Directeur : Jamal HAJJAM           Redacteur en Chef : Ali BENADADA
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        Economie
  Lancé en mars 2013, le projet mettra fin au stress hydrique
Marrakech, Al Haouz, El Kelaâ et Rehamna approvisionnées en eau à partir du barrage Al Massira

La Banque Africaine de Développement a approuvé, dernièrement, un prêt de 212,1 millions d’UC à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) pour la réalisation d’un projet d’approvisionnement en eau de la région de Marrakech. Ce prêt est consenti à hauteur de 122,20 millions c par la BAD, 45,60 millions 44,30 millions par l’Agence française de développement avec un financement de 44,30 millions 44,30 millions par l’ONEE et l’OCP. Ce projet doit démarrer en mars 2013 et le dernier décaissement est prévu pour décembre 2018
Le projet d’approvisionnement en eau de la région de Marrakech au Maroc consiste à la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable de la ville de Marrakech et ses agglomérations limitrophes à partir du barrage Al Massira, ainsi que la satisfaction des besoins en eau industrielle de l’Office chérifien de Phosphates « OCP ». La zone concernée comprend trois Pôles (Marrakech, Al Haouz et Al Kelaa), qui connaissent un développement urbain, touristique et industriel important. Il vise à garantir les besoins en eau potable et en eau industrielle de ces zones jusqu’à 2030. Le projet dont le coût est estimé à 212,1 millions d’UC, est prévu d’être réalisé sur une période de 60 mois (2013-2017).
Le projet bénéficiera en priorité aux populations des villes concernées et des centres urbains et ruraux avoisinants. En matière d’adduction, il assurera le renforcement et l’amélioration de la quantité et de la qualité de l’approvisionnement en eau potable d’environ 2 millions de personnes dès 2017, et donnera les moyens à l’ONEE en tant que producteur et distributeur, et à la Régie autonome de distribution d’eau et d’électricité de Marrakech « RADEEMA » en tant que distributeur, d’accompagner l’évolution de la demande des populations des zones concernées jusqu’à l’horizon 2030 (à cette date, la population concernée avoisinera 3 millions d’habitants, dont plus d’un million en milieu rural). Il permettra aussi à l’Office chérifien de Phosphates « OCP » de satisfaire ses besoins en eau industrielle pour le site de Ben Guérir.
Le projet a été conçu sur la base des besoins prioritaires retenus par l’ONEE dans le cadre de son projet de Contrat de Programme avec l’Etat marocain pour la période (2012-2016). La nécessité de réaliser le projet maintenant s’explique essentiellement par l’importance du volume d’eau à mobiliser (de l’ordre de 96 millions m3/an à l’horizon 2030) pour répondre aux besoins futurs en eau potable de la région de Marrakech et pour satisfaire les besoins en eau industrielle de l’OCP en raison de la saturation des ressources en eau (superficielles et souterraines) disponibles actuellement. La solution retenue de ramener les eaux du barrage Al Massira représente la meilleure solution et s’intègre dans le cadre du schéma national de transfert des eaux des bassins excédentaires vers les bassins déficitaires.

Stratégie nationale de l’eau

La nouvelle stratégie nationale de l’eau au Maroc (annexe A) se base sur trois leviers : (i) satisfaction des besoins en eau et accompagnement du développement socio-économique du pays ; (ii) utilisation et gestion convenables des ressources en eau ; et (iii) gestion durable de l’eau. Cette stratégie vise à renforcer la politique nationale du secteur de l’eau en se basant sur : (i) des objectifs beaucoup plus ambitieux pour satisfaire de façon pérenne les besoins du pays en eau et le protéger durablement face aux effets du réchauffement climatique ; (ii) un changement radical des comportements d’utilisation et de gestion de la ressource à travers une gestion intégrée de la demande et de la ressource ; et (iii) une véritable gestion à long terme de l’eau (visibilité nationale, engagement politique, financements publics et privés). Cette stratégie de l’eau permettra le soutien du développement du Maroc dans la durée, en satisfaisant les besoins de la croissance économique et en accompagnant les grands chantiers engagés tout en protégeant le pays des effets du réchauffement climatique.
Parmi les projets préconisés par cette stratégie nationale, le projet de transfert Nord-Sud pour le soutien du développement socio-économique des bassins du Centre et du Sud, qui vise la consécration de l’esprit de solidarité entre les différents bassins du Royaume par la valorisation des excédents non maîtrisables au niveau des bassins du Nord, la garantie et la sécurisation de l’alimentation en eau potable des villes stratégiques telle que Marrakech qui constitue une destination touristique importante du pays, le rétablissement de l’équilibre hydrique au niveau de certains bassins notamment le bassin de l’Oum Er Rbia et la consolidation des zones agricoles développées au niveau de la région.
La région de Marrakech, objet du présent projet, se situe dans le bassin hydraulique de Tensift qui bénéficie d’un apport par transfert à partir du bassin hydraulique d’Oum Er Rbia. Ce transfert se matérialise actuellement par le canal de Rocade destiné essentiellement aux besoins de l’eau agricole, mais qui contribue aussi à l’approvisionnement en eau potable de la ville de Marrakech. Ce transfert du bassin hydraulique d’Oum Er Rbia vers le bassin hydraulique de Tensift sera renforcé dans le cadre du présent projet par la réalisation de la conduite d’adduction à partir du barrage Al Massira. Cet apport complémentaire ˆ partir du bassin d’Oum Er Rbia a été validé par l’Agence de Bassin Hydraulique (ABH) d’Oum Er Rbia dans le cadre de l’élaboration du Plan directeur d’aménagement des ressources en eau (PDAIRE), approuvé en 2011.
En cohérence avec la stratégie nationale et les PDAIREs des bassins hydrauliques concernés, le plan stratégique de l’ONEE (Branche Eau), en tant que premier acteur en matière d’infrastructures d’eau potable et d’assainissement, accorde un intérêt particulier aux trois axes suivants : (i) la généralisation de l’accès à l’eau potable pour l’ensemble de la population ; (ii) une intervention active dans le secteur de l’assainissement liquide ; et (iii) la pérennisation et la sécurisation des infrastructures existantes. Le projet est conforme au troisième axe de la stratégie de l’ONEE relatif à la pérennisation et à la sécurisation des infrastructures existantes.
La protection des ressources en eau occupe aussi une place de choix dans la stratégie de l’OCP. Cette préoccupation majeure a conduit l’Office à mettre en place une politique destinée entre autres à optimiser son utilisation des ressources en eau. L’optimisation de l’utilisation des ressources en eau se traduit par l’optimisation de la consommation spécifique de l’eau, mais aussi par la préservation des ressources en eau souterraines et leur remplacement par les ressources en eau superficielles, voire par les ressources non conventionnelles.

