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Ahmed NAJI

 Suprématie aérienne en déclin, soutien américain de plus en plus vain
Sales temps pour Israël
 
Sales temps pour Israël. 2017 s’était déjà achevée avec un fort goût de déception et d’amertume pour l’entité sioniste. La Syrie n’a pas été transformée en Etat failli comme la Libye, ni le Liban en champ de bataille entre chiites du Hezbollah et sunnites de Daech, Al Qaeda et compagnie. Pis encore, pour les sionistes, armée réglementaire syrienne et milices du Hezbollah ont beaucoup appris des durs combats menés contre la composite et protéiforme rébellion anti-Assad. Elles sont devenues autrement plus puissantes sur le plan militaire, avec le soutien de l’Iran, le pire ennemi d’Israël, et celui de la Russie, qui semble chercher à rééquilibrer la partie et profiter du vide abyssal laissé par les Etats-Unis au Moyen Orient pour mieux s’imposer comme arbitre alternatif.
2018 s’annonce déjà comme l’année de la consécration de la plus grande reconfiguration géostratégique que la Moyen Orient ait connu depuis le conflit arabo-israélien de 1973. Un processus lent mais irréversible qui a été entamé le 10 février par le début de la fin de la suprématie aérienne d’Israël. Ce jour là, qui restera marqué d’une croix dans les annales des interminables conflits du Moyen Orient, l’entité sioniste a perdu un F-16 I Block 52 Sufa, chasseur américain équipé du nec plus ultra de la technologie avionique israélienne, abattu par un vieux missile sol-air S200 russe (SA-5 Gammon selon la dénomination OTAN) amélioré. C’est la première fois depuis 36 ans qu’Israël perd un avion militaire au combat. Et pour prouver que ce n’est pas le fruit du hasard, quatre autres chasseurs ont été touchés, ce 10 février, par la DCA syrienne, dont un F-15 assez sérieusement.

Des détails croustillants
Les médias mainstream occidentaux ont diffusé l’information sans trop s’attarder sur les détails, pourtant forts significatifs. Les Israéliens se sont fait piéger comme des amateurs et veulent à tout prix éviter que ça se sache. Tout a commencé non pas par un drone de fabrication iranienne survolant les confins du plateau du Golan, mais bien avant, avec un brouillage électromagnétique des télécommunications de l’armée réglementaire syrienne et les milices alliées. Le drone n’était qu’un appât auquel les Israéliens ont mordu avec vigueur, envoyant leurs chasseurs donner une nouvelle leçon aux « manants » qui ont osé les défier. Il est d’abord à préciser que l’aviation militaire israélienne n’a plus le cran, depuis quelques mois, de survoler l’espace aérien syrien, qu’ils savent désormais mieux protégé par une DCA modernisée par les Russes. Ils se contentaient de tirer des missiles de croisière autoguidés soit à partir de l’espace aérien libanais, soit d’en dessus du Golan occupé, comme ce fut le cas ce jour là.
C’est d’abord la salve de missiles de croisière Delilah tirée par les chasseurs israéliens qui a été interceptée par la DCA syrienne. S’ensuivit une salve en retour de missiles sol-air S200 améliorés syriens qui a provoqué les dommages précités aux avions sionistes et, surtout, semé la stupeur dans les états-majors sionistes. Piqués au vif, les Israéliens envoient une nouvelle vague de chasseurs qui tirent de nouvelles salves de missiles de croisière et antiradars, visant les positions de DCA syrienne et autres installations militaires sensibles. Ils parviennent à infliger d’importants dégâts à la base de la 104ème brigade de l’armée syrienne, mais pas aux batteries de défense contre-aériennes. Et là encore, nouveau motif de consternation. Les appareils sont « accrochés » par des radars dont ils ignoraient jusqu’à l’existence et subissent les tirs de batteries antiaériennes Pantsir S-1 (courte portée) et S200 (longue portée). C’est l’effroi chez les militaires israéliens, qui ont saisi la véritable portée des évènements de la journée.

