Directeur : El Atouabi Majdouline           Redacteur en Chef : Ahmed NAJI
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        Economie
  L’intégration, un investissement dans la sécurité et la résolution de conflits
Maghreb : C’est « l’heure de passer à l’action », constate la BAD
Plus de deux ans après le début du printemps arabe, l’Afrique du Nord reste confrontée au défi de transformer la transition politique en gains décisifs dans les domaines sociaux et économiques. En plus des difficultés que rencontre la région, le développement dans les pays voisins n’a pas été favorable. Au Sud, elle a subi les effets néfastes des insurrections armées et des conflits dans les pays du Sahel. Au Nord, l’Europe reste confrontée à la pire crise économique depuis des décennies. Bien que les développements dans la région diffèrent, les dernières années ont démontrées combien les pays de l’Afrique du Nord sont interdépendants et liés aux pays voisins, au nord comme au sud.

Dans le chapitre intitulé « L’intégration économique du Maghreb : l’heure de passer à l’action » qui figure dans son nouveau rapport « Le Groupe de la Banque africaine de développement en Afrique du Nord », cette institution considère que la transition politique vers une meilleure gouvernance et des sociétés plus participative en Afrique du Nord s’inscrira dans la durée. L’objectif prioritaire de la Banque Africaine de Développement est de répondre aux demandes d’un développement économique et social plus inclusif en appuyant les efforts des pays de la région. Dans un contexte où les turbulences externes et internes sont courantes, la résilience est la pierre angulaire dans la construction d’une plate-forme solide pour une croissance inclusive et une meilleure protection des personnes vulnérables. Ainsi, cette année, le thème principal du rapport annuel de l’Afrique Nord est la résilience - dans les stratégies nationales de développement, dans la sécurité alimentaire mais aussi dans la construction d’une intégration régionale plus solide.
Dans le chapitre consacré à l’intégration économique du Maghreb, la BAD « suggère que la situation post-révolutionnaire actuelle représente une opportunité historique pour les pays d’Afrique du Nord de réajuster leurs relations commerciales et financières et accélérer les efforts d’intégration économique aussi bien à l’échelle régionale que mondiale. Ce chapitre examine également les gains potentiels, les défis et les contraintes de l’intégration régionale. La mise en place des conditions nécessaires pour l’émergence de chaînes d’approvisionnement et de réseaux de production au niveau régional, conformément aux recommandations du rapport, permettra de libérer le potentiel économique de la région, de diversifier les exportations et de créer davantage d’emplois ».
La BAD examine l’état de l’intégration économique des pays du Maghreb dans le monde, le monde Arabe et au sein même du Maghreb. Il met l’accent sur le commerce des biens et services, sur l’intégration des infrastructures transfrontalières et évoque les avantages possibles et les obstacles majeurs à une plus large intégration.
L’objectif principal est de permettre aux décideurs dans les pays du Maghreb et à leurs partenaires de développement de multiplier les efforts envers une intégration rapide au Maghreb et au-delà de la région.

Le Maghreb : Un quart
de la population du monde
arabe,un sixième de son PIB
et moins de la moitié de celui
des Pays Bas

La sous-région du Maghreb représente environ un quart de la population du monde Arabe (89 millions d’habitants) et un sixième de son produit intérieur brut (378 milliards USD, soit légèrement moins de la moitié du PIB des Pays Bas) en 2011. La sous-région comprend cinq pays : l’Algérie, la Libye, la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie. L’Algérie et le Maroc sont démographiquement les plus grands pays, représentant plus des trois quarts des habitants et du PIB de la région.
Les pays du Maghreb varient énormément en termes de ressources. Alors que l’Algérie et la Libye sont riches en ressources naturelles, les trois autres pays qui ne le sont pas autant disposent d’une main d’oeuvre abondante. Les principales ressources naturelles de la sous-région sont le pétrole, les minéraux métalliques et non métalliques et les produits de la pêche. Dans le cadre des ressources énergétiques renouvelables, le Maghreb pourrait être une source importante d’énergie solaire. Bien que la zone soit géographiquement assez étendue (plus de 70 % de la surface des Etats Unis), une forte proportion de la surface de la sous-région est désertique et par conséquent impropre a l’agriculture ; seuls le Maroc et la Tunisie jouissent de surfaces relativement importantes de terres arables et cultivées.
Comme dans le reste du monde Arabe, les pays du Maghreb sont confrontés à des défis majeurs de développement. Ces défis sont : une population jeune et en pleine expansion, un taux élevé de chômage des jeunes, une forte vulnérabilité aux chocs des prix et au changement climatique, une faible gouvernance et des secteurs publics inefficaces. La sous-région connaît actuellement des changements politiques significatifs à la suite du Printemps Arabe qui a déclenché une vague de protestations dans la région, exprimant les frustrations populaires à l’égard du manque d’emplois et de la mauvaise gouvernance. Les gouvernements de la sous-région sont sensibles à ces volontés de réformes et mettent en oeuvre des mesures visant à stimuler la création d’emplois, à rendre la croissance économique plus inclusive et à favoriser la participation populaire dans le processus du développement. Le Printemps Arabe impose la nécessité de dynamiser et intensifier immédiatement les efforts d’intégration régionale. A cet égard, le soutien de la communauté internationale est primordial, tel que ce fut énoncé dans l’Initiative de Deauville
Ce partenariat appelle les pays partenaires (Egypte, Jordanie, Libye, Maroc et Tunisie) à formuler des programmes des réformes économiques et de gouvernance qui permettraient d’améliorer la compétitivité nationale et promouvoir le commerce et l’IDE. En retour, les partenaires de Deauville (qui comprennent, en plus des Pays du G8, le Koweït, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie, les Émirats arabes unis, et les neuf institutions financières internationales et régionales) se sont engagés à soutenir les pays partenaires à atteindre leurs objectifs de transformation économique et politique à travers trois piliers stratégiques: la gouvernance, les finances et le commerce.