6/3/2013
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Une région qui regorge de potentialités mais manque d’eau

Le projet d’approvisionnement en eau de Marrakech et sa région est aligné au second pilier de la stratégie d’assistance de la Banque au Maroc pour la période 2012-2016 relatif au soutien au développement des infrastructures « vertes ». Il est aussi conforme à la stratégie à moyen terme de la Banque (2008-2012) qui érige le secteur des infrastructures au premier rang et à la stratégie de la Banque en matière de gestion intégrée des ressources en eau, ainsi qu’au projet de stratégie à long terme de la Banque (2013-2022).
La région de Marrakech connaît un développement économique important et regorge de potentialités (tourisme, phosphates, …) et le manque d’eau constitue un entrave à son développement économique et social. Le projet vient donc répondre à ce souci en offrant des ressources supplémentaires pouvant répondre aux besoins de la région en eau potable et industrielle jusqu’à l’horizon 2030, tout en offrant une sécurisation supplémentaire à l’approvisionnement en eau potable de la ville de Marrakech qui se fait actuellement à partir d’un seul point d’arrivée.
Le projet a été conçu pour satisfaire les besoins prioritaires inscrits par l’ONEE dans son projet de Contrat de Programme avec l’Etat marocain pour la période (2012-2016) en tenant compte de la saturation prévue en 2017 du système de production et d’adduction d’eau potable des villes concernées (2017). Le choix de la Banque de participer au financement de ce projet s’explique essentiellement par son avantage comparatif prouvé dans la mise en oeuvre de ce type de projet (avec des opérations assez urgentes qui touchent des moyennes et des grandes agglomérations). Cet avantage s’est bien illustré dans la mise en oeuvre des derniers projets financés par la Banque dans le secteur de l’eau potable et de l’assainissement au Maroc. Cette performance dans l’exécution des projets achevés s’est sensiblement améliorée ces dernières années avec la coordination soutenue du Bureau national de la Banque au Maroc (MAFO).
Le projet bénéficiera en priorité aux populations de la ville de Marrakech, en particulier les populations défavorisés des zones périurbaines et aux populations urbaines et rurales des agglomérations avoisinantes. En matière d’adduction, il assurera le renforcement et l’amélioration de la quantité et de la qualité de l’approvisionnement en eau potable d’environ 3 millions d’habitants de la ville de Marrakech et des agglomérations environnantes, et donnera les moyens à l’ONEE d’accompagner l’augmentation de la demande induite par la croissance naturelle et le niveau de vie des populations des zones concernées jusqu’en 2030. Le projet permettra en outre de satisfaire les besoins de l’Office chérifien de phosphates (OCP) en eaux prétraitées (débourbées) pour son site de production de Béni Guérir (située sur la route entre le barrage Al Massira et la ville de Marrakech). Par ailleurs, le projet contribuera à conforter la réalisation de l’indicateur 7 des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) relatif à l’accès à l’eau potable puisque le taux d’accès à l’eau potable en milieu rural au Maroc dépassera 95% à l’horizon 2016 contre 92% en 2011.
Le Gouvernement marocain a réalisé des efforts notables pour assurer la coordination de l’aide. Il projette de mettre en place un système d’information géographique (SIG) pour un suivi en temps réel des interventions des différents partenaires techniques et financiers (PTF) par zone géographique, par secteur et par montant. L’aide des bailleurs de fonds est relativement bien alignée sur les priorités stratégiques du Gouvernement et il n’existe aucune unité d’exécution de projet parallèle. Plusieurs bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux interviennent dans le secteur de l’eau potable et de l’assainissement au Maroc, dont les principaux sont la Banque africaine de développement, la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement, l’Union européenne, l’AFD, la KFW, la GIZ, la Belgique, l’Espagne, l’Italie, l’Agence japonaise de la coopération internationale (JICA), la Banque islamique de développement, FADES, FSD.
En outre, l’ONEE dispose d’un programme d’investissement qui est arrêté dans le cadre de son projet de Contrat de Programme avec l’Etat marocain pour la période 2012-2016. Il assure le financement de ce programme avec l’assistance de ses bailleurs de fonds traditionnels. La coordination entre les différents bailleurs se fait aussi à travers un groupe thématique coprésidé par l’AFD et l’UE. Ce groupe thématique se réunit régulièrement (2 à 4 fois par an) à Rabat et a pour objectifs entre autres d’échanger sur l’évolution du secteur en ce qui concerne notamment la politique et la stratégie du pays, les stratégies d’intervention et les programmes d’activités de chaque bailleur de fonds, en vue d’une plus grande coordination et harmonisation de leur assistance respective dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement. La Banque prend part régulièrement à ces réunions depuis la mise en place de MAFO en 2006.

