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Par Mohammed KORAICHE
Photos NIDAL

 Le réveil des régions : l’Oriental
Jéradaa, le « Germinal » du Maroc
 
Après les populations assoiffées de la région de Zagora et les montagnards tremblant de froid de celle d’Ifrane, « L’Opinion » emmène, cette fois-ci, ses lecteurs aux confins du Maroc, sur les marches orientales du Royaume, à Jérada plus exactement, où les descendants des mineurs des anciens Charbonnages du Maroc Jérada sont aussi devenus des mineurs, mais dans la clandestinité. Des « gueules noires » qui travaillent au « noir », ce serait le comble de l’ironie si ce n’était le dénuement et la détresse dans laquelle vit la jeunesse de Jérada, privée de toute perspective dans une ville qui se meurt depuis que l’unique activité de la région, l’extraction du charbon, a été abandonnée. Il a donc fallu que deux jeunes de cette cité minière déclassée perdent la vie au fond d’une mine clandestine, suscitant la colère de la population, pour que le sort de cette population fasse la Une des journaux. Reportage.
De Guercif à Jérada en passant par Zayo, El Aroui, Nador, Bni Nssar, Saïdia, Ahfir, Bni Drar, Oujda, c’est une grande partie de l’Oriental que nous avons pu traverser en ce début d’année 2018, pour découvrir un pays où la sécheresse a laissé des traces et des blessures tant au niveau de la terre qu’au niveau des êtres humains, ajoutant plus de misère et de tristesse à une population meurtrie par le drame survenu dans l’ex-ville minière de l’Oriental et qui a été à l’origine du soulèvement de la population de Jérada.
En effet, pendant plusieurs jours, les gens sont sortis dans les rues pour crier leur colère et leur indignation, après le décès de deux frères dans l’effondrement d’une mine clandestine de charbon et c’est surtout le fait de vouloir les enterrer en cachette qui poussera à son paroxysme cette indignation et remettra sur le gril les différentes revendications d’une population souffrant de marginalisation et de délaissement depuis la fermeture de la mine  en 1998 sous le gouvernement El Yousfi.
Source de revenus pour des gens qui avaient mis tous leurs espoirs, leur avenir et celui de leurs enfants en venant s’installer dans cette cité créée en 1936 par le la France dès la découverte du très important gisement de charbon (de l’anthracite), l’un des meilleurs au monde, Jérada est devenue un mouroir pour des milliers de jeunes qui ne voient de leur futur que ces gigantesques montagnes de poussière de charbon que leurs pères et leurs grands-pères ont, au péril de leur vie, remonté des entrailles de cette terre où désormais il ne fait plus bon vivre.
Comment, au 21ème siècle, subvenir aux besoins de sa famille, quand une veuve de mineur touche 200 ou 300 DH par mois en bon d’achat de nourriture (farine, huile, sucre, thé…) ? Comment peut-on soigner une silicose (et Dieu sait combien il y en a de cas dans cette ville) quand il faut parcourir une soixantaine de kilomètres jusqu’au CHU d’Oujda pour trouver les soins nécessaires à une maladie lourde à supporter physiquement d’abord et plus encore financièrement, pour des gens qui, dans le meilleur des cas, toucheraient une retraite de 1800 à 2000 DH par mois.
Pour Ali Akalay (85 ans) que nous avons rencontré près de la nouvelle centrale thermique gérée par les Chinois et qui nous déclara être entré à la mine le 3/10/1951 et en est sorti après 42 ans de service avec une retraite de 1885 dh; qu’il avait lui aussi perdu deux fils en 2003 dans une mine clandestine avec 4 autres mineurs noyés sous 6 mètres d’eau quand un filon a explosé. Pour ce qui est des malades atteints de silicose, la plupart d’entre eux sont décédés, il en reste peu et l’hôpital de Jérada (au quartier Laaouinate) en soigne comme il peut car il manque de matériel moderne à même de leur procurer un certain soulagement. Pour ce qui est du travail, M. Akalay est catégorique : « Jrada zirou, hna maghbounine fi Jrada»; on a beaucoup promis à ces gens et ça reste dans le domaine des promesses. A part les puits contrôlés dans leur totalité par deux barons du charbon clandestins, T et D, il n’y a pour le moment aucune autre alternative que de s’indigner ou de vivre en « maghboune ».
16/1/2018
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