Opportunités et défis
de l’intégration économique

Il a été démontré dans la littérature économique et les études empiriques qu’en termes globaux, les avantages de l’intégration dans l’économie mondiale sont supérieurs à leurs coûts. La coopération régionale et l’intégration dans l’économie mondiale peuvent être considérées comme complémentaires, sachant que la coopération et l’intégration régionales ouvrent la voie à une plus large coopération mondiale de marchés et qu’en retour l’intégration avec des marchés plus importants hors-région contribue à élever les normes et créer des incitations en vue d’une plus grande intégration régionale.
L’intégration économique régionale peut engendrer un marché positif, assurer une plus grande efficacité et améliorer le bien-être à long terme. Tout d’abord, l’extension des marchés domestiques offre des opportunités
pour de plus grandes économies d’échelle et pour l’accès aux marchés, et peut ainsi conduire à des gains d’efficacité et de productivité. En second lieu, l’ouverture des marchés sur une base préférentielle peut aider les entreprises exportatrices à mieux connaître les conditions des marchés étrangers et à s’y adapter. En troisième lieu, l’intégration économique régionale peut contribuer à ancrer les réformes souhaitables, conduire à la bonne gouvernance et accélérer la transformation institutionnelle dans des secteurs tels que les procédures douanières, les règles et règlements et les normes de qualité des produits. En quatrième lieu, elle peut aider les petites économies à résoudre les problèmes structurels inhérents tels que les structures peu diversifiées, les frais généraux excessifs et la haute vulnérabilité aux chocs. Enfin, l’intégration régionale pourrait être perçue comme un investissement dans la sécurité et la résolution de conflits. Toutefois, l’intégration économique régionale implique que les pays membres auraient à renoncer à certains droits comme l’élaboration de normes et politiques propres ; ce que les dirigeants politiques dans les pays de la région pourraient avoir du mal à accepter. Si elle est mal gérée, l’intégration régionale peut favoriser l’inefficacité en détournant le commerce, renforçant le protectionnisme et décourageant l’intégration dans l’économie mondiale. Les coûts et les avantages de l’intégration économique ne sont pas les mêmes pour tous les pays arabes ; ce qui explique pourquoi les priorités de l’intégration économique dans la région sont variables. Pour renforcer l’intégration économique il ne s’agit pas seulement d’éliminer les barrières tarifaires et non tarifaires. Il s’agit d’intégrer et d’améliorer le transport, les infrastructures et la logistique commerciale, d’harmoniser les dispositions institutionnelles et les pratiques, et d’améliorer les politiques et règlements ‘behind the border’ susceptibles de ralentir l’activité économique (tels que les politiques du taux de change, les réglementations financières et les principes de concurrence).
Les expériences de diverses régions du monde démontrent que l’évolution de l’intégration économique est directement liée à la volonté politique de soutenir les efforts d’intégration économique, à la réalisation de « victoires rapides » (« early successes ») et à la sensibilisation aux avantages de l’intégration économique. Les efforts d’intégration ont souvent réussi suite à un développement de réseaux nationaux de fournisseurs. C’est le cas de l’industrie automobile en Europe de l’Est et des secteurs de l’électronique, des ressources naturelles et de la pétrochimie de l’Asie orientale. Ces réseaux ont largement contribué à la réussite économique de ces régions. De tels réseaux transfrontaliers de production sont en mesure de tirer avantage des écarts de salaires et de ressources naturelles entre les pays, des distances réduites de transport et des économies d’échelle engendrées par la spécialisation.
Ces réseaux de production sont en évolution constante entre divers pays jouant divers rôles dans les chaînes de valeur, au fur et à mesure que les compétences et capacités nationales évoluent. En Asie par exemple, au fur et à mesure que les économies se sont intégrées par le biais du commerce, des flux financiers et de l’investissement direct, le commerce interrégional a évolué d’une façon telle que l’Asie entreprend autant d’échanges inter-continent que l’Europe et l’Amérique du Nord. Les retombées économiques de l’intégration de l’ASEAN (l’Association des Nations de l’Asie du Sud Est) qui avait démarré en 1967 et qui a progressivement évolué aussi bien en termes de pays que d’activités commerciales, ont été substantielles. La croissance commerciale de l’ASEAN a rapproché les pays riches des pays pauvres, a créé des réseaux régionaux de production puissants et une économie régionale dynamique. Cette collaboration transfrontalière comprend l’échange de matières premières et de pièces et composantes industrielles, la circulation de main d’oeuvre qualifiée et les investissements directs étrangers (IDE). Certaines études suggèrent que le commerce dans le monde Arabe et la sous-région du Maghreb est inférieur à son potentiel.
L’étude suggère que les gains globaux de la libéralisation du commerce des biens (y compris le retrait des mesures non tarifaires) pourraient atteindre au moins 350 $ US millions et devancent les gains de productivité comme conducteur principal. L’estimation est basée sur une simulation et comprend l’Egypte parmi les pays d’Afrique du Nord.
Les modèles de gravité utilisés pour estimer le potentiel commercial inter-pays en fonction du volume économique, de la distance géographique et d’autres caractéristiques nationales, concluent de façon systématique que le commerce dans la région MENA est inférieur à son potentiel. Les estimations continuent d’indiquer que les exportations représentent moins de 50% du potentiel et peuvent être de 75% inférieures au potentiel (Behar et Freund 2011; Diop et al. (2011). Un autre indice de l’évolution limitée de l’intégration économique est la faiblesse des flux d’IDE, notamment avant 2000. Les entrées nettes d’IDE dans le monde Arabe entre 1985 et 1999 ont stagnées, période durant laquelle les flux d’IDE comme pourcentage du PIB ont sextuplé dans la plupart des autres régions. Depuis 2000, les flux d’IDE ont considérablement augmenté à la suite du boom pétrolier du Golfe et des efforts pour améliorer l’environnement des affaires et accélérer les réformes structurelles et institutionnelles (Gourdon 2010).