Les composantes du projet
Le projet permettra de satisfaire les besoins en eau potable et en eau industrielle de la région de Marrakech jusqu'à l'horizon 2030 moyennant la mobilisation des eaux de surface à partir du barrage Al Massira. Les différentes composantes du projet sont présentées dans le tableau suivant.

6/3/2013
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2 millions d’habitants, concentrés à 50% à Marrakech et dans ses périphéries, approvisionnés en 2015

Actuellement, les besoins en eau de la zone du projet sont satisfaits à partir des barrages Hassan 1er-Sidi Driss et Wirgane-Lalla Takerkoust situés au sud-ouest de la ville de Marrakech et des eaux souterraines des nappes du Haouz et de la Bahira. Les ressources superficielles sont exploitées à travers une station de traitement d’une capacité nominale de 2100 l/s pouvant atteindre 2400 l/s en surcharge. Cette capacité sera portée à 3100 l/s en débit nominal et 3400 l/s en surcharge avec la mise en service de l’extension de cette station de traitement dont les travaux seront achevés fin 2012 (effectuée dans le cadre du 10ème projet d’AEP financé par la Banque). Quant aux ressources souterraines, celles-ci sont exploitées à travers une batterie de forages dont le débit actuel est de 320 l/s et qui évoluera en baisse, sur la base des projections effectuées, à 160 l/s à terme.
La projection de l’évolution du bilan besoins-ressources, montre que la zone du projet sera déficitaire à partir de 2015, ainsi, la mobilisation de nouvelles ressources s’avère indispensable pour accompagner le développement de cette région, permettre la généralisation de l’accès à l’eau potable en milieu rural et satisfaire les besoins en eau industrielle de l’OCP. Le volume supplémentaire à prélever pour répondre aux besoins de la région à l’horizon 2030 est de l’ordre de 96 millions de m3/an.
Considérant l’importance du volume nécessaire pour répondre aux besoins en eau potable de la zone du projet, et à défaut de ressources en eau suffisantes dans le bassin hydraulique de Tensift, les différents départements concernés par la problématique (MEMEE, ONEE, ABH, OCP) ont conclu, après examen de toutes solutions possibles, à la nécessité de recourir aux eaux régularisées par le barrage Al Massira (bassin hydraulique d’Oum Er Rbia), et ce dans le cadre du projet de transfert d’eau à partir des bassins du nord vers ceux du centre et du sud. C’est ainsi que des volumes de 100 millions de m3/an et 18 millions de m3/an ont été alloués respectivement à l’eau potable de cette zone et à l’eau industrielle de l’OCP à partir du barrage Al Massira.
Cette solution ainsi que les autres actions retenues (amélioration des rendements des réseaux de distribution, réutilisation des eaux usées épurées pour l’arrosage des espaces verts et des golfs, limitation des prélèvements à partir des ressources souterraines pour en faire une réserve stratégique, s’inscrivent parfaitement dans le cadre de la stratégie nationale de l’eau. Cette solution offre aussi une sécurité supplémentaire à l’approvisionnement en eau de la ville de Marrakech puisqu’elle crée un deuxième point d’arrivée des eaux (au nord de la ville) en plus du point existant au sud de la ville (au niveau de la station de traitement existante)
La solution de substitution étudiée est celle relative au renforcement de la station de traitement actuelle qui a déjà fait l’objet de deux extensions et qui est alimentée à partir du canal « Rocade » destiné principalement à l’irrigation. Cette solution n’a pas été retenue pour 3 raisons essentielles : (i) la dotation en eau potable à partir du canal « Rocade » a été dépassée ; (ii) le terrain de la station existante ne permet plus aucune autre extension car il est situé dans une zone à fort développement urbain et touristique ; et (iii) le risque, en cas d’accident, de concentrer la totalité des ressources en eau de la ville de Marrakech dans un seul point (station existante).
Une fois la décision prise de réaliser le transfert de l’eau à partir du barrage El Massira, les études d’avant-projet sommaire et détaillé, ainsi que celle d’impact du projet sur l’environnement ont été élaborées par des bureaux d’études indépendants. Ces études ont été convenues par l’ONEE (Branche Eau) et l’OCP. Les solutions retenues découlent de ces études et représentent des choix techniques rationnels et optimaux, permettant de couvrir les déficits à moindre coût.
Le projet d’investissement est à cofinancer sur les ressources BAD, AFD, ONEE et OCP.
Le coût total du projet, hors taxes et droits de douane, est estimé à 212,10 millions d’UC dont 155,50 millions d’UC en devises et 56,60 millions d’UC en monnaie locale. Il comprend une provision de 7% pour les imprévus physiques, 2% pour la hausse des prix en devises et 3% pour la hausse des prix en monnaie locale. Ce coût a été estimé sur la base des études d’avant-projet sommaire (datée de septembre 2011).
Le projet sera cofinancé par la Banque, l’AFD, l’ONEE et l’OCP. La Banque le financera à hauteur de 150 millions d’EUR, soit environ 122,20 millions d’UC (au taux de change du mois d’août 2012 : 1 UC = 1,22788 EUR). Ce montant représente environ 57,6% du coût estimatif du projet. La contribution de l’AFD sera de 56,00 millions EUR, soit 21,5% et l’ONEE et l’OCP financeront 20,9% du coût estimatif du projet.

