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In « L’autocritique » - 1952

 
Allal El Fassi et la pensée islamique : « La principale caractéristique de l’Islam est son aptitude permanente à l’évolution progressiste »
La principale caractéristique de l’Islam est son aptitude permanente à l’évolution progressiste, qui en fait une religion valable pour toutes les classes, pout toutes les époques et pour tous les lieux. L’Islam est, avant tout, une invitation universelle lancée aux masses en priorité sur les chefs, qui ne sont considérés que comme les serviteurs de leurs peuples. Notre religion, adoptant la méthode de la persuasion et du bon conseil, en opposition à celle de la domination et de la coercition, laisse à ses adhérents le droit de regard sur toutes les affaires de la vie courante, sur tout ce qui a trait à l’intérêt général, en premier lieu sur le régime de gouvernement que chaque collectivité se donne. En d’autres termes, l’Islam préconise un régime consultatif, qui permette à l’ensemble du peuple de délibérer librement sur son avenir à la lumière des différentes expériences humaines. L’Islam préconise le droit, la justice et la bonté pour tous. Il le fait sous une forme persuasive, en multipliant les conseils et en variant les exemples. Le Coran est un livre d’une grande souplesse de style. Le même sujet y est traité à plusieurs reprises et sous des différentes formes, suivant les circonstances. Des récits historiques présentés d’une façon agréable et limpide préparent le lecteur à recevoir, le moment voulu, le conseil divin. Lorsque celui-ci intervient, l’oreille est prête à le capter, la raison à l’agréer, le cœur à l’adopter.
Etant d'un esprit ouvert, la législation islamique ne pouvait être dictée aux gens sous forme de lois sèches telles que celles qui paraissent, de nos jours, dans les journaux officiels ou les recueils de codes, et auxquelles on est tenu de se conformer strictement. Ce genre de codification est contraire à l'esprit progressiste de l'Islam qui en fait un instrument adaptable au temps et à l'espace. Quelle erreur grotesque n'ont-ils donc pas commise, ceux qui ont voulu ériger chez nous en lois immuables certaines coutumes préfabriquées ! Non seulement ils ont agi contre la mentalité marocaine qui, imbue de la pensée islamique, a un désir permanent de changement et de novation, mais encore ils ont agi contre le sens de la justice en la liant aux coutumes, c'est-à-dire à des institutions invariables que les sociologues appellent une seconde nature, alors qu'elle ne doit être liée qu'à la loi, matière mouvante et adaptable aux différents climats et aux différentes circonstances.
Voulant un mouvement permanent, l'Islam a fait de cette volonté une partie de sa pensée. Où qu'elle existe, la pensée islamique incite à la réflexion, à la délibération et à l'action progressiste permanente. L'Islam est une mission humaine qui reçoit sa force de l'Inspiration, qui entend satisfaire et les besoins de l’âme et de la raison et ceux du corps dans les limites de la nature de l'homme. Certes, l'Inspiration est propre au Prophète, mais la mission de l'Islam n'est pas terminée et ne se terminera jamais, celle qui consiste à guider l'être humain vers le bonheur dans les deux mondes. Cette mission incombe aux savants et aux penseurs de l'Islam qui désirent la liberté et qui ont la responsabilité de la défendre. Il leur appartient de rénover cette mission, d'en réformer les méthodes, pour la faire triompher contre les aberrations des contemporains, pour ramener le droit et la justice, pour que la pensée islamique reprenne sa splendeur d'antan. Le Prophète a dit : « Dieu envoie tous les cent ans un homme pour réformer la religion ». Cette parole constitue une promesse divine. La tradition et la nature de l'Islam lui permettent de réaliser cette promesse, car la pensée islamique fait aux croyants une obligation de réfléchir, d'observer, de prendre en considération les transformations mondiales, de rechercher continuellement les nouvelles tendances, d'essayer de diriger les événements dans l'intérêt de l'homme que Dieu a fait descendre sur terre pour l'y remplacer, pour peupler cette terre et la restaurer.