Le régionalisme, forme la plus populaire du libéralisme commercial

Par ailleurs, il est de plus en plus affirmé qu’une intégration régionale effective au Maghreb et plus généralement dans le monde Arabe présente de potentiels avantages économiques intéressants. Une étude de la Banque Mondiale (Brenton et al. 2006) indique que le PIB par habitant en Algérie, au Maroc et en Tunisie devrait presque doubler entre 2005 et 2015 si une intégration régionale significative avait lieu. Casero et Seshan (2006) présentent une estimation des répercussions possibles des différents scénarios de l’intégration régionale au Maghreb sur la croissance globale du PIB sur une période de 10 ans (2005-2015). Leurs conclusions indiquent que les pays constitutifs de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) tireraient des avantages économiques importants d’une intégration plus profonde et significative entre eux et avec l’UE. Une étude plus récente de la Banque Africaine de Développement (Santi, Ben Romdhane et Shaw 2012) indique que le manque d’intégration parmi les pays d’Afrique du Nord pourrait leur coûter jusqu’à 2 à 3 % du PIB. Une autre étude réalisée par la BAD (2012) indique que la Tunisie pourrait tirer de grands avantages de l’intégration avec la Libye à condition qu’un programme de réforme économique profonde, comprenant l’élimination des restrictions non commerciales, les investissements dans les infrastructures et la création d’une union douanière, soit établi. Enfin, Freund et Ornelas (2010) démontrent que la création, et non le détournement, d’échanges commerciaux est la norme dans
les accords régionaux de commerce. L’étude suggère que le régionalisme est devenu la forme la plus populaire du libéralisme commercial réciproque et devrait donc être intégré au multilatéralisme.


Impact des Accords Commerciaux Préférentiels (ACP)

Plusieurs accords bilatéraux et multilatéraux impliquent des pays du Maghreb. Les cinq pays du Maghreb sont à la fois membres de la Ligue des Etats Arabes, qui a toujours dirigé les efforts d’intégration dans la région, et membres fondateurs de l’UMA. La zone panarabe de libre échange (PAFTA), dont l’accord fut signé en 1997, comprend tous les pays de la zone à l’exception de la Mauritanie. Le Maroc et la Tunisie sont pays fondateurs de l’Accord de 2004 d’Agadir pour l’établissement d’une zone de libre échange. La Mauritanie a adhéré à la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN–SAD) en 2009, après s’être retirée de la Communauté Economique des Etats d’Afrique Occidentale (CEDAO) en 2001.
Trois pays du Maghreb ont signé des accords d’association avec l’UE (la Tunisie en 1995, le Maroc en 1996 et l’Algérie en 2002) et le Maroc a signé un accord de libre échange avec les Etats Unis en 2006. La Mauritanie, le Maroc et la Tunisie sont membres de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
Identifier l’impact des ACP est difficile étant donné le nombre de facteurs qui influencent le commerce et le flux d’investissement et qui, en pratique, échappent à tout contrôle. Cette section est donc destinée à aborder avec prudence et à percevoir comme une tentative de fournir des estimations qui ne sont en aucun cas définitives, sur la base d’un nombre de techniques qualitatives et quantitatives.
Plusieurs des accords interrégionaux entre les pays du Maghreb n’ont pas encore réalisé leurs promesses. Par exemple, l’UMA n’a pas encore réussi à créer l’union douanière d’Afrique du Nord ou le marché commun économique, envisagés lors de sa création. Loin de s’intensifier, le commerce entre les pays du Maghreb reste faible malgré les efforts de réforme. Par rapport à d’autres sous-régions dans le monde Arabe, le Maghreb reste à la traîne. En 2008- 2010, les exportations dans la région MENA n’ont représenté que 4,1 % du total des exportations du Maghreb, par rapport à 12 % au Mashreq (c’est-à-dire l’Iraq, la Jordanie, Le Liban et la Syrie), 6,2 % au Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et 7 % dans le monde Arabe dans son ensemble.
La région Arabe a toutefois bénéficié des effets du PAFTA, qui a contribué à éliminer les droits de douane sur le commerce interrégional et encouragé les améliorations des procédures de dédouanement (voir Hoekma et Zarrouk 2006)57. Alors que l’équivalent tarifaire uniforme moyen de tous les tarifs (ad valorem et spécifique) imposé aux pays en dehors de PAFTA pour l’ensemble de la région MENA est passé d’environ 15% en 2002 à moins de 5 % en 2008-2009 au coeur de la crise économique mondiale (la région MENA est celle où les droits de douane ont le plus baissé durant la crise, notamment sur les produits manufacturés), il est resté élevé à environ 15 % pour les pays du Maghreb (Chauffour 2011).
De nombreux facteurs indiquent que les accords d’association avec l’UE et de libre échange avec les Etats Unis ont engendré une augmentation de la croissance commerciale de façon générale, mais caractérisée par des importations excédant les exportations (Rouis et Tabor, à paraître). Freund et Portugal-Perez (à paraître) utilisent un modèle de gravité pour évaluer l’impact des ACP de la région MENA sur les flux commerciaux en provenance et à destination des pays de MENA.
Leurs conclusions suggèrent que les préférences commerciales accordées aux pays MENA par les Etats Unis, l’UE et la Turquie n’ont pas d’effet supplémentaire sur les exportations par rapport aux ACP de façon générale. Toutefois il faut souligner que PAFTA et Agadir ont pour effet d’accroître les exportations de leurs membres – même s’il convient de préciser que cette expansion part d’une base très faible. Par ailleurs, au sein de PAFTA et Agadir, les résultats du modèle de gravité indiquent que les pays les mieux préparés à une concurrence régionale ont tendance à bénéficier des meilleurs gains de l’exportation grâce a leur participation aux ACP régionaux.
Les analyses d’impact des accords commerciaux préférentiels ne devraient pas se limiter à la seule performance commerciale mais inclure les avantages intéressants liés à ces accords. Les ACP sont recherchés pour divers motifs, au-delà de celui d’accès aux marchés. Les ACP les plus approfondis s’étendent aux règles et mesures relatives aux politiques de réglementations des frontières et au-delà, telles que la politique d’investissement, les marchés publiques et la propriété intellectuelle. D’après une étude de la Banque Mondiale (Chauffour et Kleimann, à paraître) qui a examiné 13 études de cas de divers pays du monde (y compris Egypte, Jordanie et Maroc de la région MENA), la mise en oeuvre des ACP pose un nombre de problèmes principalement liés à la capacité institutionnelle des pays et à leur politique économique. L’une des principales conclusions de l’étude est la nécessité de considérer les ACP comme des ‘instruments vivants’ soumis à des ajustements continus, et de prévoir des mécanismes institutionnels de rétroaction.