Zone et bénéficiaires du projet
La zone du projet englobe trois Pôles : (i) le pôle de Marrakech qui comprenant la ville de Marrakech et les centres de Tamnsourt, Tameslouht, Tnine Loudaya, Kettara, Sid Zouin, ainsi que la population rurale de la préfecture de Marrakech ; (ii) le pôle d’Al Haouz comprenant les centres d’Aît Ourir, Amezmiz, My Brahim, Tahannout, Lalla Takarkoust, Ghmate et sidi Abdellah Ghiate, ainsi que la population rurale de la province d’Al Haouz ; et (iii) le Pôle Rehamna comprenant la ville de Ben Guerir, la ville de Sidi Bou Othmane et le centre de Skhour Rhamna, ainsi que la population rurale des cercles de Sidi Bou Othmane et de Rhamna.
Sur le plan administratif, la zone du projet englobe 5 arrondissements, 3 municipalités, 12 centres urbains, 74 communes rurales et 1640 douars. La ville de Marrakech, considérée comme le noyau de la zone du projet, connaît un essor touristique et urbain sans précédent dont l’impact s’est traduit entre autres par une augmentation annuelle de la consommation en eau potable de 6,5%, alors que la moyenne nationale est de 2%.

6/3/2013
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 Accès à 100% à l’eau potable dans les villes et zones rurales concernées
Garantie des besoins en eaux industrielles du site de Benguerir de l’OCP

Pour assurer une approche participative au niveau de l’identification, la conception et la mise en oeuvre du projet, des missions de préparation et d’évaluation de la Banque ont été menées. Elles ont permis la tenue de multiples réunions tant au niveau central que local, impliquant toutes les parties prenantes à savoir l’ONEE, l’OCP, la RADEEMA, l’ABH, le Département Eau du MEMEE afin de recueillir leurs préoccupations respectives et en tenir compte pour la conception et l’exécution du projet.
En plus des différentes campagnes de sensibilisation et de communications réalisées par l’ONEE et par la RADEEMA (dans le cadre de l’élaboration de son schéma directeur) qui ont permis d’informer la population sur les caractéristiques et les objectifs du projet, l’ONEE devait veiller aussi à ce que les populations riveraines soient informées avant le début des travaux, par le biais des communes et/ou des autorités locales, de leur nature, des dommages éventuels et des indemnisations afférentes et de s’organiser pour tirer des bénéfices (emplois temporaires, etc.). Par la suite et tout le long des travaux, les entreprises engagées devront maintenir cette concertation avec les populations riveraines (cette exigence fera partie des dispositions de contrats des travaux). La communication doit porter, essentiellement, sur : i) la nature et les délais des travaux et ; ii) les précautions à prendre par rapport à la circulation d’engins.
En outre, des campagnes d’information, de sensibilisation et d’éducation sont nécessaires pour éviter le gaspillage et la pollution de l’eau. Ces campagnes porteront sur : (i) la promotion de la culture du respect de l’eau et de comportements positifs vis-à-vis de l’usage de l’eau ; et (ii) la promotion des attitudes et comportements favorables à l’hygiène. Les actions directes sur les sites auprès des divers groupes cibles constitue une cible privilégiée en communiquant les messages suivants « l’eau potable est nécessaire à la santé, c’est une droit commun, utilisez la sans la gaspiller ». Les groupes cibles sont : (i) les enfants et les jeunes (écoles, colonies de vacances, visites d’installation) ; (ii) les femmes (foyers féminins, associations, maisons des jeunes) ; (iii) les abonnées (guide de l’abonné) ; (iv) les agents de presse (journée de presse, envoi de plaquettes) ; (v) les acteurs publics et privés ; et (vi) les décideurs, élus et autres partenaires (journée d’information). Pour cette campagne de sensibilisation, il sera tenu compte de la variété des données socioculturelles, des moeurs et coutumes, des habitudes et des prédispositions des populations à prendre part à des actions communautaires.

Principaux indicateurs de performance
A court terme (horizon 2017), le projet aura pour résultats de garantir un débit supplémentaire de pompage, de traitement et d’adduction des eaux pour la région de Marrakech à partir du barrage Al Massira de 3,5 m3/s en eau prétraitée (2,5 m3/s en eau traitée) en première phase, avec la possibilité d’une extension à 7 m3/s au-delà de l’horizon du projet.
A moyen terme (horizon 2020), le projet aura pour effets de contribuer à garantir le maintien du taux d’accès à l’eau potable à 100% en milieu urbain (villes concernées) et d’augmenter le taux en milieu rural (provinces concernées) de 79% à 95% (Rehamna), de 84% à 91% (AL Haouz) et de 94% à 96% (Marrakech). La contribution du projet pour maintenir le taux d’accès à l’eau potable en milieu urbain à 100% se fera en offrant une quantité supplémentaire d’eau potable qui répondra à l’évolution des besoins de la région de Marrakech, c'est-à-dire que la non réalisation du projet entraînera une baisse de quelques points du taux d’accès à l’eau potable dans la zone concernée. En outre, le projet contribuera à une réduction considérable du taux de mortalité infanto-juvénile (contribution des maladies d’origine hydriques) de 40 décès pour 1 000 habitants actuellement à 15 décès pour 1 000 habitants en 2020. Enfin, le projet garantira les besoins en eaux industrielles du site de Ben Guérir de l’OCP, ce qui assurera le bon fonctionnement de ce site et renforcera le développement économique de la région (à travers l’industrie minière).

