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 4ème Congrès International de Fertilité
10,6% de femmes âgées de 15 à 49 ans sont infertiles
 
L’ouverture officielle de la 4ème édition du Congrès International du Collège Marocain de Fertilité s’est déroulée le 16 mars, en présence du ministre de la Santé, Anas Doukkali, du Président du Conseil national de l’Ordre des médecins, du président de l’université de Picardie d’Amiens, de sociétés savantes, d’associations professionnelles, d’ONGs nationales et internationales ainsi que d’imminentes personnalités scientifiques.
Plus de 350 participants marocains et étrangers, entre chercheurs, gynécologues, obstétriciens et universitaires du Maroc, de Belgique, d’Espagne, de France, d’Italie, des Pays-Bas et des Etats Unis prennent part aux travaux de la 4ème édition du Congrès International de Fertilité.
Une présence en masse pour débattre de thématiques d’actualité, certaines récurrentes mais nécessaires à l’exercice quotidien, ainsi que des voies de recherche en matière de fertilité.
Parmi les ateliers programmés figurent ceux de clinique et biologie, d’optimisation des protocoles Procréation Médicalement Assistée (PMA), d’andrologie, d’hystéroscopie et de génétique, ainsi que celui relatif au guidelines Labo FIV en 2019.
On ne peut dissocier du thème choisi lors de ce congrès, la santé sexuelle et reproductive, ni les stéréotypes liés à ce sujet, et qui « entachent » davantage la femme comme étant la seule responsable d’absence de procréation, a souligné le ministre de la Santé, Anas Doukkali. D’où l’intérêt de l’adoption de la loi 47-14 sur l’infertilité, votée au Parlement et qui a été élaborée dans une démarche participative avec les acteurs concernés. Son inscription au Bulletin Officiel est en cours. Cette loi, qui considère que l’infertilité est une maladie, a pour objectifs de fixer les principes généraux et les conditions optimales de sécurité des techniques de la PMA et de combler ainsi le vide juridique sur la question. Ce qui donne la possibilité aux couples intéressés de bénéficier de ces nouvelles technologies, qu’ils soient « ramédistes » ou ayant une autre assurance maladie.
Aussi, dans le cadre de la stratégie nationale de santé de la reproduction du ministère de la Santé, plusieurs prestations intégrées et continues ont été mises en place, afin d’améliorer le bien-être de la femme, de préserver sa santé physique et mentale, et de réduire la morbidité et la mortalité maternelle et néonatale. Ce qui a permis de diminuer le ratio de mortalité maternelle de 78% en 26 ans, chiffre attesté par l’Enquête nationale sur la population et la santé familiale, réalisée par le ministère, et qui intègre, pour la première fois, la question de l’infertilité. Le nombre de décès maternels est passé de 332 pour 100.000 naissances vivantes, en 1992, à 72,6 décès pour 100.000 naissances vivantes, en 2018. Dans la même dynamique, un processus de prise en charge de l’infertilité du couple a été entamé par le ministère de la Santé et plusieurs actions ont été réalisées à ce sujet. L’enquête a relevé que les femmes infertiles de la tranche d’âge 15-49 ans, ayant toujours leurs cycles menstruelles, représentent 10,6%.
La problématique rentre aussi dans le cadre du Plan Santé 2025, à travers la réglementation des activités de PMA et l’accessibilité à des soins de qualité pour les couples infertiles. Des textes d’application aussi bien que l’amélioration de l’accessibilité financière et physique vont accompagner cette dynamique. A savoir que tout un travail a été fait, dans ce cadre, par l’Agence Nationale de l’Assurance Maladie (ANAM) et sera intégré au programme national. Les « ramédistes » (RAMED) pourront également bénéficier de la PMA.
Mohammed Benlahsen, Professeur de physique et Président de l’Université d’Amiens ou Université de Picardie-Jules-Verne (UPJV) depuis septembre 2016, a relevé que depuis 2000, le monde a gagné 17 ans de vie. Ce qui est énorme, rendant ainsi hommage au travail des médecins et à la science. La médecine du futur sera une révolution complète.