Leçons tirées des autres blocs régionaux de commerce

Dans les pays de l’ASEAN, l’intégration était initialement une réponse à la crainte que l’Asie du Sud Est ne soit dépassée sur les marchés mondiaux par le rôle mondial croissant de la Chine. Elle s’est rapidement transformée en régionalisme ouvert lorsque les pays de la sous-région ont tenu à obtenir l’adhésion à l’OMC et à bénéficier de préférences dans les marchés mondiaux. Au fil des années, les flux de commerce et d’investissement ont évolué, rapprochant les pays riches et les pays pauvres de l’ASEAN et créant des réseaux régionaux solides de production. Cette évolution a engendré une économie régionale dynamique caractérisée par une collaboration transfrontalière avec des livraisons de matières premières et des échanges régionaux de pièces et composantes manufacturées, ainsi que des investissements et main d’oeuvre étrangers. Les gains de l’intégration d’ASEAN ont été significatifs, comme l’atteste l’augmentation de sept fois du rapport total commerce-PIB (de 20 % dans les années 1960 à une moyenne de 140 % au milieu des années 2000), dépassant de loin l’UE en tant que région la plus axée sur le commerce. Le commerce dans les pays de l’ASEAN est passé de 4 % du PIB à 35 % pendant la même période.
Le processus d’adhésion des pays d’Europe Centrale et de l’Europe de l’Est à l’UE permet également de tirer plusieurs leçons (voir, par exemple, Kaminski 2001). Tout d’abord, l’expansion du commerce extérieur et l’augmentation des flux d’IDE a été motivé en partie par l’aspect politique de cette intégration: le statut d’associé à l’UE a garanti aux pays entrants un accès préférentiel à la région et a doté les réformes de plus de crédibilité. En second lieu, il est possible d’expliquer les différences de résultats en termes de commerce et d’IDE entre les économies de transition par l’engagement et la profondeur des réformes
effectuées, notamment en ce qui concerne les institutions de commerce extérieur, les politiques et le climat des affaires. En troisième lieu, les pays qui ont attiré plus d’IDE l’ont fait en changeant le schéma de leurs exportations à l’UE, démontrant des niveaux plus avancés de production avec des entreprises qui intègrent des réseaux mondiaux de production et de marketing. En quatrième lieu, les pays qui ont réduit leur écart de revenu avec l’UE l’ont fait en mettant en place des politiques visant à accroitre les investissements, appuyer le développement du capital humain et promouvoir le cadre juridique, réglementaire et politique nécessaire au fonctionnement des mécanismes de marché. Enfin, les facteurs «behind the border» jouent un rôle important dans la détermination des flux commerciaux bilatéraux.

17/7/2013
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 Recul des ventes de ciment, de la production d’électricité et du raffinage
La croissance à bout de souffle : Décélération de la consommation des ménages et des administrations
A la lumière des données disponibles jusqu’à fin juin, Bank Al-Maghrib fait état, dans son dernier bulletin relatif à la conjoncture économique, monétaire et financière, de la situation économique et financière du pays au cours des quatre premiers mois de l’année en cours. Il en ressort une décélération de quelques indicateurs ou agrégats qui se reflète dans la hausse modérée du PIB national au cours du premier trimestre 2013, en dépit d’une production céréalière record au cours de cette année, et dont certains traduisent la faiblesse de l’économie et annoncent des retournements de tendances graves, comme les reculs dans les BTP, les crédits immobiliers, la demande intérieure et l’investissement.