Illusions de 5ème génération
Quid des fameux avions furtifs F-35 Lightning II récemment acquis par Israël auprès des Etats-Unis et officiellement annoncés opérationnels ? Ils n’ont pas mis le nez hors de leurs hangars. Les médias israéliens laissent entendre que, sur instructions des Américains, il fallait éviter de donner l’occasion aux Russes et aux Iraniens d’étudier le profil radar de l’appareil. Le F-35 serait ainsi gardé en réserve pour parer à des menaces autrement plus sérieuses. Mais de mauvaises langues parmi la communauté des experts militaires, critiques acerbes depuis longtemps du programme F-35, avancent plutôt comme explication qu’en raison de défaillances dudit avion de combat toujours pas résolues, les chefs militaires israéliens s’abstiennent de le mettre en situation de révéler ses faiblesses, ce qui serait un coup dur aussi bien pour Israël, qui présente cet appareil de 5ème génération comme le remplaçant du F-16 et dont il a commandé 50 exemplaires, mais aussi pour son fabricant américain, Lockheed Martin, qui le fait fourguer, à 90 millions de dollars pièce, sous pression du gouvernement américain sur ses alliés.
Tous les observateurs de l’actualité militaire n’ont pas manqué de ricaner quand Israël a reçu livraison de ses 2 premiers F-35, atterrissant à la base aérienne de Nevatim, au soir du 12 décembre 2016, avec six heures de retard. C’est qu’après avoir fait escale en Italie, les deux avions de 5ème génération (sic !) n’ont pu décoller à temps, en raison de mauvaises conditions météo ! Même les vieux chasseurs syriens, d’anciens modèles soviétiques modernisés à faible coût, sont capables de voler par mauvais temps. Non seulement les capacités de dissuasion israéliennes dégringolent irrémédiablement, mais celles de leurs ennemis les plus irréductibles sont maintenant opérationnelles. C’est le début de la fin de la suprématie militaire aérienne israélienne et l’aube d’un Moyen Orient de nouveau reconfiguré, mais différemment des ambitions anglosionistes.

Le fascisme, stade suprême du sionisme
Et que se passe-t-il actuellement en Israël ? Bibi Netanyahou se retrouve encore une fois soupçonné de divers délits : corruption, fraude et autres joyeusetés du genre. Le bougre traîne une solide réputation de ripoux, qui lui a toujours valu jusqu’à présent réélection, dans une société israélienne tellement fascisée qu’elle en a été gravement affectée d’un syndrome d’inversion de valeurs. Les peuples fascisés ont la particularité d’accorder plus de foi en une pseudo-supériorité de leurs idéologies et une toute aussi chimérique infaillibilité de leurs leaders qu’au simple constat des réalités. Et même si leurs élites dirigeantes ne partagent pas leur aveuglement, elles n’en sont pas moins entraînées dans une fuite en avant qu’ils ne peuvent dénoncer, ce qui équivaudrait à un suicide politique. Ils se contentent alors de se remplir les poches, pour quand viendra le moment où les rats devront quitter le bateau qui coule.
L’image qu’offre actuellement la scène politique israélienne n’est pas sans rappeler les derniers temps du Royaume de Jérusalem fondé par les Croisés (autre infection par un corps étranger précédemment rejetée par les peuples du Moyen Orient), aveuglement idéologique, vulgaire cupidité et stupide arrogance ayant mené à sa disparition. Dans les deux cas, l’assurance, d’abord justifiée, mais de plus en plus illusoire avec l’évolution de la situation, en l’arrivée de soutiens, d’Europe dans le cas des va-t-en-guerre du royaume franc de Jérusalem et des Etats-Unis pour ceux d’Israël, pousse à commettre des fautes dont l’accumulation finit par s’avérer mortelle.
Le concept d’Internet appliqué aux infrastructures militaires
Pas question pour les Etats-Unis d’envoyer des troupes affronter directement les infanteries aguerries de la Syrie et du Hezbollah. Ni même de mener une campagne aérienne de bombardement des ennemis d’Israël, l’expérience d’Israël en la matière datant de 2006 ayant prouvé que même si de gros dégâts sont occasionnés, ils touchent essentiellement les infrastructures et populations civiles.
Les infrastructures militaires du Hezbollah, sur le modèle des installations nucléaires iraniennes, sont éclatées en un réseau de bases souterraines interconnectées, à l’image des ordinateurs connectés entre eux en Internet, sans des centres clairement définis que l’on puisse cibler, de manière à ce que les dommages subis par une partie du réseau n’entraîne pas l’effondrement total de celui-ci. Ce qui veut dire qu’aussi brutale que puisse être une première frappe aérienne, elle ne saurait empêcher une réaction du Hezbollah, capable d’arroser Israël d’une pluie de missiles. La situation actuelle est d’autant plus à haut risque pour les Etats-Unis qu’ils savent les Russes capables de leur mettre des bâtons dans les roues sans avoir à les affronter directement, juste en donnant un discret coup de pouce de brouillage électromagnétique des radars et télécommunications des avions et missiles américains et israéliens survolant l’espace aérien syrien, et ce, à partir de leurs bases en Syrie.
L’aube d’une ère nouvelle s’annonce au Moyen Orient, dans laquelle l’étoile à six branches d’Israël décline vers son nadir.
Bibi, continues d’oser et tu vas te faire appeler Osée (dernier roi de l’antique Israël) !
Ahmed NAJI
16/2/2018
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