II est temps d’alléger la souffrance des 800.000 couples marocains touchés par l’infertilité, insiste le Pr Abdelouahab Bachouchi, Président du Collège Marocain International de Fertilité, organisateur de l’événement scientifique, avec la contribution de la loi sur la PMA, votée avec ses avantages et ses insuffisances. Et ce, malgré toute la lutte organisée des sociétés savantes et des associations. Tout en espérant une concertation et un contact permanent entre les acteurs ministériels et les professionnels sur le terrain, lors de l’élaboration des décrets d’application. Le Collège se veut une plate-forme scientifique ouverte à tous les confrères pour échanger les expériences au niveau national et international.
L’expertise italienne était aussi au rendez-vous à travers des experts et une société savante. Pour plus d’informations sur l’actualité scientifique de la PMA et la prise en charge de l’infertilité en Italie, on a contacté Dr Antonino Guguelmino, Président de la Société de la reproduction humaine, et Dr Pieraldo Inaudi, gynécologue et obstétricien à Florence.
Pieraldo Inaudi, qui était à cet événement pour la troisième année consécutive, s’occupe de l’infertilité, du diagnostic de la PMA et s’intéresse, de près, aux progrès scientifiques en matière de reproduction. Il y a une évolution positive d’une année à l’autre. « On essaie de faire de notre mieux pour améliorer les traitements pour qu’ils soient de moins en moins agressifs pour la femme, donnant de meilleurs résultats et moins coûteux ». Le Maroc est en train de faire de l’excellent travail à travers cette rencontre qui réunit chercheurs de haut niveau et praticiens de terrain, en relation directe et plus proches des patientes. Sachant que les nouvelles technologies ont quelque peu refroidi ces contacts. Les gynécologues savent accueillir les patientes, réaliser un rapport beaucoup plus humain de ce qu’on trouve dans un grand centre. Là où la technologie prime et où les personnes sont juste des numéros dont on ne se rappelle même pas de leurs dossiers. La collaboration entre collègues marocains et italiens se fait sur des questions extrêmement sensibles, relatives au traitement des femmes. Le monde de la reproduction se développe continuellement et la meilleure des évolutions est de « revenir » aux bons rapports entre médecins et patientes. Le maintien des valeurs de rapports humains entre médecins et patientes est primordial. Il y a des évolutions extraordinaires, des médicaments très puissants et des appareils très avancés et sophistiqués qui ont amélioré les résultats et permis d’aboutir à une grossesse.
Il y a trois différents niveaux de prise en charge de l’infertilité en Italie. La prise en charge presque totale de l’Etat est étroitement liée aux règles de chaque région. Des patientes qui ont accès aux centres privés ne bénéficient d’aucune prise en charge par l’Etat. Pour les autres, certains actes bénéficient de la gratuité (centres étatiques) et d’autres à moitié. Les centres conventionnés avec la Santé publique doivent quand même payer une marge. D’autant plus que chaque cycle de traitement a son coût. Après le diagnostic, démarre la stimulation ovarienne, début du cycle qui se termine avec le transfert de l’embryon dans l’utérus. Le reste est à payer différemment.
Dr Antonino Guguelmino, Président de la Société de la reproduction humaine en Italie, est à Rabat dans le cadre d’une rencontre entre deux collèges scientifiques, pour de possibles collaborations entre l’Italie et le Maroc sur des thèmes spécifiques, les deux pays ayant des affinités importantes. Ce sont deux populations méditerranéennes qui ont des problèmes similaires en matière de fertilité et une grande distribution territoriale du problème. Des projets sont en cours pour améliorer, des deux côtés, les résultats de la fécondation in vitro. Les deux pays ont des chercheurs et des médecins de haut niveau et des médecins en contact direct avec les patientes. Il est donc possible de comparer les expériences.
Dr Guguelmino était orateur du congrès sur le thème de réceptivité endométriale, très important dans le cadre de l’infertilité et qui implique le manque d’implantation des embryons disponibles. Des progrès ont été réalisés dans le domaine de la reproduction, aussi bien du point de vue technologique que de la compréhension des mécanismes ou du diagnostic à tous les niveaux. Le volet difficilement explorable et inexploré n’est autre que l’implantation des embryons dans l’utérus. Faute d’études impossibles sur la femme au moment de l’implantation. C’est ce qui limite la réussite de la PMA à plus ou moins 30%.
Bouteina BENNANI
19/3/2019
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