S’agissant des comptes extérieurs à fin mai 2013, BAM rappelle que le déficit commercial s’est allégé de 6,3%, s’établissant à 82,4 milliards de dirhams, après une aggravation de 14,7% un an auparavant. Cette évolution est liée à la baisse des importations de 3,9% à 159 milliards de dirhams, plus importante que celle de 1,1% des exportations à 76,6 milliards. Le taux de couverture est ainsi passé de 46,8% à 48,2%.
Les achats de produits énergétiques ont baissé de 14,8% à 38,6 milliards de dirhams. Les acquisitions de pétrole brut ont accusé une baisse de 27,5% à 10,8 milliards, celles de gasoil de 7,7% à 15,3 milliards et celles de gaz de pétrole de 8% à 8 milliards de dirhams. Les importations de biens de consommation ont diminué de 5,6% à 26,3 milliards de dirhams, en relation avec le recul de 12,3% des achats de voitures de tourisme et de 15,7% des pièces détachées.
Parallèlement, les achats de produits alimentaires se sont chiffrés à 17,6 milliards de dirhams, en régression de 5,4% par rapport à la même période de l’année précédente, suite aux réductions respectives de 90,4%, de 26,9% et de 19,6% des achats d’orge, de maïs et de sucre. Les importations d’huile de soja ont régressé de 31% à 1,3 milliard et celles de soufre brut de 21,1% à 1,7 milliard de dirhams. En revanche, les acquisitions de biens d’équipement ont poursuivi leur trend haussier avec une augmentation de 9,9% à 34,2 milliards, et celles de demi-produits ont crû de 4,9% à 34,4 milliards de dirhams.
En regard, le recul des exportations découle de la baisse de 14,1% des ventes de phosphates et dérivés qui ont totalisé 16,5 milliards de dirhams, celles hors phosphates ayant augmenté de 3,1% à 60,1 milliards de dirhams. Ainsi, les ventes du secteur de l’automobile ont progressé de 11,5%, en liaison principalement avec l’accroissement de 54% des expéditions des voitures de tourisme.
Pour le secteur agricole, les ventes ont augmenté de 4,4% à 15,3 milliards de dirhams, suite principalement à l’accroissement de 18,6% des exportations de l’industrie alimentaire, celles des agrumes et de la pêche ayant accusé des baisses respectives de 13,7% et de 10%. En parallèle, les exportations du secteur de l’aéronautique se sont accrues de 26,1% à 3,2 milliards, celles de l’électronique de 8,1% à 3,3 milliards et celles de l’industrie pharmaceutique de 1,5% à 344 millions de dirhams. En ce qui concerne le secteur textile et cuir, les ventes ont régressé de 1% à 13,9 milliards de dirhams. Cette évolution recouvre un repli de 11,9% des exportations des articles de bonneterie et des hausses respectives de 2% et de 4,4% des vêtements confectionnés et des chaussures.
Pour ce qui est des recettes touristiques, elles ont progressé de 3% d’une année à l’autre, pour s’établir à 21,2 milliards de dirhams. Pour leur part, les transferts des marocains résidant à l’étranger se sont maintenus à leur niveau de l’année dernière, soit 22,4 milliards de dirhams.
Quant aux recettes au titre des investissements directs étrangers, elles ont augmenté de 42,5%, atteignant 19,1 milliards de dirhams. Les dépenses ont crû de 19,3% à 3,1 milliards de dirhams,
soit une entrée nette de 16 milliards de dirhams. Compte tenu des autres éléments du compte de capital, les RIN ont légèrement augmenté par rapport à leur niveau de l’année dernière pour atteindre 153,1 milliards de dirhams, soit 4 mois et 11 jours d’importations de biens et services.

Repli de la production industrielle …

Les données des comptes nationaux relatives au premier trimestre 2013 font ressortir une hausse du PIB de 3,8% contre 2,8% un an auparavant. Cette évolution reflète essentiellement un redressement de 17,7% de la valeur ajoutée agricole. En revanche, la croissance du PIB non agricole est revenue en une année de 4,5% à 1,9%, sous l’effet d’une baisse de 2% de la valeur ajoutée secondaire et d’un ralentissement de la valeur ajoutée tertiaire.
S’agissant des évolutions sectorielles, la production céréalière au titre de la campagne actuelle devrait s’établir, selon les estimations du ministère de l’agriculture et de la pêche maritime, à 97 millions de quintaux, en augmentation de 91% par rapport à la campagne précédente, et le rendement moyen à 18,6 quintaux par hectare, contre 10,1 un an auparavant. Par ailleurs, afin d’assurer le bon déroulement de la commercialisation de la récolte céréalière nationale, le prix référentiel du blé tendre a été fixé à 280 dirhams le quintal, au lieu de 290 dirhams adopté durant la campagne précédente.
Pour sa part, l’activité de la pêche côtière et artisanale a marqué une progression de 7% des volumes débarqués à fin mai 2013, reflétant des améliorations des captures de l’ensemble des espèces à l’exception des crustacés. La valeur globale de ces débarquements s’est également accrue de 7%, à 2,1 milliards de dirhams.Au niveau du secteur secondaire, l’indice de la production industrielle a enregistré un repli de 0,7% au premier trimestre 2013, au lieu d’un accroissement de 3,7% au premier trimestre 2012.
En outre, les résultats de l’enquête mensuelle de conjoncture de Bank Al-Maghrib au titre du mois de mai 2013 font ressortir une baisse de l’activité industrielle, tandis que le taux d’utilisation des capacités de production s’est stabilisé à 68%. Le carnet des commandes reste inférieur à la normale alors que les stocks des produits finis sont jugés supérieurs à la normale.
Quant au secteur du bâtiment et travaux publics, les ventes de ciment ont connu un recul de 12,6% à fin juin, contre une augmentation de 9,1% à la même période un an auparavant. Parallèlement, le rythme d’accroissement du crédit immobilier à fin mai est revenu de 7,5% à 6,7% en un an, reflétant une décélération du taux de croissance des crédits à l’habitat de 10,4% à 9,3% et de celui des crédits accordés aux promoteurs immobiliers de 1,9% à 0,1%.
Pour ce qui est du secteur énergétique, l’indice de la production de l’électricité a accusé une baisse de 4,4% au premier trimestre 2013, contre une hausse de 12,8% un an auparavant. A fin mai, la production locale d’électricité a affiché une diminution de 2,2%, résultat d’un repli de 13,6% de la production thermique et des progressions de 159% et de 33% respectivement des productions hydraulique et éolienne.
En regard, la demande d’électricité s’est contractée de 0,6%, imputable au fléchissement de 2,2% de la demande en haute et moyenne tensions destinée aux industriels et aux régies de distribution, celle en basse tension s’étant améliorée de 6,1%.
Dans ce contexte, les importations nettes se sont accrues de 19%.
Pour sa part, la production du secteur du raffinage s’est inscrite en baisse de 19% à fin mai, reflétant des diminutions de 26% pour le gasoil et l’essence et de 20% pour le fuel.
S’agissant du secteur minier, l’indice de la production minière a enregistré un recul de 2% au premier trimestre, au lieu de 2,2% un an auparavant. A fin mai, les données de l’OCP indiquent une amélioration de 0,6% en glissement annuel de la production marchande de phosphate brut à 10,4 millions de tonnes avec, toutefois, une baisse des exportations de 5,5% par rapport à la même période de l’année précédente.
Pour le secteur touristique, les flux ont progressé de 3,2% à fin mai, contre un repli de 2,5%, à la même période un an auparavant, traduisant une hausse de 4,3% de l’effectif des touristes étrangers et de 1,4% de celui des MRE. Parallèlement, les nuitées recensées par les établissements classés se sont accrues de 10,1%, avec un accroissement de 11,8% de celles des non résidents, qui représentent 73,5% du total. Le taux d’occupation a ainsi augmenté de trois points de pourcentage à 42%. Pour leur part, les recettes de voyages ont progressé de 3%, contre un repli de 1,3% un an auparavant.
Concernant la branche des télécommunications, le parc de la téléphonie mobile a augmenté de 9% au premier trimestre 2013 au lieu de 8,6% un an auparavant et celui d’internet de 17,9% contre 58,5%. En revanche, le parc de la téléphonie fixe s’est replié de 11,3% après une baisse de 3% un an auparavant.