Cependant, ce qu'il importe de souligner dans le précédent « hadith » c'est le fait que l'Islam est adaptable, que tous les cent ans il a besoin d'être revigoré et réadapté, que les méthodes d'une époque révolue ne sont plus valables pour l'époque suivante. La rénovation ne signifie pas toujours le replâtrage; elle peut signifier aussi le remplacement pur et simple, sous la seule condition de conserver la base. Cet esprit d'éternel renouvellement a certainement inspiré Ali, gendre du Prophète, lorsqu'il a dit : «Instruisez vos enfants, car il ont été créés pour une génération autre que la vôtre ». Cela veut dire que la transformation s'opère de la génération du père à celle du fils. II faut donc que l'éducation et l'instruction des enfants se fassent en vue des besoins de la génération future dans laquelle ils se préparent à entrer et non pas de celle des générations des parents qui se préparent à entrer dans l'Histoire. En d'autres termes, si l'éducation des enfants doit tenir compte des expériences du passé, elle ne doit pas les reproduire intégralement.
C'est par cet esprit progressiste que nos ancêtres purent bâtir la civilisation islamique, dont l'une des particularités les plus notoires fut son contact avec les différentes civilisations orientales et occidentales décadentes. L'Islam les fit renaître pour en profiter, pour s'en influencer, pour les influencer à son tour. Tout cela, en plein respect des valeurs humaines, conformément à l'esprit de notre religion, qui est l'esprit universel. Cela explique le fait que la pensée islamique interdit aux Musulmans de se replier sur eux-mêmes, de se soumettre aux effets de la décadence. Au contraire, ils ont le devoir de tenir compte de tous les raisonnements, de détecter la science, de recueillir la sagesse où qu'elle se trouve et rester constamment à l'affût du neuf, de tout ce qui est apte à améliorer la condition du milieu islamique ou de l'aider à consolider sa mission éternelle.
Donc notre devoir, aujourd'hui, consiste à nous éclairer par la lumière de l'Islam dans notre effort de renaissance. Puisons dans tous les patrimoines humains, dans le présent et le passé des pays avancés, de quoi former une ère de véritable renaissance, de quoi réveiller notre activité pour reprendre notre marche vers notre idéal, en lequel nous avons foi et qui est notre consolation dans les épreuves que nous sommes en train de subir.
La roue du temps tourne. Les caravanes humaines passent et n'attendent pas les retardés. Chaque instant que nous perdons par la faute de notre inconscience ou de notre insouciance ne fait qu'augmenter notre retard sur la caravane humaine, à la tête de laquelle la pensée islamique nous fait l'obligation de cheminer en éclaireurs.
Ceux qui hésitent à prendre résolument le chemin de la renaissance par peur de nuire à la religion sont en opposition avec la pensée islamique qui refuse la cristallisation et rejette l'hésitation et la mauvaise foi. Quant à ceux qui entendent prendre la route sans le secours de la religion, ils se fatigueront, se perdront et ne rattraperont jamais la caravane.
L'Islam est un mouvement. Nous devons donc toujours marcher en avant, sans nous arrêter, car des millénaires ne suffisent pas à la société humaine pour atteindre le véritable progrès. Certes, notre marche a été un certain temps interrompue par un accident. Notre devoir est donc avant tout de réparer cet accident et dégager notre chemin pour reprendre notre marche accélérée. Ce serait notre perte que de nous laisser barrer la route par cet accident ou de poursuivre notre voyage en compagnie de ceux qui nous invitent à nous engager dans un cul-de-sac.
L’Islam est une évolution. Nous devons donc évoluer dans son étude et son interprétation, sans quitter le chemin sur lequel il nous a placés, mais en choisissant les moyens de locomotion adaptés à notre époque et en prenant soin d’éviter de nouvelles pannes ou de nouveaux accidents.
La pensée islamique signifie l’attention, la vigilance, le mouvement permanent, la constante mise à jour de la méthode, surtout l’entretien de l’appareil psychologique qui permet de capter les pensées, le constant renouvellement des forces dynamiques et principalement de ses composantes internes et externes.
Plus que tout cela, la pensée islamique est le moteur de la révolution contre la stagnation de la lutte contre la cristallisation. C’est une fontaine intarissable dont jaillit la mystique de l’action positive qui fera triompher le droit et la justice. Abreuvons-nous de cette fontaine, pour goûter à la liberté.


16/5/2014
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