à la vie.
Sa peinture provoque instantanément, chez l’observateur, une bousculade d’émotions et de sensations souvent agréables –parfois confuses.
Après une longue disgrâce, le thème ‘humain’ retourne en force dans le monde de l’art, avec comme corollaire un franc retour aux diverses expressions de la figuration. On s’intéresse de nouveau à l’autre, avec ses inquiétudes, ses forces et ses fragilités. Certains peintres jadis abstraits, se sont donc mis dernièrement à la figuration –parfois avec une difficulté visible.
Mais Raji s’est affranchi depuis longtemps des limites que les autres dressaient entre la figuration et l’abstraction, il s’est construit, au fil du temps, un univers émouvant, chargé d’amour et de pudeur.
Les portraits et les silhouettes féminines, souvent dans une exquise errance poétique, sont cernés de signes berbères et d’autres motifs que l’artiste aurait absorbés durant ses pérégrinations.
Avec sa gamme chromatique plutôt sobre, terre de sienne, terre d’ombre, et divers ocres, Raji suggère avec une grâce délicate toute en évocation légère et avec beaucoup de pudeur, l’essence de la féminité maure, chatouillant ainsi le divin et son insondable mystère.

*Abdelhalim Raji vient d’achever une exposition à la galerie Marsam 2 à Casablanca.

28/1/2010
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  « Sociologie des médias » de Rémy Rieffel
Médias et biens culturels

Par Ahmed IDRISSI (Chercheur universitaire)

- Les médias jouent-ils vraiment un rôle essentiel dans la diffusion de la culture authentique 
- Est-ce que nous pouvons nous fier, sans aucun souci, aux productions médiatiques des biens culturels 
- Les émissions télévisées et les films au cinéma ont-ils la capacité de prendre la place des livres en papier 
Ce sont là quelques questions, qui ont traversé mon esprit, en parcourant l’ouvrage passionnant et intéressant de Rémy Rieffel à savoir « Sociologie des médias ». Cette œuvre procède à la correction de certaines croyances erronées de certains de nos intellectuels.
Avant de répondre aux questionnements précédents nous devons reconnaître que les médias accomplissent une mission indéniable dans la diffusion, à grandes échelles, de produits culturels : livres, musique, films, expositions picturales, représentations théâtrales. Ils les font connaître au grand public et aux masses populaires. Mais ont-ils pour autant une place réelle dans les analyses littéraires et artistiques. Faudrait-il nous contenter des bribes de culture émis par le support médiatiques, mêmes les plus récentes, à savoir l’Internet pour prétendre être cultivés et prendre connaissance des références de base, qui ne sont autres que les livres.
A cet égard, Rieffel nous rappelle qu’à l’époque actuelle la culture obéit à la loi du marché, c’est pourquoi il faudrait recourir, comme il dit, aux techniques du marketing car « la culture se vend de plus en plus en fonction de rentabilité, d’efficacité et de stratégies de promotion très élaborées ». (p. 67).
Affirmons que les médias ont contribué largement à ce côté industriel de la culture, puisque deux phénomènes récents ont renforcé la loi de l’offre et de la demande ainsi que de l’aspect économique des productions culturelles :
a) la création de multinationales de la communication qui dominent journaux, livres, programmes, films, disques…
b) la mondialisation qui favorise les pays riches à consolider leur hégémonie sur les marchés des biens culturels des pays pauvres.
« Les grands groupes de communication jouent sur tous les tableaux et tentent d’obtenir une suprématie incontestée en maîtrisant toutes les formes de production et de diffusion de la culture ». (p. 68)
Dans ce contexte de compétitivité atroce et inégale l’édition, petite et moyenne, se trouve dans des difficultés immenses pour publier des ouvrages, peu rentables, et qui sont en général, d’une valeur incontestable. D’où le danger qui guette la publication de livres de sciences sociales (sociologie, histoire, psychanalyse, économie, essai…), qui régressent devant les publications à gros tirages de grand groupes, mais de valeur contestable et éphémère.
La même remarque est valable pour les productions cinématographiques et médiatiques, car aujourd’hui, des groupes industriels considèrent les journaux comme n’importe quelles autres marchandises. Par conséquent, ils n’accordent pas d’importance aux côtés intellectuel et informatif des journaux.
Ces remarques nous poussent à affirmer que les industrie culturelles, régies par les médias, contribuent malheureusement à l’uniformisation et par conséquent à la dévalorisation des produits intellectuels : (livres, journaux, films, disques…).
Néanmoins pour parer à cet aspect négatif les auditeurs et spectateurs sont appelés à user fortement de leur esprit critique.
Pour nous ce qui fait la valeur d’une culture c’est ses particularités, son originalité, sa spécificité et ses apports nouveaux et positifs à la civilisation humaine. C’est pourquoi il est vital pour le public des produits culturels diffusés médiatiquement d’être vigilants et de décortiquer la graine de l’ivraie. Il s’agit d’éviter, à tout prix, toute consommation aveugle de ces produits sans les avoir analyser en profondeur, sans revenir à leurs références d’origine car on risque de tomber dans la médiocrité, la dénaturation et la décadence de la culture vraie et authentique.
La problématique soulevée par le chapitre 4 du livre « Sociologie des médias » intitulé « Les médias contre la culture   » est digne d’intérêt et d’étude, car si la diffusion d’œuvres littéraire et artistique par les différents moyens des mass-médias (presse, audio-visuels, Internet, cinéma etc) est en fait louable, elle reste cependant très insuffisante, car rien ne peut remplacer la réception personnelle et directe de ces œuvres. C’est pourquoi nous appelons à leur étude effective avant de les voir sur les écrans (ou même après) et surtout de procéder individuellement à leurs analyses approfondies.
- A suivre -

28/1/2010
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