…et de la demande des ménages

Relativement aux données de la demande intérieure, les comptes nationaux trimestriels indiquent une décélération de la croissance de la consommation finale des ménages, revenue en une année de 4% à 3% et celle des administrations publiques, de 7,2% à 4,8%. Leurs contributions à la croissance se sont ainsi chiffrées à 1,9 et 0,9 point de pourcentage respectivement. Par ailleurs, l’investissement a accusé une contraction de 2%, contribuant négativement à hauteur de 0,7 point de pourcentage à la croissance globale. Du côté des échanges extérieurs, les importations de biens et services ont enregistré une baisse de 4,4%, plus importante que celle de 0,6% des exportations. Dans ces conditions, la participation de la demande extérieure à la croissance ressort positive à hauteur de 1,7 point de pourcentage, contre -0,7 point une année auparavant.
Pour ce qui est de l’emploi, les dernières données sont celles du premier trimestre. Le taux de chômage a baissé au cours de ce trimestre de 0,5 point de pourcentage en glissement annuel à 9,4%, reflétant un recul de 14,4% à 13,7% en milieu urbain et de 4,8% à 4,4% en zones rurales. Les créations d’emploi, au nombre de 99.000 postes, ont concerné les services avec 243.000, dont 100.000 dans le commerce, et l’industrie avec 56.000 postes. En revanche, le BTP a perdu 56.000 postes et l’agriculture 100.000 postes. Ces évolutions ont été enregistrées dans un marché caractérisé par la baisse du taux d’activité, revenant de 48,2% à 47,6%.

Baisse de 5,2% des recettes des impôts indirects et de 15,4% de l’IS

L’exécution budgétaire à fin mai 2013 s’est soldée par un déficit de 26 milliards de dirhams, contre 19,3 milliards une année auparavant. Cette aggravation résulte à la fois d’un alourdissement de 3,2% des dépenses globales, en dépit de l’allègement de la charge de compensation, et d’une contraction de 0,7% des recettes ordinaires.
La baisse à 88,8 milliards des recettes ordinaires du Trésor est imputable principalement à la contraction de 2,2% des rentrées fiscales à 79,8 milliards, les recettes non fiscales ayant augmenté de 1,3 milliard de dirhams. Le recul des recettes fiscales découle, pour sa part, du repli de 5,2% des rentrées des impôts directs à 28,6 milliards, de la baisse de 1% des rentrées des impôts indirects à 41,7 milliards de dirhams et de la diminution de 19,3% des droits de douane à 3,2 milliards, le produit des droits d’enregistrement et de timbre s’étant accru de 18,3%.
L’évolution des impôts directs recouvre principalement un repli de 15,4% à 13,9 milliards des recettes au titre de l’IS et une hausse de 5% à 13,7 milliards de celles de l’IR. Par ailleurs, la légère baisse du niveau des impôts indirects résulte de la quasi-stabilité du produit de la TVA à 32,8 milliards et de la régression de 5,1% de celui de la taxe intérieure de consommation à 8,9 milliards. En parallèle, les dépenses globales, ont progressé de 3,2% à 119,1 milliards de dirhams, recouvrant une hausse des dépenses ordinaires de 1,1% à 101,1 milliards de dirhams et une augmentation de 17,1% des investissements à près de 18 milliards. La masse salariale s’est alourdie de 3,9% à 41,8 milliards et les charges au titre des autres biens et services ont augmenté de 44,7% à 21,3 milliards. De plus, les intérêts de la dette publique se sont inscrits en hausse de 7,7% à 10,9 milliards de dirhams. En revanche, les dépenses de compensation ont été en baisse de 31,3% à 17,3 milliards. Le solde ordinaire ressort ainsi déficitaire à fin mai 2013 de 12,3 milliards, au lieu de 10,6 milliards une année auparavant.
Compte tenu d’un solde positif des comptes spéciaux du Trésor de 4,2 milliards et du remboursement d’arriérés de paiement pour un montant de 7,1 milliards, le déficit de caisse s’est établi à 33,2 milliards, au lieu de 22,9 milliards une année auparavant. Le financement de ce besoin a été assuré par des ressources intérieures à hauteur de 26,3 milliards et extérieures pour 6,8 milliards.