6/3/2013
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  Lancé en mars 2013, le projet mettra fin au stress hydrique : Marrakech, Al Haouz, El Kelaâ et Rehamna approvisionnées en eau à partir du barrage Al Massira
De l’eau qui fera pousser de nouveaux projets touristiques

Le projet d’approvisionnement de la ville de Marrakech et ses régions est un projet structurant visant le renforcement des installations de production existantes pour l’alimentation en eau potable des populations urbaines et rurales de la région de Marrakech (provinces de Marrakech, d’Al Haouz et de Rehamna) et de la fourniture des eaux prétraitées à l’Office chérifien des phosphates. Outre la valeur ajoutée attendue d’une mutualisation originale d’un montage financier ONEE-OCP, le projet aura des avantages multiples sur le plan financier et économique. Il permettra à l’ONEE de consolider sa base productive et ses indicateurs financiers et de mettre en oeuvre sa stratégie de développement, visant à sécuriser l’approvisionnement en eau potable de la ville de Marrakech et des zones environnantes, un des plus importants Pôles de développement du Royaume sur le plan touristique et de satisfaire à moindre coût les zones rurales se trouvant sur le trajet des conduites et les besoins de l’OCP en eau prétraitée, ce qui affirme la synergie entre les entités économiques nationales et réalise des économies d’échelle et un impact immédiat sur la rentabilité des Offices. Les externalités du projet sont nombreuses : création d’emplois temporaires et permanents, rôle de catalyseur pour la réalisation des nouveaux projets touristiques, agricoles et industrielles (industries minières), génération des activités économiques dans des zones rurales, optimisation des activités minières, amélioration du cadre et du niveau de vie des populations urbaines et rurales.
Le taux de rentabilité interne financier (TRIF) du projet s’élève à 7,1 % et la Valeur ajoutée nette est estimée à 577 millions de MAD. Les différents tests de sensibilité du TRI pour des scénarii de contre-performance du projet se situent en dessus du taux moyen pondéré du coût de l’investissement estimé à 5,5%. En effet, une combinaison des trois d’évènements d’augmentation du coût d’investissement de 10%, d’une diminution de la demande de 10% et d’une augmentation du coût de l’énergie fait passer le TRI à 6,4%. Au cas d’une performance conforme aux attentes du projet avec une augmentation de la demande de 10% fait monter le TRI à 7,7%.
La rentabilité financière du projet est acceptable et permet de faire face au service de la dette et de dégager un excédent. Elle apparaît relativement moyenne par rapport à un projet destiné essentiellement à des consommateurs en milieu urbain. Cette rentabilité se trouve atténuée par le fait que le projet constitue en priorité une base de sécurité et de secours pour la part réservée à la ville de Marrakech. La capacité nominale du projet sera utilisée de manière progressive et sera optimisée en 2020/2025. En effet, le projet est capitalistique et sa conception forme un bloc indissociable de toutes ses composantes excluant une réalisation partielle ou progressive. La rentabilité ainsi diffuse et étalée dans le temps.
Le taux de rentabilité économique (TRE) s’établit à 10,7 %. Ce taux est calculé sur la base des mêmes données de la rentabilité financière avec une correction de la part du coût en monnaie locale de 0,9 % et la reconduction du coût des investissements en devises, la correction de la valeur économique de l’eau de 1,2 et la prise en compte des avantages quantifiables, représentés par la valeur des journées de travail générées pendant la réalisation du projet, la corvée de l’eau en terme d’heures économisées et utilisées à des fins plus utiles (en particulier dans le milieu rural) et enfin de l’économie sur le budget de la santé.
3.1.6 La rentabilité économique est également satisfaisante compte tenu de la nature du projet et du fait que la prise en compte de plusieurs avantages difficiles à quantifier aurait conforté cette rentabilité. Le projet contribuera à consolider l’assise de la structure et des paramètres de gestion financière et économique de l’ONEE. Le projet est financièrement rentable et économiquement viable comme l’attestent les taux de rentabilité indiqués ci-dessus ainsi que l’évolution de la structure et les paramètres de gestion financière de l’ONEE.

6/3/2013
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  Les conditions de la durabilité du projet
Maintien de la qualité de l’eau et bonne gestion des réseaux de distribution

