Khalil RAIS
NOIR ET BLANC La télévision marocaine est, pour ainsi dire, très mal vue. Ce constat ne date pas d’aujourd’hui. Cette dégringolade fut entamée précisément depuis que l’Etat a décidé de renflouer, et de la plus généreuse des manières, les budgets de cet organe. C’est contradictoire, incongru, mais c’est comme ça ! Malgré les doléances du public qui paye les redevances, malgré les déluges des critiques (on n’a même aperçu des banderoles étalées dans des terrains de football), malgré les audiences en chute libre, malgré la concurrence effrénée avec les chaînes satellitaires, les responsables de la SNRT semblent dépassés par les événements réformistes et nous servent éternellement la même soupe. C’est pourquoi l’on tombe des nues lorsqu’on apprend que notre télévision vient de rafler sept prix lors du Festival du Caire des médias arabes. De premier abord, l’on se demande si ce festival n’est pas un peu bidon sur les bords. Même un concours national n’irait pas jusque là. Quelle mouche généreuse a donc piqué nos amis de Oummou addounia; eux qui nous toisent de si haut, d’habitude ? Eux dont le média télé est bien plus qualitatif et foisonnant que le notre, bien maigrichon ? Maintenant, on comprend que le jury dudit festival n’a pas réussi à dénicher le moindre programme à gratifier chez 2M. Ainsi, s’il devait récompenser cette chaîne dans la catégorie drame, il aurait l’embarras du choix : Prix de la meilleure série turque, de la meilleure série coréenne, des meilleures séries mexicaine, colombienne, Sri lankaise, indonésienne doublée en dialecte marocain, brésilienne, etc, sans parler de ce fatras de programmes et documentaires raflés dans les poubelles européennes. Voilà, en effet, qui a tous les atouts et les moyens pour plaire mais s’obstine avec une rigueur inouï à se convertir en chaîne pour ménagères. Surtout depuis l’arrivée de la nouvelle direction sur laquelle des espoirs étaient permis. On est en droit d’exiger des comptes quant on mesure l’ampleur des fonds étatiques engloutis par ce média. Notre audiovisuel est malade et nous rend malade, plutôt nerveux. Un malade, ça se soigne. Mais s’il persiste à baigner dans sa maladie, il n’a pas le droit d’entraîner les autres dans son mal. 18/11/2009 |