Les besoins de liquidité des banques s’élargissent

En juin 2013, et comparativement au mois précédent, les facteurs autonomes de liquidité ont exercé un impact restrictif de 2,6 milliards de dirhams sur les trésoreries bancaires, en liaison notamment avec la hausse de la circulation fiduciaire, le repli des réserves de change de Bank Al-Maghrib et, dans une moindre mesure, l’amélioration du compte du Trésor auprès de la Banque centrale.
Compte tenu de cette évolution et de la quasi-stabilité du montant minimum de la réserve monétaire, le besoin de liquidité des banques s’est situé à 60,8 milliards de dirhams, après 58,1 milliards un mois auparavant. Par conséquent, le montant des injections de Bank Al-Maghrib a atteint 63 milliards dont 43 milliards à travers les avances à 7 jours, 14 milliards par le biais des opérations de pensions livrées à 3 mois et 6 milliards sous forme de prêts garantis.
Dans ces conditions, le taux interbancaire s’est situé à 3,03% en juin, soit une diminution de 2 points de base par rapport au mois précédent. Pour leur part, les taux des bons du Trésor, émis sur le marché primaire, ont enregistré des baisses allant de 3 à 7 points de base, à l’exception du taux des bons à 15 ans qui a augmenté de 3 points de base. S’agissant des taux créditeurs, le taux moyen pondéré des dépôts à 6 et 12 mois s’est établi à 3,71% en mai, en hausse de 4 points de base par rapport au mois précédent. Cette évolution recouvre une progression de 10
points de base du taux sur les dépôts à 6 mois et une diminution de 3 points de base de celui à un an, se chiffrant ainsi respectivement, à 3,63% et à 3,77%. Pour ce qui est du taux minimum appliqué par les banques aux comptes sur carnets, il a été fixé à 3,74% pour le deuxième semestre de l’année 2013, en hausse de 46 points de base par rapport au semestre précédent.
Les données relatives au mois de mai 2013 font ressortir une accélération du rythme de d’évolution de la masse monétaire et une décélération de celui du crédit bancaire. En effet, le taux d’accroissement annuel de l’agrégat M3 s’est élevé à 4,9% après 3,8% le mois précédent, tandis que celui du crédit bancaire est revenu à 3%, après 3,9% en avril.
La progression de la masse monétaire a été tirée essentiellement par celle des monnaies fiduciaire et scripturale dont les rythmes de croissance ont atteint 4,8%, après 3,9% et 3,7% respectivement. Les placements à vue se sont également accrus de 8,6% en variation annuelle, contre 8,2% en avril. De même, les autres actifs monétaires ont vu leur augmentation annuelle passer de 1,9% à 3,7%, en liaison essentiellement avec la hausse de 4,8% des dépôts à terme contre 4,5% un mois auparavant, et l’atténuation du mouvement de baisse des titres des OPCVM monétaires, avec un repli de 4,8%, après celui de 9,6% en avril.
Au niveau des sources de création monétaire, le crédit bancaire a enregistré une décélération de son taux de variation annuel, de 3,9% en avril à 3% mai, avec une contribution à hauteur de 2,2 points de pourcentage à la croissance de l’agrégat M3. La ventilation par objet montre que ce ralentissement a été généralisé à l’ensemble de ses composantes. Ainsi, les facilités de trésorerie et les crédits à la consommation ont vu leurs rythmes d’augmentation revenir à 5,2% et à 6,5% respectivement, au lieu de 5,4% et 6,7% en avril. Dans le même temps, le taux d’accroissement des prêts à l’immobilier a décéléré de 7,3% à 6,7%, traduisant à la fois le recul de 9,7% à 9,3% du rythme de progression des crédits à l’habitat, et de 1,9% à 0,1% de celui des prêts aux promoteurs. En parallèle, les crédits à l’équipement ont poursuivi leur tendance baissière, avec une contraction de 2,2%, après celle de 0,9% en avril. En outre, les créances en souffrance ont enregistré une augmentation annuelle de 11,8% en mai, contre 10,4% le mois précédent. Leur part dans le crédit bancaire s’est ainsi stabilisée autour de 5,4% au cours des deux derniers mois.
Par secteur institutionnel, l’évolution du crédit bancaire reflète la décélération de 4,5% à 4% des prêts accordés au secteur privé, sous l’effet du ralentissement des crédits octroyés aux ménages et de la quasi stagnation du rythme de progression des emprunts des sociétés non financières. Elle est également attribuable à la contraction de 3,6% des prêts destinés aux autres sociétés financières, après une hausse de 0,5% le mois précédent. En revanche, les concours au secteur public se sont accrus de 3,1% en glissement annuel, au lieu de 2% un mois auparavant.
S’agissant des créances nettes sur l’administration centrale, elles se sont accrues de 20,8% en glissement annuel après 28,2% en avril, traduisant essentiellement la décélération des créances des autres institutions de dépôts. Parallèlement, les réserves internationales nettes ont enregistré une légère augmentation de 0,1% en glissement annuel, après une diminution de 8,8% en avril. Les chiffres les plus récents, datant du 30 juin 2013, indiquent que l’encours de ces réserves a atteint 152,1 milliards de dirhams, soit une hausse de 4,3% par rapport à la même période de l’année dernière.
Pour ce qui est des agrégats de placements liquides, leur rythme de progression annuel s’est établi à 8,2% en mai, au lieu de 6,7% un mois auparavant. Ce profil d’évolution recouvre une augmentation de 9,7% à 12,3% du taux de croissance des bons du Trésor négociables inclus dans l’agrégat PL1, ainsi qu’une décélération de 2,3% à 2,2% de celui des titres des OPCVM obligataires. Pour leur part, les titres des OPCVM actions et diversifiés se sont contractés de 5,6%, après une baisse de 8,4% le mois précédent.