La réalisation physique du projet est prévue sur une période de 60 mois, de 2013 à 2017. Ce planning est jugé raisonnable, compte tenu de la nature des travaux et de l’expérience acquise par l’ONEE pour des travaux similaires.
L’ONEE, organe d’exécution du projet, assumera la responsabilité principale de suivi de l’exécution du projet.
La durabilité du projet repose essentiellement sur la capacité de l’ONEE à exécuter le projet et à assurer le suivi et la maintenance des installations qui vont être réalisées.
La durabilité de l’approvisionnement en eau potable à partir du barrage Al Massira dépend de plusieurs facteurs: le maintien de la qualité de l’eau, une balance équilibrée entre les abstractions (prélèvements et pertes en infiltrations et évaporations, et de volume utile du lac) et l’approvisionnement (qui lui dépend des précipitations et des changements climatiques) et un transfert maîtrisé entre les bassins du Nord, du Centre et du Sud. Tous ces facteurs sont gérés par l’Agence de Bassin Hydraulique (ABH) d’Oum Er Rbia de manière à pérenniser les ressources du barrage et garantir les différentes besoins en eau du bassin de l’Oum Er Rbia.
La durabilité du projet repose également sur une bonne gestion des réseaux de distribution d’eau, assurée par l’agence autonome de distribution d’eau et d’électricité de Marrakech « RADEEMA » pour la ville de Marrakech et l’ONEE pour les petits centres urbains et ruraux. Cette gestion est reflétée dans les indicateurs de performance des réseaux mentionnés dans les rapports annuels de la RADEEMA et de l’ONEE et le niveau de satisfaction de leur clientèle. La politique tarifaire de l’eau vise à réconcilier les intérêts des consommateurs et des différents intervenants de manière à garantir la pérennité du service. Les tarifs sont basés sur un système de péréquation nationale permettant d’établir une équité sociale. La tarification progressive ménage les populations à faible revenu et incite les gros consommateurs à un usage économique de l’eau potable. L’AEP en milieu rural et l’assainissement bénéficient de subventions ciblées en vue de garantir l’équilibre financier de l’ONEE en vertu d’un projet de Contrat de Programme entre Etat – ONEE (Branche Eau) révisé périodiquement et qui consacre l’objectif d’un service durable et pérenne.
La durabilité du projet est enfin assurée par les réformes et programmes engagées par le gouvernement du Maroc à travers notamment le Programme d’ajustement du secteur de l’eau (PAS Eau) cofinancé par la Banque, la Banque mondiale et l’Union européenne, le Programme national d’économie d’eau d’irrigation (PNEEI) et le Programme national d’assainissement (PNA). Ces réformes dont une grande partie est déjà mise en oeuvre, vont se traduire par la gestion intégrée des ressources en eau, la protection anti-érosive des bassins versants, la réhabilitation des réseaux de distribution d’AEP et d’irrigation pour réduire les pertes, la promotion des nouvelles techniques d’irrigation pour économiser l’eau, le développement d’un service d’assainissement adéquat et la diminution du taux de pollution et enfin la mise en place de tarifs adéquats basés sur le coût économique.

Gestion des risques
Les risques éventuels du projet concernent : (i) la préservation et la disponibilité de façon durable des ressources en eau et la gestion intégrée et optimale de ces ressources ; (ii) le regroupement de l’ONE et de l’ONEP ; et (iii) les délais pour l’acquisition des terrains nécessaires à la réalisation des ouvrages ; et (iv) la défaillance dans la maintenance, l’entretien et le renouvellement des réseaux de distribution d’eau et d’assainissement.
La préservation et la disponibilité de façon durable des ressources en eau et la gestion intégrée et optimale de ces ressources est une des préoccupations majeures des mesures du PAS Eau, financé conjointement par la Banque, l’Union européenne et la Banque mondiale. Ces mesures consacrent l’établissement de normes de qualité des eaux de surface et des eaux destinées à l’AEP. Ces normes fixent les valeurs limites des rejets d'eau dans les réseaux d’assainissement et dans le milieu naturel aussi bien que celles des rejets liquides pour les différents secteurs industriels et artisanaux. En outre, la mise en oeuvre des plans d’action de la stratégie nationale d’eau et des PADAIREs contribue à assurer une gestion intégrée des ressources en eau.
Le regroupement de l’ONE et de l’ONEP pourrait constituer un risque pour l’exécution du projet (aspect organisationnel) et aussi pour l’équilibre financier de l’Office (aspect financier). Toutefois, ce risque est faible dans la mesure où la loi 40-09 relative à ce regroupement a prévu la continuité de l’activité. De ce fait, les départements opérationnels (ingénierie, acquisition, finances) de l’ancienne entité « ONEP » continueront à exécuter les projets existants et programmés qui les concernent (eau potable et assainissement). Cette séparation par métier s’étendra aussi aux aspects financiers avec l’établissement d’états financiers propres, qui seront par la suite consolidés et aussi d’un contrat-programme avec l’Etat qui comporte deux parties (une pour l’eau potable et l’assainissement et une pour l’électricité) et qui veillera à préserver l’équilibre financier de l’Office.
Les délais parfois assez importants pour l’acquisition des terrains nécessaires à la pose des conduites et à la réalisation des ouvrages, pourraient constituer un risque quant à l’exécution du projet dans les délais impartis. Toutefois, les études préliminaires, ainsi que l’étude d’impact sur l’environnement, ont montré que les terrains à acquérir sont : (i) dans le domaine public (travaux publics, municipalités) ; ou (ii) de faibles valeurs vénales (terrains agricoles non exploités). Le choix du tracé des conduites projetés et de l’emplacement des ouvrages a été fait en contournant toutes les agglomérations existantes et de ce fait, aucune construction ne sera affectée. En outre et afin de tenir compte des leçons des projets en cours d’exécution avec l’ONEE, il a été convenu que les cadres de la direction centrale chargée des affaires juridiques s’approprient le dossier d’acquisition des terrains avant le démarrage des travaux et qu’ils effectuent des missions sur le site pour mieux identifier les éventuels contraintes foncières auxquelles le projet pourra être confronté. Enfin, la direction chargée des affaires juridiques sera appuyé dans le cadre de la mission d’appui technique par un expert juriste.
La défaillance dans la maintenance, l’entretien et le renouvellement des réseaux de distribution d’eau et d’assainissement est un risque qui sera atténué par la mise en oeuvre des plans d’action des intervenants dans le secteur d’AEPA (ONEE et Régie) pour l’extension des réseaux de distribution d’eau et d’assainissement et l’amélioration conditions d’exploitation de ces infrastructures.