Le dirham se déprécie
par rapport à l’euro

En juin 2013, l’euro s’est apprécié de 0,3% contre la livre sterling et de 1,8% par rapport au dollar, pour s’établir à 1,32 dollar, alors qu’il s’est déprécié de 2% vis-à-vis du yen japonais.
Au niveau du marché des changes national, le dirham s’est déprécié de 0,28% en juin 2013, d’un mois à l’autre par rapport à l’euro et de 2,32% à l’égard du yen japonais. A l’inverse, il s’est apprécié de 1,26% face au dollar américain, alors qu’il est resté quasi-stable vis-à-vis de la livre sterling. En variation annuelle, la monnaie nationale s’est renforcée de 4,19%, de 4,69% et de 28,12%, respectivement, par rapport au dollar, à la livre sterling et au yen japonais, alors qu’elle s’est dépréciée de 0,93% contre l’euro.
Par ailleurs, le volume moyen des opérations d’achat et de vente de devises contre dirham, au niveau du compartiment interbancaire, a augmenté de 12% en mai comparativement à la même période de l’année 2012, se situant ainsi, à 9,9 milliards de dirhams. Quant au volume moyen des ventes de devises par Bank Al-Maghrib aux banques, il est revenu à 626 millions de dirhams, après 5,2 milliards en moyenne au cours de la même période de l’année précédente.
Concernant les opérations d’arbitrage, réalisées par les banques avec leurs correspondants étrangers, elles se sont élevées à 112,4 milliards de dirhams en moyenne, au lieu de 58,9 milliards une année auparavant.

Contre-performances annuelle
des indices MASI et MADEX

Au terme du mois de juin 2013, les indices MASI et MADEX ont accusé une baisse mensuelle de 1,3%, portant ainsi leurs contre-performances depuis le début de l’année à 6,1% et 6,2% respectivement. La capitalisation boursière a diminué de 1,1% d’un mois à l’autre, s’établissant à 425,1 milliards de dirhams.
En revanche, le volume de transactions est passé de 2,9 milliards de dirhams à 7,6 milliards.
Par ailleurs, durant ce mois, MSCI a confirmé, dans un communiqué de presse, que la place boursière de Casablanca a été rétrogradée à la catégorie de marché boursier « frontier », en liaison avec la poursuite du mouvement baissier de la liquidité. Cette décision prendra effet à partir de novembre 2013.
S’agissant des indicateurs de valorisation, le Price Earnings Ratio et le Price to Book Ratio, sont revenus respectivement à 15,2 et 2,15 après 15,4 et 2,18 en mai, des niveaux qui continuent d’être relativement élevés par rapport à ceux de certains pays émergents. Concernant les places boursières de ces pays, excepté celle de la Slovénie qui a augmenté de 0,7%, les autres ont accusé des baisses allant de 3,7% pour la Jordanie à 14,7% pour l’Argentine.
L’analyse de l’évolution des indices sectoriels indique des augmentations allant de 0,5% pour « les boissons » à 15,3% pour « l’ingénierie et biens d’équipements » et des diminutions variant entre 1,6% pour « le transport » et 7,6% pour « l’industrie pharmaceutique».
En ce qui concerne les valeurs du secteur bancaire, à l’exception de la BCP et du CIH qui ont régressé de 0,5% et 7,9%, les autres ont connu des hausses comprises entre 0,6% pour BMCI et 5,2% pour CDM. Pour ce qui est des sociétés de financement, hormis les cours de Taslif et de Maghrebail qui ont augmenté de 18,9% et 5,9% respectivement, les autres cours ont enregistré des diminutions allant de 4% pour Axa crédit à 11,6% pour Sofac. S’agissant des assurances, les valeurs Wafa Assurance, CNIA Saada et Agma se sont dépréciées respectivement de 3,4%, 7,8% et 7,9% ; celle d’Atlanta ayant, en revanche, enregistré une hausse de 2,8%.
Par ailleurs, l’actif net des OPCVM, valorisé au 28 juin, a augmenté de 0,5% par rapport au mois précédent, se chiffrant à 235 milliards de dirhams. Sa structure continue d’être dominée par les fonds obligataires, avec une part de marché de 60,3%.
Les émissions de bons du Trésor par adjudication se sont établies à 9,9 milliards de dirhams, en repli de 39,7% par rapport au mois précédent et en accroissement de 30,6% en glissement annuel. Compte tenu des remboursements d’un montant global de 6,4 milliards, l’encours de ces titres a atteint 387,4 milliards, contre 341,2 milliards une année auparavant.
Pour ce qui est des titres de créances négociables, six banques ont effectué en mai des émissions de certificats de dépôt pour un montant global de 1,6 milliard de dirhams, au lieu de 6,6 milliards le mois précédent, tandis qu’aucune émission de bon de sociétés de financement n’a été enregistrée durant ce mois. S’agissant des billets de trésorerie, quatre sociétés ont levé un montant global de 653 millions de dirhams, inférieur de 29% à celui d’avril 2013. Les remboursements étant d’environ 5,3 milliards, l’encours des titres de créances s’est établi à 71,3 milliards, en repli de 4% en glissement mensuel.
Par ailleurs, sur le marché obligataire deux émissions ont été enregistrées durant le mois de juin. ADM a réalisé une émission d’une valeur globale de 1,2 milliard de dirhams, dont 540 millions d’une maturité de 10 ans, avec des taux variant entre 4,75% et 5,80%, 130 millions d’une échéance de 15 ans avec un taux de 6,20% et 530 millions d’une maturité de 20 ans rémunérée à 6,50%. Pour sa part, TMPA (Tanger Med Port Authority) a effectué une émission d’une valeur globale d’un milliard de dirhams, dont 170 millions d’une maturité de 10 ans au taux de 5,96%, 260 millions d’une échéance de 15 ans avec un taux de 6,30% et 570 millions d’une maturité de 20 ans rémunérée à 6,35%.

17/7/2013
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