6/3/2013
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  Réduction de 50% du taux d’abandon scolaire à l’horizon 2020
Amélioration des niveaux de vie dans cinq provinces parmi les plus pauvres du Royaume

Le projet d’approvisionnement de Marrakech et ses régions est classé en catégorie environnementale et sociale 2 de la Banque Africaine de Développement. Il a fait l’objet d’une étude d’impact sur l’environnement (EIE) en janvier 2011 et d’un Plan de gestion environnemental et social (PGES), et il n’engendre pas d’impacts environnementaux et sociaux négatifs importants et irréversibles, ou susceptibles d'affecter de manière significative les composantes environnementales ou sociales considérées sensibles par la Banque et le pays. En effet, le projet n’a que des «impacts spécifiques aux sites du projet qui ont pu être minimisés par l'application de mesures d’atténuation appropriées». L’analyse des composantes et activités du projet, notamment des travaux de terrassements, de génie civil et la mise en oeuvre d’un système adéquat de gestion des boues de la station montrent que le projet n’a pas d’impacts négatifs significatifs. A cela, s’ajoutent les résultats positifs attendus du projet tant au point de vue social et de santé publique. Il est convenu que la Division environnement relevant de la Direction environnement et assainissement de l’ONEE s’assurera, en collaboration avec les responsables du contrôle des travaux relevant de la Direction technique et ingénierie (DTI), de la mise en oeuvre des mesures d’atténuation prévues.

Impact sur le changement climatique
Le changement climatique au Maroc affecte principalement les ressources en eau déjà restreintes du fait du climat semi-aride de la région, caractérisé par des précipitations rares et par leur grande irrégularité dans le temps et dans l'espace. Les changements climatiques, aggravé par les phénomènes extrêmes, donnant lieu à des épisodes secs de plus en plus longs, entrecoupés d'épisodes pluvieux brefs et violents fragilisent les ressources en eau. En effet, le Royaume a dû faire face ces trente dernières années à 20 années sèches avec 3 épisodes sèches ayant duré chacun quatre années consécutives se traduisant par une baisse globale des ressources en eau d’environ 10 à 20%.
Cet aspect a été pris en compte dans le cadre du projet en s’assurant d’une part que l’Agence de Bassin hydraulique (ABH) gère de manière efficiente la disponibilité en eau du barrage Al Massira à partir duquel le renforcement d’AEP de la région de Marrakech sera réalisé, ce qui constitue par ailleurs un gage de pérennité du projet. L’ABH gère une cascade de plusieurs barrages en amont d’Al Massira de manière à réguler l’ensemble des ressources en eau et à garantir une réserve fixe pour les besoins en eau potable (qui représente la priorité absolue par rapport aux autres usages de l’eau). D’autre part, certaines activités du projet intègrent des procédés d’économie d’eau tels que le recyclage des eaux au niveau de la station de traitement. Au-delà du projet, le pays dispose d’une stratégie d’adaptation en cours d’application dans des zones à fort stress hydrique et qui repose entre autres sur l’épuration et la réutilisation des eaux usées pour l’arrosage des terrains de golf ; la promotion de l’irrigation au goutte à goutte ; l’amélioration de l’efficience du réseau de distribution d’eau potable avec un objectif national de rendement de 75% en 2015 afin de préserver des volumes substantiels d’eau traitée.
Genre

Une démarche basée sur le genre
Le projet cible l’amélioration des conditions de vie des populations et en particuliers celles des femmes (51%). L’intégration de l’approche genre dans ce projet a pour objectif de veiller à ce que les besoins et intérêts des différents groupes sociaux soient pris en compte, et que ces derniers soient également associés à la gestion de certains ouvrages. Cette question de genre renvoie aux rapports sociaux et à la répartition des rôles entre les hommes et les femmes ; ces deux groupes sociaux n’étant pas homogènes, cette approche permettra au projet de prendre en compte la diversité des acteurs. En outre et afin de respecter les orientations politiques du Gouvernement marocain et les directives de la Banque, le projet adoptera une démarche basée sur le genre pour veiller à ce que les besoins et intérêts des différents groupes soient pris en compte pendant la phase de réalisation du projet et au-delà.
La disponibilité de l’eau en quantité suffisante et d’une manière continue permettra aux femmes de saisir les opportunités offertes par les nouveaux projets dans les secteurs de tourisme, de l’industrie et du commerce ou de créer leurs propres actions génératrices de revenus (AGR) en synergie avec d’autres programmes (ex. Initiative Nationale du Développement Humain-INDH). Ceci contribuera à augmenter le nombre des femmes actives et à réduire ainsi les écarts dans les activités économiques entre les sexes. En effet, la zone ciblée par le projet comporte de grands projets touristiques en plein essor (la région compte 35,2% du nombre de nuitées du pays), de nombreux commerces et services qui se développent autour de ces activités et qui sont connues pour l’utilisation massive de main d’oeuvre féminine. Ce qui offre en fait de grandes opportunités pour une effective contribution à la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes (ÉFH) dans les zones ciblées en matière d’implication dans la vie économique.
Au niveau institutionnel, le Maroc est doté de plusieurs instruments dans le domaine du développement humain équitable et durable : (i) la stratégie nationale pour l’équité et l’égalité des sexes par l’intégration de l’approche genre dans les politiques et les programmes de développement, mis en place par le Ministère de développement social et de la famille et, (ii) l’Initiative nationale du développement humain (INDH). Grâce à ces instruments, le projet dispose d’un terrain très favorable pour faire accéder les femmes et les hommes équitablement aux bénéfices et à réduire les écarts entre les sexes.
De par sa localisation géographique et son objectif principal qui est la sécurisation de l’alimentation en eau de la région de Marrakech, le projet cible une zone à forte pression humaine (accentuée pendant la saison touristique). Il contribuera à l’amélioration des conditions de vie des populations et à la réduction de la pauvreté. Le projet assurera la quantité d’eau suffisante aux entreprises industrielles et touristiques pour leur permettre de réaliser leurs activités. La zone du projet constitue une zone touristique importante du pays et comprend l’un des plus importants sites de l’industrie minière (site OCP de Ben Guérir qui bénéficiera directement du projet). Il contribuera à la création de 43 935 emplois directs et indirects dans le tourisme, BTP, artisanat et industries.

Contribution au recul de la pauvreté
En matière de réduction de la pauvreté, le projet contribuera à améliorer les conditions de vie actuelle des populations (surtout dans les quartiers périphériques et les zones rurales proches). La région compte en fait cinq provinces parmi les plus pauvres au niveau national. En effet, à l’exception de la ville de Marrakech qui enregistre un indice de pauvreté de 3,5%, ce dernier se situe autour de 11,1% dans la province d’El Kelâa des Saghna, 14,9% dans la province d’El Haouz, alors que la moyenne nationale ne dépasse pas 8,9%. Dans ces provinces, les poches de pauvreté persistent et les disparités entre quartiers sont flagrantes (taux supérieur à la moyenne nationale). L’exode rural est important dans la région et les populations concernées par cet exode qui sont en recherche d’emploi, s’installent à la périphérie de la ville ou dans certains quartiers intra-urbains. La région connaît un déficit en matière d’infrastructures de base, notamment en ce qui concerne l’alimentation en eau potable ; ce projet contribuera à l’horizon 2020, à porter le taux d’accès à l’eau potable à en moyenne de 95%.
Santé
En matière de santé, certes, le fait de boire une eau saine empêche les maladies comme le choléra, mais cela a peu d’effet sur les maladies endémiques qui sont transmises par une eau souillée ou des mains sales ; la sécurisation de l’alimentation en eau potable permettra aux ménages de disposer d’une quantité d’eau suffisante pour que chacun puisse au moins se laver les mains avant de manger ou après défécation.
Ce projet aura donc plusieurs impacts positifs en matière de santé dans la région concernée : (i) amélioration des conditions d’hygiène : le gain de temps pour la corvée d’eau permet aux femmes de se consacrer davantage aux soins de leurs enfants ; (ii) diminution des maladies d’origines hydriques : se laver les mains avec du savon peut réduire d’environ 40% l’incidence des maladies diarrhéiques, une cause majeure de la morbidité et la mortalité infantiles. Actuellement 16,3% des enfants de moins de 5 ans sont atteints de diarrhées au moins deux fois par an. Les cas de gastroentérite, souvent d’origine hydrique, sont encore très nombreux dans la région (241 cas en 2010), de même qu’il y a encore des cas de typhoïde et d’hépatite A. Cette amélioration sanitaire sera d’autant plus importante si l’eau est livrée à domicile ; (iii) diminution du taux de mortalité infantile à 15/1000 naissances vivantes à l’horizon 2020 (actuellement 29/1000) ; (iv) diminution de la mortalité maternelle à l’horizon 2020 à 50/100 000 (actuellement 112/100 000). Avoir de l’eau et une meilleure hygiène pendant la grossesse et l’accouchement signifie que les chances d’infections post-natales sont réduites et, à long terme, la santé reproductive des femmes s’améliore ; (v) diminution de la mortalité et la morbidité des personnes âgées et des handicapés et des porteurs du virus VIH/Sida : ils sont plus sensible que les autres à la maladie et il est souvent plus difficile pour eux d’accéder à l’eau ; et (vi) diminution des dépenses de santé des ménages à 25% en 2020 (57,4% actuellement).

Impact sur l’éducation des enfants
Lorsque les enfants passent des heures pour aider leurs mères à chercher de l’eau, il n’y a souvent plus de temps pour l’éducation. En outre, si les parents tombent malades, les filles restent souvent à la maison pour s’occuper d’eux. Ce projet contribuera à diminuer de moitié à l’horizon 2020, le taux d’abandon scolaire de la région.
Dans les écoles, l’absence d’eau et de sanitaires et le fait que ceux-ci ne soient pas séparés par sexe, sont des facteurs déterminants du décrochage scolaires chez les jeunes filles : pour elles, l’accès à des sanitaires adéquats a un impact direct sur leur scolarité et leur sécurité. Ce projet contribuera ˆ faire augmenter les taux de scolarisations dans la région et d’atteindre 100% pour le primaire en 2020 (actuellement 97,2%) et 85% au collégial (62% en 2011).
Le projet contribuera fortement à l’amélioration des conditions de vie et d’hygiène des populations dans la zone du projet et à la réalisation des OMD, puisque le 3ème rapport national du Haut Commissariat au Plan (HCP) sur les OMD conclut que parmi les objectifs pour lesquels le Maroc doit accélérer le rythme de réalisation actuel sont : (i) la lutte contre l’habitat sommaire ; (ii) la scolarisation ; et (iii) l’accès à l’eau potable.
Expropriation et réinstallation forcée
Aucune opération de relocalisation n’est prévue dans le cadre du projet. Concernant les terrains pour l’emplacement de la station de traitement et de la conduite d’amenée des eaux brutes, les procédures d’expropriation de ces terrains privés pour cause d’utilité publique sont en cours (l’information et la sensibilisation des propriétaires pour la vente de leurs terrains ont déjà démarré et leur coût a été pris en considération dans le coût du projet), conformément à la loi n¡7-81 promulguée par Dahir n¡1-81-254 du 11 rajeb 1402 (6/05/1982) relative ˆ l’expropriation pour cause d’utilité publique et l’occupation temporaire (voir annexe B8) qui régit la procédure d’expropriation au Maroc et qui a été jugée conforme aux exigences de la Banque la matire5.

6/3/2013
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